Objectif Gard : Depuis combien d'années êtes-vous humoriste ?
Hugo Pêcheur : J'ai vraiment commencé à jouer régulièrement toutes les semaines et tous les jours à Paris, à la fin du premier Covid, en septembre 2021.
Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce métier ?
J'ai toujours voulu faire ça. Je suis Bagnolais de naissance, j'ai grandi à Sabran, dans un petit hameau, Mégiers, avec mon frère. Nous étions très seuls. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas beaucoup d'enfants de notre âge. À l'époque, il y avait un vidéo club à Bagnols-sur-Cèze. Mon père y passait pour nous récupérer un DVD. Dedans, il y avait toujours un one-man show. À l'époque, c'était les Inconnus, Gad Elmaleh, Élie Kakou, Franck Dubosc. Je découvrais en étant seul chez moi cette discipline. Je me disais : "Je me sens seul et eux ils sont seuls mais avec du monde autour." Donc très vite, j'ai voulu devenir humoriste. Je me suis passionné aussi pour le métier de comédien, pour le cinéma. J'ai fait le cours Florent à Paris. J'ai arrêté avec la pandémie. Je me suis lancé tout seul en faisant des scènes ouvertes à Paris, pour essayer de réaliser ce rêve.
Mes amis et comédiens me comparent à un Pierre Richard moderne
Comment définissez-vous votre univers ?
Souvent, mes amis et comédiens me comparent à un Pierre Richard moderne. Ce qui me rend touchant et drôle, c'est d'être le gars qui veut bien faire. Mais qui, du coup, fait n'importe quoi parce qu'il veut trop bien faire. J'en parle dans mon spectacle, du fait de réussir à être soi-même, de réussir à dire non. Je me suis imprégné des différents humoristes pour faire quelque chose d'unique et qui me ressemble. J'aimerais qu'on dise un jour que c'est du Hugo Pêcheur. J'essaye d'avoir mon style : un mélange de rires et d'émotions.
Votre spectacle s'appelle "Clochette". Quel est le sens de ce titre ?
Clochette, ça représente la présence de mon père dans ma vie. À Sabran, il y a beaucoup de chasseurs dans la forêt. Mon père, pour éviter de se faire tirer dessus, il part courir avec une clochette. J'ai toujours eu cette image. Ce spectacle parle des relations père-fils, des relations familiales et de pourquoi est-ce que c'est si dur de communiquer en famille et de se dire je t'aime. Ce spectacle a été ma façon à moi de le dire. Mes parents sont venus voir le spectacle à Avignon et depuis, on se dit qu'on s'aime.
Votre parti pris, c'est de parler du Gard, avec autodérision ?
Les gens du coin et des alentours, ils aiment bien venir voir mon spectacle car ils se reconnaissent. Ils voient les bois et mon père. Qu'on soit de gauche, de droite et peu importe ce que l'on pense de la chasse ou d'autres sujets, on ne sera jamais mis de côté. Je fais de l'humour pour rassembler et faire rire. Je ne dénonce à aucun moment la chasse. Je me moque de certaines pratiques de la chasse. Du camouflage, par exemple. Quand je joue avec un public de chasseurs, ils se marrent de mon sketch.
Vous jouerez votre spectacle au Festival d'Avignon, du 4 au 25 juillet. C'est une source de motivation supplémentaire ?
Il y a un petit côté émotionnel à y jouer. En ayant grandi ici, j'allais au Festival d'Avignon en étant gamin. J'allais voir des pièces. On allait voir au moins une pièce ou un spectacle. Je me souviens d'avoir vu Arthur dans une salle de 50 places ! Même si je reviens pour la deuxième année, il y a quand même un effet. Je me dis : "Tu fais plaisir au petit garçon que t'étais et tu réalises ton rêve." Je cherche à retrouver cette fougue des débuts. En même temps, il y a une appréhension, car j'ai envie, comme c'est une histoire personnelle, qu'elle plaise aux gens. Donc on y va, on se met à nu. À la fin, je termine par une séquence émotionnelle. C'est un spectacle qui s'est amélioré, mais c'est toujours la même histoire. C'est un spectacle qui rend hommage à cette région que j'aime énormément. J'ai envie d'aller là où j'ai envie d'aller, sans oublier d'où je viens.
Infos pratiques : le spectacle Clochette sera joué au Festival d'Avignon Off, du 4 au 25 juillet 2026. Lieu : Théâtre Carnot à 19h. Adresse : 16 rue Carnot à Avignon. Relâches les jeudis. Durée : 1h. Réservations ici.