Entrée à La Poste en 1998 comme factrice, Marion Bestel pilote aujourd'hui une équipe de sept à huit examinateurs répartis sur l'ensemble du département. Elle assure également le lien entre les différents sites et la direction régionale Occitanie. Sur le seul Gard, le réseau compte 12 sites individuels et 9 sites collectifs, auxquels s'ajoutent 6 sites en Lozère. Un déploiement qui permet à chacun de trouver un centre d'examen proche de son domicile ou de son lieu de travail, que ce soit en bureau de poste ou en centre courrier.
Si les jeunes candidats au permis B restent le cœur de cible du service, La Poste accueille aussi des professionnels venus repasser leur code pour l'obtention d'un permis poids lourd, ainsi que des candidats aux deux codes bateau proposés sur la plateforme dédiée, jepassemoncodeaveclaposte.fr.
Comment se déroule un examen ?
Pour s'inscrire, le futur candidat doit d'abord constituer un dossier ANTS afin d'obtenir son numéro NEPH, indispensable pour réserver un créneau. Le jour de l'examen, les candidats se présentent quinze minutes avant l'heure prévue, munis de leur convocation et d'une pièce d'identité, contrôlées par les agents de La Poste pour le compte du ministère de l'Intérieur.
Une fois installés, ils reçoivent les consignes avant de plancher sur les traditionnelles quarante questions, en une trentaine de minutes. La règle n'a pas changé depuis la privatisation : cinq erreurs maximum sont tolérées pour obtenir le précieux sésame. Les résultats, transmis directement au ministère, tombent généralement sous 24 heures pour le code voiture, un peu plus rapidement pour le code bateau. Les candidats reçoivent ensuite un mail détaillant leur nombre de fautes et les thématiques à retravailler en cas d'échec.
À noter : contrairement à l'époque des sessions collectives en préfecture où tous les candidats planchaient sur le même sujet, chaque candidat dispose désormais, sur tablette, d'une série de questions tirées au sort aléatoirement par le ministère de l'Intérieur. La Poste n'intervient à aucun moment ni dans ce tirage, ni dans la correction des copies.
Autre particularité : les examinateurs eux-mêmes ne connaissent jamais les résultats de leurs candidats. "On ne sait pas s'ils ont réussi ou pas", résume Marion Bestel, qui explique que seul le retour d'un candidat sur un nouveau créneau laisse deviner un éventuel échec, sans certitude, puisque rien n'empêche de repasser l'épreuve ailleurs.
Lou a 17 ans et est originaire de Souvignargues. Elle retente le code après avoir échoué plusieurs fois. "J'étais un peu stressé mais ça allait. Je suis soulagée d'avoir passé l'examen et je trouve qu'on a été mis dans de bonnes conditions", nous confie-t-elle après avoir terminé l'épreuve.
Mais au-delà de la logistique, La Poste souhaite que ce moment éprouvant mais ô combien important se déroule dans les conditions les plus sereines possible. Dans les sites individuels, où le candidat passe l'épreuve seul, les chargés de clientèle prennent le temps d'expliquer le fonctionnement de la tablette et des écouteurs avant de laisser le candidat seul face à son écran. Une organisation particulièrement appréciée des candidats les plus stressés, qui redoutent parfois la présence d'autres postulants.
"Le code est un examen qui fait partie des services de proximité, c'est notre cœur de métier", souligne la responsable, postière depuis près de trente ans. Un service de confiance, ancré dans des lieux que tous les Français connaissent, et qui permet à de nombreux jeunes Gardois de passer leur code à deux pas de chez eux plutôt que de parcourir des kilomètres. Reste le prix de l'examen, fixé par l'État et identique quel que soit l'opérateur choisi : 30 euros.