Il y a 83 ans, jour pour jour, ils ont été guillotinés, au cœur de la cité des Antonins. Jean Robert et Vincent Faïta, éminent résistants de la Seconde Guerre mondiale, ont été honorés, en cette date symbolique du 22 avril. Lors d’une cérémonie riche en émotions, les deux hommes, rendus célèbres par leurs actes de bravoure sous l’Occupation nazie ont été salués pour leur courage. Tantôt qualifiés d'« exemples » par Jean-Paul Boré, président de l’AFMD du Gard (Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation) et de l’UNAC (Union nationale des anciens combattants), tantôt comme des « modèles d’engagement » par Vincent Bouget, maire de Nîmes, ils rassemblent chaque année de nombreux Nîmois autour d’une plaque commémorative installée au niveau du Palais de justice.
Distribution de tracts, sabotages, attentats dans des lieux fréquentés par des soldats nazis, puis arrestation, torture et évasion, les deux hommes ont suivi un chemin empreint de sacrifices, décrit avec émotion par Jean-Paul Boré. Le représentant des anciens combattants du Gard a d’ailleurs souligné que la commémoration existe « non seulement pour pleurer les morts, mais aussi pour interpeller les vivants », non sans allusion à la nécessité de lutter contre la montée des extrêmes, reprise par l’édile. « Nous continuerons à jamais de faire vivre nos héros pour que plus personne n’ait à vivre à genoux », conclut-il.
« Je vous confie maman, c’est plus pour elle que je m’inquiète », ont été les derniers mots de Vincent Faïta, couchés sur du papier à lettre à destination de sa sœur aînée. Lues par une représentante de la Jeunesse communiste, les lettres des deux condamnés à mort ont ému l’assistance, en la présence de Josiane Faïta, nièce du résistant guillotiné. À l’issue de la cérémonie, les officiels et le public ont entonné, en chœur, "Le chant des partisans", face aux gerbes de fleurs fraîchement déposées. Tout un symbole.