Objectif Gard : L’entraîneur de l’équipe féminine seniors de Nîmes a été mis en examen hier pour des faits présumés de viol sur mineure (*) dans son ancien club de Caen. Des faits signalés en mai 2025, le club l’a licencié. Comment s’est-il ensuite retrouvé à Nîmes ?
Laurent Pouget : Ce n’est pas moi qui l’ai recruté, je ne le connaissais pas. Il est arrivé en début de saison mais sa licence a été bloquée par la Ligue justement par rapport à cette affaire. Je me suis renseigné et j’ai prévenu Béatrice Kaboré, co-présidente avec moi, qui m’a dit : il n’a pas été condamné. Du coup, un autre entraîneur a été recruté pour le début de saison. Mais en janvier, le premier coach, aujourd’hui mis en examen, a vu sa licence validée et avait donc le droit d'entraîner. Et c’est pour cela que j’ai pris la décision de partir.
Selon vous, ça devenait délicat de le maintenir à son poste.
Oui car je savais des choses. Son ancien président m’avait mis au courant et c’est pour cela que le 4 mars, lors d’un conseil d’administration, j’ai présenté ma démission. Pour certains, ça ne posait pas de problèmes tant qu’il restait avec l’équipe seniors et du moment qu’il n’était pas condamné. Je respecte la présomption d’innocence mais je ne pouvais pas concevoir qu’il reste en place. Imaginons que demain, même si les faits concernent Caen et pas Nîmes, il soit condamné en étant entraîneur au club, les parents peuvent nous tomber dessus. On a quand même une responsabilité.
"Tu as la boule au ventre en espérant qu’il n’arrive rien au club"
Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?
Je ne l’ai pas dit avant car je voulais d’abord régler le souci en interne. Et ça n'a pas été possible. Je regrette car dès que j’ai été au courant, j’aurais dû démissionner directement au lieu d’attendre. Toutes les semaines, tu as la boule au ventre en espérant qu’il n’arrive rien au club.
Depuis sa réelle prise de fonction en janvier 2026, est-ce que des joueuses ont fait état de comportements inappropriés ?
Non, les joueuses de l’équipe disaient que tout se passait bien. Quelques-unes étaient au courant. Encore une fois, l’affaire concerne Caen, pas Nîmes. Les joueuses ont l’air plutôt contentes de s’entraîner avec lui.
Quitter le club dans ce contexte après six ans passés avec pas mal de remous, que ressentez-vous ?
Je ressens du dégoût. Finir comme ça c’est dur, j’aurais préféré partir autrement. Surtout, qu’il y avait peut-être la fusion à venir avec les garçons du Nîmes Olympique. Avec Thierry Cenatiempo et Yannick Liron, on s’était vus pour essayer de préparer quelque chose pour l’année prochaine. C’était bien parti. À l'époque, je suis venu au club car ma petite jouait. C’est frustrant ! J’y ai laissé pas mal d’énergies et de temps, même au niveau de mon entreprise. J’ai même mis de l’argent de ma poche. Le seul truc qui me fout les boules, c’est que j’espère que le club n’en pâtira pas derrière. Ça fait plus de 20 ans qu’il existe et quand je vois tout le travail que c’est pour que le club survive. Surtout que cette année, financièrement et sportivement, c’était pas mal. Maintenant, je redeviens un supporter du Nîmes Olympique et je vais peut-être m’y investir. Je ne demande pas d’argent, je veux juste aider Nîmes Olympique.
(*) Rappelons que Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été établie.