Tout s'est joué le 16 mai dernier lors de la visite du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau à Nîmes. C'est dans le bureau du maire que Franck Proust a enfin obtenu la validation de la police des transports pour le réseau Tango de Nîmes métropole. "C'était un des engagements du contrat local de sécurité pris par son prédécesseur Gérald Darmanin. On s'est battu jusqu'au bout malgré les effectifs serrés, mais c'était vital de le respecter", confie le président d'Agglo qui s'est déplacé cet après-midi lors d'un contrôle effectué place Montcalm à l'heure de la sortie des établissements scolaires, lorsque les tram'bus sont bondés. Car depuis hier, la police des transports est enfin opérationnelle.
Composée aujourd'hui de trois policiers nationaux et deux réservistes, cette nouvelle brigade doit monter à 12 policiers d'ici à la fin de l'année. Des renforts de police dans les bus pour veiller à la tranquillité des usagers, mais aussi du personnel de Keolis. "C'est une attente des salariés et des usagers. Il y avait pas mal d'agressions physiques à l'égard des chauffeurs sur des horaires et des lignes un peu compliqués", confie Franck Proust. Cette brigade est aussi vue d'un bon œil par les contrôleurs qui se retrouvent en première ligne face à des comportements agressifs.
Retourner dans des zones désertées
"On le prend comme une arrivée positive. Cela va nous apporter un certain renfort étant donné que l'on est limité dans nos droits en termes d'action, explique Wilfried, chef d'équipe, cela aura un impact visuel et ça va dissuader. On a un gros flux sur les lignes de tram'bus avec des petits problèmes d'incivilités envers les clients et les chauffeurs. Cela va compléter notre travail." Les contrôleurs bénéficieront d'un temps de réponse beaucoup plus rapide lorsqu'ils solliciteront les forces de l'ordre avec cette police dédiée uniquement au transport.
Une brigade pour apaiser les tensions et faire en sorte que les contrôleurs puissent travailler correctement et dans tous les quartiers. "Cela nous permettra d'aller dans certaines zones qui sont livrées à elles-mêmes où il y a beaucoup moins de présence de notre part parce que nous, on n'est pas des policiers", conclut Wilfried. Il suffit d'assister quelques minutes à une opération pour s'apercevoir que le travail des contrôleurs est indispensable avec de nombreuses personnes qui n'ont pas leur ticket. Ceux qui n'ont ni argent pour payer l'amende ni de carte d'identité sont ainsi directement pris en charge par les policiers. Un vrai renfort de poids donc pour les contrôleurs.