« Ce lieu n’est pas seulement un monument, c’est une mémoire », pose l’administratrice du fort, Isabelle Fouilloy-Jullien. Une mémoire d’un temps ancien, lorsqu’au début du XVIᵉ siècle Luther dévoile ses 95 thèses, piliers fondateurs du protestantisme. Des guerres de religion suivront, jusqu’à la signature de l’édit de Nantes en 1598, qui sera révoqué en 1685.
Des temps troublés, marqués par des massacres et l’exil de protestants vers la principauté d’Orange et vers Genève, exil qui les amènera à traverser le Rhône. « Certains devront rebrousser chemin et seront capturés, puis emprisonnés à la Tour Philippe-le-Bel et au fort Saint-André », explique la commissaire de l'exposition, Bénédicte Soumille.
À travers les portraits de trois protestants, Suzanne, Jeanne et Guillaume, « nous avons choisi de donner des noms, des visages, une histoire à ceux qui, en ces siècles troublés, furent enfermés ici parce que protestants », explique Isabelle Fouilloy-Jullien. Autant de « témoins d’une époque marquée par l’intolérance et les conflits religieux », reprend-t-elle, une époque qui fait donc pleinement partie de l’histoire du monument.
Des panneaux historiques, de l’iconographie et des objets historiques, prêtés notamment par le musée du Désert de Mialet, le musée Médard de Lunel et par des collectionneurs privés, permettent de se replonger dans ce pan de l’histoire de notre pays. « Un thème toujours d’actualité, c’est en connaissant le passé que nous pourrons construire un avenir meilleur », veut croire la responsable du service culturel du fort, Héloïse Guigue.
Avec une question, universelle et « profondément contemporaine, pose Isabelle Fouilloy-Jullien. Que faisons-nous de nos différences ? Cette exposition nous invite à réfléchir à la liberté de conscience, à la coexistence, à tous ces droits que nous considérons aujourd’hui comme acquis. »
À découvrir jusqu’au 4 novembre au fort Saint-André, visite de l’exposition comprise dans le prix d’entrée de 7 euros, gratuit pour les moins de 18 ans (en famille hors groupes scolaires), pour les 18-25 ans, les personnes handicapées et leurs accompagnateurs, les demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux.