À Nîmes, ville taurine par excellence, on aurait pu s’attendre à ce que l’avenir de la corrida s’invite au cœur de la campagne des municipales 2026. Il n’en est rien. Le sujet est resté étonnamment discret. Il y a six ans pourtant, Olivier Jalaguier avait réussi à en faire un thème de débat lors d’une réunion publique qui avait marqué les esprits. Cette fois, silence radio. Aucun véritable affrontement politique, et des candidats qui, pour la plupart, évitent de se positionner frontalement. Faut-il y voir un consensus ? Ou plutôt la preuve qu’un sujet aussi sensible reste, à Nîmes, politiquement explosif ? Les militants anti-corrida, eux, espéraient au moins un débat sur l’avenir de la tauromachie. Ils devront se contenter d’une campagne dominée par d’autres préoccupations, largement percutée par l’actualité nationale et internationale. Reste tout de même à observer les positions des différentes listes. Chez Vincent Bouget (union de la gauche hors LFI), aucune hostilité affichée envers la corrida. Bien au contraire. Si les écologistes se montrent traditionnellement plus critiques — notamment sur l’accès des mineurs ou les financements publics — l’entourage politique du candidat compte aussi plusieurs aficionados. Autrement dit, des sensibilités réformatrices existent, mais aucune remise en cause sérieuse de la tradition taurine ne semble à l’ordre du jour. Du côté de Franck Proust (union de la droite et du centre), héritier de la majorité municipale sortante, la ligne est sans surprise : soutien plein et entier à la corrida. Même logique chez son ancien et futur allié Julien Plantier (divers droite soutenu par Renaissance). Les critiques les plus nettes viennent des Insoumis. Leur tête de liste, Pascal Dupretz, souhaite ouvrir le débat et propose l’organisation d’un référendum local sur le maintien de la corrida. Une manière de remettre la question dans les mains des habitants. Quant à Julien Sanchez (RN), il s’inscrit dans une ligne classique de défense des traditions taurines. Une position adoptée par son parti dans les villes du sud, même si Marine Le Pen avait déjà évoqué par le passé la question de l’interdiction d’accès des mineurs aux corridas. Autant dire qu’une interdiction pure et simple de la corrida à Nîmes ne semble pas à l’horizon. Rien d’étonnant pour une ville qui reste l’une des grandes places taurines françaises, avec ses ferias majeures et ses arènes de première catégorie. En revanche, le débat pourrait se déplacer ailleurs. La gestion financière des spectacles taurins pourrait être scrutée de plus près selon la majorité municipale issue du scrutin. Et certains évoquent déjà un développement plus soutenu des courses camarguaises. De quoi nourrir l’inquiétude de certains aficionados, qui redoutent que ces évolutions ne soient, au fond, qu’une autre manière d’affaiblir progressivement la corrida.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 11.03.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL À Nîmes, la corrida absente de la campagne municipale
Alors que Nîmes est l’une des capitales taurines de France, les candidats préfèrent contourner le débat sur l’avenir des corridas. Seuls les Insoumis évoquent l’idée d’un référendum.
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Abdel Samari