Les tensions à la prison de Nîmes ne sont pas nouvelles. Mais cette fois, le personnel entend se faire entendre. Demain matin, lundi 27 avril, à l’appel d’un mouvement national, l’UFAP Unsa Justice locale sera en grève à partir de six heures, devant la maison d’arrêt nîmoise.
Contactée par notre rédaction, Mathilde Carrillo, secrétaire locale de l’UFAP Unsa Justice à la maison d’arrêt de Nîmes, détaille les revendications : « Notre syndicat est à l’initiative du mouvement, mais nous avons sollicité l’ensemble des organisations syndicales et du personnel, car nous sommes tous concernés par des conditions de travail qui se dégradent de jour en jour. Les agents sont à bout, épuisés, et n’ont plus de vie de famille en raison de sous-effectifs chroniques. »
Des chiffres jugés alarmants par le syndicat. Selon lui, près de 4 000 postes seraient actuellement vacants, pour seulement 1 000 recrutements en cours. « C’est largement insuffisant quand on sait qu’il y a 88 000 détenus pour 63 000 places en France. Cela engendre des tensions constantes et des agressions physiques régulières », poursuit la représentante syndicale.
À Nîmes, la situation reste particulièrement préoccupante et ne devrait pas s’améliorer à court terme. Le projet d’une seconde prison n’est pas attendu avant 2030 au mieux. « Malgré l’extension de la maison d’arrêt l’été dernier, nous atteignons déjà 250 % de surpopulation, sans compter les 170 matelas au sol dans les cellules. L’établissement accueille pour le moment plus de 700 détenus pour une capacité théorique de 341 places. C’est une aberration », dénonce-t-elle.
À suivre aussi : Un mouvement similaire aura lieu demain lundi devant la prison d'Arles.