Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.03.2026 - Sacha Virga - 5 min  - vu 557 fois

MUNICIPALES Quand l'agressivité prend le dessus sur la campagne

(Photo d'illustration : Anthony Maurin)

À Nîmes, Lunel, Aimargues, le-Grau-du-Roi ou encore Saint-Hilaire-de-Brethmas pour ne citer qu'elles, la campagne des municipales a dépassé le cadre du respect démocratique, laissant apparaître de nombreuses fractures sociétales.

Dans quelques jours, les électeurs désigneront leur prochain maire dans les urnes et décideront donc du prochain visage que prendra leur commune. Cette dernière ligne droite est marqué par des attaques physiques ou morales sur les réseaux sociaux ou dans les rues, des dégradations d'affiches ou encore des tracts parfois injurieux à l'encontre de certains candidats. Cette montée de la violence ne s'effectue pas seulement dans les grandes villes mais également dans les communes de quelques milliers d'habitants, et montre un aspect déplorable de la politique. 

Sur la commune d'Aimargues, le maire sortant Jean-Paul Franc et candidat à sa réélection a été la cible d'un tract distribué dans les boîtes aux lettres et sur les voitures stationnées au niveau du centre-ville. On y aperçoit sa photo et des propos l'accusant de racisme envers certaines communautés. "Un tract diffamatoire a été apposé sur les pare-brise des véhicules et dans certaines boîtes aux lettres du centre de la commune. L'accusation grave de racisme porte atteinte à mon honneur et à la réputation de ma personne, mais également à la liste que je représente. Une plainte va être déposée pour faire toute la lumière sur cette calomnie et trouver les auteurs de cette ignominie", annonçait le premier édile.

Non loin, le candidat RN-UDR du Grau-du-Roi Bernard Luciani a vu certaines de ses affiches de campagne être dégradées. "Plusieurs de nos affiches ont été taguées et dégradées au Grau du Roi : symboles nazis, symbole antifa, slogans détournés, et même une caricature me représentant en Hitler. Ces méthodes sont indignes du débat démocratique. Assimiler systématiquement ses adversaires politiques au nazisme est devenu une pratique de certains milieux d’extrême gauche. Elle ne fait que dégrader le débat public et banaliser les symboles les plus tragiques de notre histoire", écrit-il entre autres. Il a d'ailleurs reçu le soutien du maire Robert Crauste et du candidat Charly Crespe face à cette histoire.

Une histoire à laquelle un autre candidat a été confronté, cette fois-ci dans la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas. Gaël Mancuso, a vu certaines de ses affiches être vandalisées, le représentant comme un soldat SS. "Nous constatons depuis plusieurs jours des actes que nous jugeons contraires aux principes démocratiques. Nos affiches sont arrachées ou taguées, sous prétexte que notre présence serait devenue trop visible ces derniers mois", affirme la tête de liste, qui lui aussi a effectué plusieurs signalements auprès de la gendarmerie de Vézénobres et qu'une plainte sera déposée dans les jours qui suivent.

Non loin, à Saint-Martin-de-Valgalgues, les tensions sont apparues très tôt, devant même une entrée d'école : "Ils sont tendus, sur les dents. Le mari d'un colistier de la liste sortante nous a traités de fachos devant les parents et enfants, rembobine Mickaël Thery, tête de liste 'Saint-Martin pour l'avenir'. Depuis les menaces se sont calmées, grâce à la médiatisation notamment, même si un de nos colistiers a reçu un appel lui signalant de 'faire attention à sa voiture'". La liste 'Ambitions et Perspectives', menée par Lucile Pialat, ancienne 1e adjointe constate un scénario similaire : "Au début ils ne pensaient pas qu'on irait au bout donc ils étaient calmes. Maintenant, on nous dit à peine bonjour. C'est davantage une histoire de personnes, on m’en veut d’avoir fait une contre-proposition. Ce sont des pratiques archaïques, je ne comprends pas cette mentalité."

