En éditions limitées, sur papier recyclé et cousu au fil de coton. Un projet mûri pendant des années, qui voit enfin le jour au moment où ils estiment que le besoin est le plus fort.
Une idée qui a pris son temps
L'histoire de Terrain de Jeu ne commence pas en 2026. Elle remonte à bien plus loin, dans les carnets que Mélissa et Romain remplissent depuis des années dans leur vie professionnelle et personnelle. « C'est un projet qui date d'il y a très longtemps. Il a eu le temps de mûrir », confie Mélissa. Tous deux entrepreneurs, chacun dans son domaine : elle est co-fondatrice de Klap.io et autrice de trois ouvrages publiés aux Éditions Eyrolles, lui a fondé Kollori.com et plusieurs entreprises dans le web. Ils se sont rencontrés à la fac et travaillent ensemble depuis maintenant quatorze ans. Avec Terrain de Jeu, ils unissent pour la première fois leurs forces sur un projet commun.
Ce qui les a décidés à franchir le pas maintenant ? Le sentiment que le moment était le bon. « On s'est rendu compte qu'aujourd'hui, le retour aux gestes, le fait de se réapproprier son temps d'attention, est d'autant plus important à l'ère de l'intelligence artificielle et de tous les bouleversements technologiques qui sont présents », explique Mélissa. Ils ne sont pas anti-technologie pour autant. Ils utilisent eux-mêmes les outils numériques au quotidien. Mais ils sont convaincus qu'il manque un équilibre. Et pour eux, cet équilibre passe d'abord par le papier.
Fabriqué en Provence, dessiné à Nîmes
Pour Mélissa et Romain, l'ancrage local était une condition non négociable. Les carnets sont imprimés dans un atelier en Provence, l'un des dix derniers en France à utiliser encore une presse typographique, une machine de 1962 qui fonctionne comme un tampon géant et vient presser l'encre directement dans le papier. Le résultat : un relief que l'on sent du bout des doigts, une impression lente, qui consomme peu d'électricité et d'encre. Les carnets sont en papier recyclé, cousus au fil de coton, et comptent 48 pages. Entièrement fabriqués en France.
Pour le design, c'est le studio nîmois Pikturata qui a été choisi. Une rencontre faite par le bouche-à-oreille, et qui s'est imposée naturellement. « On voulait chercher autour de nous parce que c'était important. C'est un projet dans un état d'esprit d'artisanat, de travail en collaboration, en restant toujours au plus local », explique Mélissa. Le fait que la fondatrice de Pikturata ait elle-même un passé lié à la papeterie n'a fait que confirmer le choix. « Ça a matché », dit-elle simplement.
Pura Vida, la première collection
La toute première collection s'appelle Pura Vida, en référence à l'année que le duo a passée au Costa Rica. Elle se décline en trois couleurs : jaune soleil, vert forêt et bleu ciel. Cette première édition est tirée à 300 exemplaires seulement, soit 100 sets de trois carnets. Une fois épuisée, elle ne reviendra jamais. C'est le principe même de Terrain de Jeu : quatre collections par an, chacune autour d'un thème différent, chacune en quantité limitée. Un rythme trimestriel pensé pour suivre celui des saisons et des projets de chacun.
Le set de trois carnets est vendu 35 euros, exclusivement en ligne sur terraindejeu.co. Mélissa et Romain assument ce choix de la vente directe, et construisent leur marque en toute transparence, en partageant les coulisses de l'aventure sur LinkedIn et dans leur newsletter.
Terrain de Jeu ne se pense pas uniquement comme une marque de carnets. Mélissa et Romain s'inscrivent dans un mouvement plus large, celui du retour à l'analogique, que l'on retrouve aussi dans l'engouement pour le café filtre, les vinyles ou la lecture papier. « Notre vision, ce n'est pas forcément une marque de carnet. On s'inscrit vraiment dans un mouvement de retour à l'analogique. Et demain, on ne s'arrêtera pas forcément au carnet », confie Mélissa. Des sabliers, des semainiers, des objets du quotidien qui aident à gérer son temps et son attention : les pistes de réflexion sont déjà là, même si pour l'heure, c'est le carnet qui occupe toute la place.