Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.06.2026 - Rose Macauley - 2 min  - vu 203 fois

AU PALAIS Il rejoint des groupes pédopornographiques sur Signal

Les différents groupes ont été rejoints via l'application de messagerie cryptée Signal. 

- R.M.

Fellations, pénétrations ou cunnilingus forcés sur des enfants, ces forums regorgent des pires horreurs en matière de pédocriminalité. Alexis comparaît à Nîmes pour les avoir consultés.

« S’assoir et faire mousser son sexe », c’est ce que propose l’un des groupes de discussion sur la plateforme Signal duquel Alexis, prévenu dans cette affaire, est membre. Ces « forums de discussion », comme le présente maître Hugo Ferri, intervenant pour la défense d’Alexis, regroupent plusieurs milliers de vidéos pédopornographiques dans lesquelles des enfants, parfois en bas âge, subissent des viols de la part d’adultes, voire d’animaux… L’histoire a vu le jour à la suite d’investigations menées depuis les États-Unis. Tentant de démanteler un réseau pédopornographique, les enquêteurs américains ont trouvé la trace de 166 groupes de ce type, contenant plus de 9 000 images d’une violence inouïe, toutes liées à des enfants bien souvent très jeunes.

L’enquête a permis d’identifier certaines personnes ayant pris part à ces groupes de discussion, dont le prévenu jugé devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce jeudi 4 juin. Alexis a rejoint six de ces groupes, dont ceux intitulés « Family fun » ou encore « Paradise ». « Avez-vous conscience que les enfants sur ces images sont victimes de viols ? », l’interroge l’un des assesseurs. Une question à laquelle le prévenu, hispanophone, a répondu par l'affirmative, avant de lancer avec gêne : « Je suis allé sur ces groupes pour accéder à d’autres groupes. » Aujourd’hui, il soutient avoir pris conscience de la gravité de ces faits, survenus entre septembre et novembre 2023. Lors de ses auditions, il avait d’ailleurs confié aux enquêteurs s’y être rendu par simple « curiosité ».

Un réseau d’ampleur

« Une personne raisonnablement constituée ne peut pas tolérer ces images », s’indigne le procureur de la République. Pourtant, selon le psychiatre qui l’a examiné, l’homme ne fait pas l’objet d’une quelconque altération du discernement et ne présente pas de pulsions sexuelles vis-à-vis des enfants. Une réalité qui explique d’autant moins son geste. D’un point de vue judiciaire, Alexis est inconnu des services de police. Décrivant un « réseau d’ampleur », prenant des proportions presque « industrielles », le ministère public a souligné qu’aucune interaction avec ces images n'a pu être relevée par les enquêteurs. Le procureur a alors demandé la relaxe pour ces chefs de prévention. Les faits de consultation de telles images étant reconnus, il a requis une peine de 12 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire, contenant une obligation de soins pour le prévenu. Le tout, avec exécution provisoire.

Se joignant aux réquisitions du parquet, maître Ferri a ajouté que son client a quitté ces plateformes dès le lendemain de sa première audition face aux gendarmes. « Je veux juste continuer ma vie tranquillement », lance Alexis, par l’intermédiaire de son interprète. Honteux à la barre, il soutient avoir compris la gravité des faits, faisant allusion à ses neveux et nièces : « Je n’aimerais pas qu’il leur arrive ça ». Tête baissée, il a accueilli la décision dans le silence. Relaxé pour les faits de diffusion et de partage d’images, il a été déclaré coupable de consultation régulière d’images à caractère pédopornographique. Il a écopé d’une peine de 12 mois d’emprisonnement intégralement assortis du sursis probatoire. Dans ce cadre, il va devoir se soigner et travailler. Le tribunal a tout de même exonéré Alexis de l’inscription au Fijais ; fichier des délinquants sexuels.

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