Collés depuis lundi sur les dix panneaux officiels communaux, les affiches de campagne des deux opposants ont été arrachés : "Je pense que ce sont des individus sur la liste qui ont pris l’initiative. Sur les panneaux libres, c'est de bonne guerre. Mais si on nous enlève des panneaux officiels, je porterai plainte", prévient Lucile Pialat. Mickaël Thery ajoute : "Ils attendent des réponses, mais ça n’en finirait pas. Nous ne lancerons pas un mot plus que l’autre de notre côté."

Tensions à Lunel

Depuis quelques mois, la campagne prend une tournure assez électrique sur la commune de Lunel. Anthony Belin, tête de liste de "Lunel, c'est vous !" a affirmé récemment qu'un de ses soutiens a été insulté, menacé et agressé physiquement en raison de son affichage politique. "Alors qu’il rentrait de sa journée de travail, cet habitant de Lunel a été interpellé par l’équipe d’une candidate et plusieurs de ses colistiers, qui lui ont demandé pour qui il comptait voter lors des prochaines élections municipales. Lorsqu’il a répondu qu’il me soutenait, il a immédiatement été insulté et traité de nazi", assure-t-il dans un communiqué. "Quelques heures plus tard, alors qu’il récupérait ses vêtements de travail les tensions ont dégénéré. Selon son témoignage, plusieurs individus l’ont à nouveau pris à partie en proférant des menaces particulièrement inquiétantes. La situation aurait ensuite basculé dans la violence avec une tentative de strangulation sous le regard des caméras de l’établissement", continue-t-il, assurant par la même occasion qu'une plainte sera déposée.

Lise Florès, candidate à Lunel autour d'un projet citoyen, de gauche et écologiste, a également dénoncé et fermement condamné l'agression dont a été victime un de ses colistiers et "cible d'injures racistes d'une extrême gravité", avant d'être frappé. "Cette agression a eu lieu dimanche et nous apportons tout notre soutien à notre collègue ainsi qu'à ses proches. Nous adressons également nos sincères remerciements aux personnes qui se sont interposées pour mettre fin à cette agression. Leur courage fait honneur aux valeurs de solidarité et de responsabilité qui doivent nous rassembler. Lunel est une ville diverse et multiculturelle. Cette diversité est une richesse et fait partie de l'identité de notre ville. Le racisme, la haine et les violences n'y ont pas leur place", affirme-t-elle.

Propos "injurieux, diffamatoires et sexistes", Valentine Wolber a déposé plainte

Colistière de Franck Proust et n°2 de la liste "Tout Nîmes", Valentine Wolber fut la cible ces derniers jours, d'un post Facebook de la page "Nîmes en mieux". L'actuelle adjointe de Jean-Paul Fournier a dénoncé "des imputations totalement fausses, ainsi que des propos et allégations de faits tout à la fois injurieux, diffamatoires et sexistes, parfaitement attentatoires à ma dignité et à mon honneur".

"Il semble que Monsieur PROUST l'a fort bien traitée ces derniers mois: dans son équipe au moment de devenir premier adjoint, Monsieur PROUST l'avait propulsée adjointe au Logement; le 7 avril 2025, il l'a fait élire au bureau communautaire, ce qui n'avait pas manqué de surprendre dans l'hémicycle; le 28 du même mois, elle devenait Présidente de la SPL Culture et Patrimoine. On ne serait donc pas plus surpris que cela si Monsieur PROUST élevait sa compagne au rang de première adjointe", peut-on notamment lire. "GOOGLE ne trouve qu'un cas de couple aux manettes Maire-Premier Adjoint. Sans doute y en a-t-il d'autres dans des communes de moindre importance. Et puis Nîmes est deux fois plus grande que Levallois-Perret en nombre d'habitants. Mais on ne pourra pas s'empêcher de penser que cela ne donne pas une bonne image du fonctionnement démocratique". De nombreuses personnalités nîmoises lui ont apporté son soutien.

Il y a quelques mois, Sophie Roulle, la colistière de Julien Plantier, avait fait l'objet d'un montage photo largement condamné, la représentant en soubrette. Elle aussi, avait déposé plainte. Tous ces actes quels qu'ils soient, ne font que confirmer la montée de la haine, alimentée en partie par les réseaux sociaux. Quelque chose de fortement regrettable, à l'heure où les conflits se multiplient tout autour du monde.

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