Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.06.2026 - Coralie Mollaret - 4 min  - vu 221 fois

NÎMES Règlement intérieur, Chambre régionale des comptes, homophobie… L’essentiel du conseil municipal

Au menu du conseil municipal, une cinquantaine de délibérations

Au menu du conseil municipal, une cinquantaine de délibérations 

- Coralie Mollaret

Plus de quatre heures de conseil, ce vendredi. Une séance pourtant technique et financière, qui a donné lieu à de nombreuses interventions de l’opposition. Résumé.  

Doucement mais sûrement, l'installation de la mandature Bouget se poursuit. Ce vendredi, les 59 élus municipaux avaient rendez-vous à l’hôtel de ville. Au menu : une cinquantaine de délibérations. Parmi les plus fastidieuses figurait l’élection des délégués appelés à voter aux élections sénatoriales du 27 septembre. À l’issue du scrutin à bulletin secret, la majorité Nîmes en commun obtient 109 délégués, auxquels s’ajoutent les 42 élus municipaux. Les 11 élus RN-UDR décrochent, eux, 28 délégués supplémentaires, tandis que les six élus des deux groupes de droite - Nîmes Avenir et l’Union de la droite et du centre - en obtiennent 15. À noter que ces deux groupes avaient, cette fois, présenté une liste commune.

Agnès Charaix-Py élue adjointe

Le conseil s’est poursuivi avec l’élection de la nouvelle adjointe, Agnès Charaix-Py, appelée à remplacer Sibylle Jannekeyn. Nouveau vote à bulletin secret. En marge du conseil, l’adjointe démissionnaire rappelle : « Les statuts de notre parti n’autorisent pas le cumul d’un poste d’adjoint et d’une vice-présidence à l’Agglo. C’est avec émotion et responsabilité que je prends cette décision. Je n’ai pas envie de faire comme dans certaines villes où les écologistes sont en crise… » Une ville comme Montpellier, par exemple ?

Le règlement intérieur dans le collimateur du RN

La première passe d’armes avec l’opposition RN concernait, sans surprise, le règlement intérieur proposé par la nouvelle majorité. En l'absence de Julien Sanchez, c’est Sylvie Josserand qui est montée au créneau, ciblant l’espace réservé aux groupes politiques dans le magazine Vivre Nîmes : « La page est de 6 000 signes au total, 400 signes sont donnés à chaque groupe puis le solde est réparti proportionnellement à l’effectif de chaque groupe (...) Or, la proportionnelle intégrale devrait s’appliquer. En outre, les groupes de la majorité s’expriment, par hypothèse, déjà dans le reste du magazine. » Et d'attaquer : « Votre but est de donner aux groupes de Franck Proust et Julien Plantier un espace d’expression qu’ils n’ont pas eu dans les urnes ! »

Julien Plantier demande alors la parole : « Dans le dernier magazine Vivre Nîmes, vous n’avez même pas eu la décence de vous exprimer… Utilisez votre espace à bon escient avant de tenter de donner des leçons… » Le maire, Vincent Bouget, rappellera, lui, les changements apportés au règlement : « la possibilité d’organiser des conseils municipaux extraordinaires ainsi que la présentation du bilan annuel des comités de quartier devant les élus municipaux

Le rapport pas très « sensationnel » de la CRC

Autre délibération à l’ordre du jour : le rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la Ville de Nîmes et de Nîmes Métropole entre 2019 et 2024, soit les dernières années de la droite nîmoise au pouvoir. Sans chercher la polémique, Vincent Bouget introduit : « Ce rapport ne met pas en évidence des choix majeurs ou sensationnels ». Le maire relaie toutefois plusieurs observations formulées par les magistrats, comme « l’augmentation du recours aux contractuels, plus significativement aux vacataires, et la nécessité de procéder à leur requalification pour les emplois permanents. »

Désormais installé sur les bancs de l’opposition depuis la défaite aux municipales, l’ancien président de Nîmes Métropole, Franck Proust, prend la parole : « Vous avez la chance d’être à la fois maire et président de Nîmes Métropole. Ce rapport vous donne des pistes de mutualisation de certains services. C’est un bon outil… » Une déclaration qui n’a pas manqué de faire sourire Julien Plantier. Le cumul des fonctions de maire et de président de l’Agglo avait, en effet, constitué l’un des principaux points de désaccord entre les deux figures de la droite nîmoise pendant la campagne.

Finances : l’alerte de Gilles Guillaud

La ville, par la voix de son nouvel adjoint aux Finances, Gilles Guillaud, a présenté le CFU (Compte financier unique), regroupant les comptes administratif et de gestion. Ces documents retracent la réalité des dépenses et des recettes de l’année 2025. Soit, sous la précédente majorité de droite. Qu’en retenir ? Gilles Guillaud salue les dépenses d’investissement « très élevées » à hauteur de 112 M€ (sur les trois budgets : principal, rénovation urbaine et cadereau, ndlr).

Il nuance toutefois, voire alerte, sur le niveau d’épargne nette, passé de 22 M€ en 2024 à 16,8 M€ en 2025 : « Cela traduit une accélération des dépenses de fonctionnement… » Julien Plantier, ex-premier adjoint, n’a pas la même lecture : « Ce compte permet de poser un regard serein sur les finances de notre commune… Il traduit la rigueur de Jean-Paul Fournier et de ses équipes avec une dette en baisse et des dépenses d'équipement élevées. » Et d’ajouter : « Le premier marqueur de votre mandature sera donc le budget 2027. »

Subvention à La marche des fiertés : abstention du RN

Une autre délibération portait sur le versement d’une subvention de 500 € à l’association organisatrice de La marche des fiertés, le 27 juin, qui lutte pour défendre les droits LGBTQIA+. Cette servira à organiser des ateliers de lecture théâtralisés pour un jeune public. À cette occasion, l’adjointe chargée de la Lutte contre les discriminations, Marianne Bernède, a tristement rendu hommage « au jeune homme de 19 ans décédé à Metz, il y a quelques jours, suite à une agression homophobe d’une violence inouïe… L’éducation et l’apprentissage des différences sont les clés d’une société inclusive. »

Sur la nature de l’initiative financée, le conseiller municipal RN d’opposition, Titouan Thomas, n’est pas convaincu. Le groupe RN s’est d’ailleurs abstenu. Il se justifie : « Le village associatif de la marche des fiertés rassemble des personnes favorables à ce message. C’est un public déjà convaincu… Si votre objectif est de faire reculer les discriminations, les moyens devraient être orientés vers les publics et territoires où ce travail reste à faire. » Et de citer… « Pissevin, Valdegour ou Chemin-Bas… » Les habitants apprécieront. Vincent Bouget aura le mot de la fin : « Lorsque l’on se bat contre une discrimination, on doit se battre contre toutes les discriminations et stigmatisations. »

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Coralie Mollaret

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio