Le Gard veut faire figure d’exemple. Du mardi 9 au jeudi 11 juin, Geneviève Mannarino a multiplié les rencontres sur le territoire. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une réflexion nationale sur le développement de l’habitat inclusif, destiné aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap. En effet, dès 2012, le Conseil départemental du Gard a lancé le modèle des « Maisons en partage », bien avant que cette politique ne soit structurée à l’échelle nationale. En 2022, le Département a également déployé l’Aide à la vie partagée, un dispositif permettant de soutenir les projets de vie sociale et partagée dans des habitats intermédiaires.
Trois jours de rencontres sur le terrain
La visite a débuté mardi 9 juin par des échanges avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire et de l’habitat inclusif. Geneviève Mannarino a notamment rencontré une quinzaine de bailleurs sociaux à la direction de l’autonomie du Conseil départemental. Elle a également échangé avec l’association La Fabric’action, lauréate 2025 de l’Appel à commun, qui porte un projet de « Carrousel » destiné à favoriser le lien social entre habitants.
Le lendemain, mercredi 10 juin, la conseillère de la CNSA a poursuivi son déplacement aux côtés de Sylvie Nicolle, présidente de la SEMIGA et conseillère départementale du canton de Bagnols-sur-Cèze. Aux Archives départementales, près d’une cinquantaine de porteurs de projets, issus notamment du monde associatif et de l’économie sociale et solidaire, ont présenté leurs initiatives.
Tous ont insisté sur l’intérêt de ces habitats implantés au cœur des villages. « Il faudrait de l’habitat inclusif dans chaque village du Gard ! », a lancé Sylvain André, maire de Cendras.
À Saint-Paulet-de-Caisson, l’exemple du Clos Roman
L’après-midi s’est poursuivie à Saint-Paulet-de-Caisson, avec la visite de la Maison en partage « Le Clos Roman », en présence de Christophe Serre, premier vice-président du Conseil départemental délégué à l’autonomie des personnes âgées et handicapées, président de l’Agglomération du Gard rhodanien et maire de la commune.
Inauguré en juillet 2022, le site compte 15 logements individuels avec jardinets, une salle commune de 65 m² et un espace extérieur partagé de 1 351 m². Le Conseil départemental a participé au financement du projet à hauteur de plus de 100 000 euros.
Un objectif de 1 000 places supplémentaires
La visite s’est achevée jeudi 11 juin à Nîmes, à l’auditorium des Archives départementales du Gard, avec une séance plénière de bilan de la Commission des financeurs de l’habitat inclusif et de la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. Pour le Département, l’enjeu est clair : poursuivre le développement de solutions alternatives à l’établissement classique, tout en maintenant les personnes âgées et les personnes en situation de handicap au cœur de la vie sociale et citoyenne.
Le Schéma départemental des solidarités sociales, adopté en novembre 2022, fixe ainsi un objectif de 1 000 places supplémentaires en habitat alternatif sur cinq ans. Pour accompagner les porteurs de projets, une enveloppe de 2,671 millions d’euros a été mobilisée sur 2025 et 2026. Aujourd’hui, le Gard recense 91 projets d’habitat inclusif, dont 72 labellisés et 36 déjà en fonctionnement en 2025. Une dynamique que la CNSA est venue observer de près, avec l’idée d’identifier des leviers pouvant nourrir la réflexion nationale.
« L’habitat inclusif est un habitat accompagné, partagé et inséré dans la vie locale », rappellent Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Conseil départemental du Gard, et Christophe Serre : « C’est sur ce modèle que le Conseil départemental du Gard a pensé et créé les Maisons en partage, voilà plus de 15 ans déjà. Ainsi, nous luttons contre l’isolement des personnes âgées et œuvrons à l’autodétermination des personnes en situation de handicap. »