Objectif Gard : Alors, elle est prête cette feria d’Arles ?
Jean-Baptiste Jalabert : On nous annonce du beau temps, donc nous sommes contents et impatients d'être ce week-end. Je suis assez confiant sur les toros engagés. Les formes respectives d’Emilio de Justo, de Tomas Rufo, de Marco Perez, de Talavante, de Manzanares le tout devant des toros très variés, me laissent présager du meilleur. Je suis assez tranquille sur la composition des cartels et sur ce qui nous attend, en espérant que les toros seront la hauteur, que les toreros sachent les comprendre et que l'on vive de belles émotions tout au long du week-end.
Avant de parler des cartels, évoquons la particularité d’Arles, l’Espace toros.
Oui, il est ouvert depuis le samedi précédent la feria et ferme le jeudi juste avant le début dans les arènes. On y trouve des activités tous les jours comme la visite des toros, les entraînements des écoles taurines, espagnole ou camarguaise. C'est toujours un bon moment pour passer du temps proche des toros, mais les toros français, en plus de la situation sanitaire actuelle qui est un peu compliquée, viendront directement aux arènes. Cependant, il y a les quatre lots de toros d'Espagne et du Portugal qui étaient ouverts à la visite.
Dans les arènes, la course camarguaise lancera les festivités taurines.
En effet, c’est l’ouverture de la feria dans les arènes et on le fait avec la royale de Laurent. Une royale qui commence à bien marcher depuis quelque temps et, avec cette année encore, une manade des plus prestigieuses de notre Camargue, avec les meilleurs auteurs en route pour montrer un peu leur niveau actuel en ce début de saison. Les meilleurs sont engagés ce vendredi après-midi.
Place, ensuite, à la novillada sans picadors. Un vrai moment d’aficion ?
C’est le samedi matin et la course est organisée en collaboration avec l’école taurine d'Arles. Cela permet à l'école donc de présenter plusieurs jeunes mais également de faire des échanges avec d'autres écoles taurines, notamment en Espagne, qui permettent aux jeunes arlésiens d'aller dans d'autres arènes d'importance et de montrer leurs capacités. C’est un grand honneur pour ces jeunes qui débutent de faire le paseo dans les arènes d’Arles, devant l'élevage Yonnet, qui est le plus ancien des fers français. Ici, le public vient voir le futur, les jeunes de demain, les futurs talents, ceux qui pourront être des matadors ou des figuras dans les années à venir. L’intérêt est de les découvrir dès leur apprentissage, c'est toujours intéressant pour les aficionados de parier sur la réussite d'un ou d'un autre. Le public vient aussi soutenir les éleveurs français qui fournissent le bétail pour les novilladas.
Avec de nombreux Français tout au long de la feria ?
Oui bien sûr ! Il y a des Français à différents stades de leur carrière. Très jeunes, comme nous venons de le dire, mais aussi plus affirmés comme Victor qui est bien un cran au-dessus et qui a déjà prouvé de belles choses et que l’on verra dimanche matin ou lundi en clôture avec El Rafi. Le novillero Joselito de Córdoba, contraint de déclarer forfait pour la novillada piquée en raison d’un problème de santé, sera remplacé par le novillero nîmois Nino Julian, aux portes de l’alternative.
En soirée, corrida de gala.
C’est un autre rendez-vous important des arènes. Manzanares revient cette année, Talavante est un habitué d’Arles, et Marco Perez, l'an dernier, a pris son alternative à Nîmes. Il a eu quelques succès sur la fin de la temporada en connaissant des triomphes très importants durant sa courte carrière de matador de toros. Ce sera sa première feria de Pâques en tant que matador dans un cartel de figuras, face à un des élevages les plus appréciés par les figuras, Garcigrande. On attend une grosse affluence pour ce cartel.
Le lendemain, une novillada de competencia !
On a eu l'habitude de présenter, ces dernières années, une formule qui permet aux jeunes de voir différents élevages et différents comportements tout en soutenant les éleveurs locaux, régionaux. Il y a un novillo de San Sebastian, Taurelle, Tardieu par les deux fers, celui d'Alain Tardieu et des frères, la famille Fano et Blohorn. Pour les piétons, le niveau est déjà quasi professionnel. Victor, comme on l’a dit, mais aussi Nino Julian. Mario Vilau est quant à lui un jeune catalan dont tout le monde parle en bien et qui se présentera ici.
Le paseo du soir verra le retour des Torrealta et des maestros reconnus.
Ce cartel se présente avec beaucoup de certitudes sur le niveau des trois toreros qui sont très sûrs par leur technique, leurs connaissances et leur entrega. Les trois ont triomphé l’année dernière, donc ils reviennent dans un même cartel, tout ça face à l'élevage de Torrealta, un élevage qu'on n'a pas vu depuis un long moment aux arènes, et notamment dans le sud-est de la France. La course est très bien présentée avec des toros de différents pelages, de différentes couleurs et qui a plu aux corrals. J'espère qu’en piste on aura un beau comportement pour une belle corrida un dimanche de Pâques.
Autre retour, celui de fers Portugais avec une journée dédiée ?
On a voulu mettre à l'honneur cette année ces toros qui composeront les deux cartels du lundi, le matin avec le rejon et l’après-midi avec la clôture, deux formules complètement différentes. Tout d'abord le lundi matin pour les cavaliers, les rejoneadors, trois figuras, connus et reconnus, qui ont fourni un spectacle formidable l'an dernier dans les arènes. Andy Cartagena, Léa Vicens et Guillermo Hermoso de Mendoza, les trois reviennent face l’élevage portugais donc de Passanha.
Et l'après-midi ?
La corrida est sérieuse, pour les aficionados, elle sera de Murteira Grave. Là aussi nous aurons différentes couleurs de robes pour un cartel international avec Escribano, Colombo et el Rafi pour, en plus, un trio de banderilleros.