« On a tremblé, souvent, mais on tient debout » : à l’heure de présenter la Moba, Arnold Métrot n’élude pas les difficultés que la salle coopérative a pu, et peut encore, rencontrer. Surtout à une époque où « les budgets se contractent, la culture peut être vue comme une variable d’ajustement », alors qu’un lieu culturel, « un lieu d’émancipation et de lien, est ce dont notre territoire a besoin », affirme-t-il.
Alors il a tenu à « rappeler, à l’approche des élections, que la culture n’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre, elle est ce qui permet à un territoire de respirer, c’est un outil au service de l’attractivité, de la jeunesse, du vivre-ensemble. » Pour lui c’est clair : « Nous avons besoin d’être main dans la main, on veut continuer mais pas tout seuls pour affirmer que la création a sa place ici, à Bagnols. »
La salle, qui compte une cinquantaine de bénévoles, une quarantaine de coopérateurs et trois salariés, a proposé 86 concerts en 2025 « avec une programmation ouverte, diversifiée, construite avec les acteurs du territoire », souligne la chargée de développement de la coopérative, Sophie Grange. Si la salle est soutenue par le ministère de la Culture, le Centre national de la musique, la Région, le Département, la Ville et l’Agglomération, elle « laisse de la place à de nombreuses associations et structures culturelles », souligne Guillaume Cellier, le chargé de communication de la Moba. La salle est aussi dans de nombreux réseaux, comme celui des tiers-lieux, a développé des passerelles avec la salle de musiques actuelles de Nîmes métropole Paloma ou encore avec des dispositifs culturels du Département.
Et elle veut nouer d’autres liens et partenariats pour ses projets de développement. La Moba compte ainsi appuyer sur l’accompagnement artistique et technique. « Nous avons des résidences artistiques chaque année, nous voulons les mettre en lumière, mettre en place des répétitions accompagnées, des ateliers d’écriture, de composition, de musique assistée par ordinateur, d’enregistrement », détaille Sophie Grange. Autant de propositions « pensées en fonction des besoins des musiciens et associations locales. »
La Moba veut aussi développer un pôle audiovisuel. « Nous avons mis en place un lieu de tournage plateau, avec un accompagnement possible sur l’image et la communication visuelle », précise Sophie Grange. La coopérative veut aussi accentuer la partie médiation, avec « des partenariats en cours de construction, comme avec le cinéma Emotions de Bagnols, avec une rencontre entre des réalisateurs et des musiciens programmée, nous voulons mener une réflexion sur comment nous pouvons aider à dynamiser Bagnols et le Gard rhodanien, capter ensemble des publics », détaille-t-elle.
Un travail est aussi mené avec l’espace de coworking le Locomotiv’ sur la partie économie sociale et solidaire, et avec l’Institut médicoéducatif de la Barandonne. Bref, « ce qu’on veut, c’est faire des choses ensemble, s’ouvrir », résume Arnold Métrot.