Culture
Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 09.12.2022 - Marie Meunier - 3 min  - vu 163 fois

MIDI VILLAGES À Saint-Quentin-la-Poterie, un monstre imaginé par les habitants en pleine création

Kartini Thomas Saint-Quentin-la-Poterie monstrologie

Pendant sa résidence artistique, Kartini Thomas associe des habitants à son projet de création intitulé "Monstrologie". 

- photo Laurent Hobin

Il ressemble à quoi le monstre de vos cauchemars d'enfant ? Était-il grand, velu, avec des tentacules ? C'est cette question que l'artiste sculptrice Kartini Thomas a posé à plus de 70 participants, de tous âges, issus des structures socio-culturelles. 

Ce projet hors-normes s'appelle "Monstrologie" et s'inscrit dans une résidence artistique qui a démarré en septembre et se terminera en janvier 2023. "Je travaille avec quatre groupes différents, soit 70 personnes en tout. Il y a les écoles primaires Le Jardin et La Sainte Famille, des maisons de retraite de Saint-Quentin, Castillon-du-Gard et La Calmette et le centre d'aide thérapeutique d'Uzès "Le Transfo". Cela va de 8 à 90 ans", indique la sculptrice, originaire de l'île d'Oléron. 

C'est quoi cette résidence artistique ?

L’office culturel de Saint-Quentin-la-Poterie qui propose des résidences d’artistes axées sur le médium céramique depuis plusieurs années, a présenté un dossier lors de l’appel à projet déployé par la DRAC Occitanie ainsi que le Département du Gard, en soutien à une résidence de territoire en arts visuels. Sa candidature a été retenue. La résidence de territoire "arts visuels" associe une démarche de recherche et de création à la médiation avec différents publics. L'idée c'est développer les synergies artistiques, croiser les expériences et aller à la rencontre des populations qui participent au processus de création. En clôture de résidence, une restitution sera proposée à tous les habitants du territoire, sous une forme innovante et participative.

À tous ces publics, elle a posé la même question : "Qu’est-ce qui vous fait peur que vous n’avez jamais vu ?" Elle a organisé des entretiens où les participants livrent ce qu'ils imaginent comme leur monstre. L'artiste se sert de tous ces récits pour imaginer le monstre final qui trônera en figure monumentale. Celui qui sera exposé à la fin de la résidence artistique. Et les enregistrements des entretiens seront utilisés en fond sonore : "Ça annonce une belle installation", se réjouit Kartini Thomas. Le vernissage est programmé le 15 avril, au Temple protestant de Saint-Quentin-la-Poterie et sera sur le thème "Monstrueusement chic". Alors les visiteurs sont invités à revêtir leur plus effroyable déguisement pour cette grande restitution publique. 

"Un monstre est avant tout créé par les humains"

Kartini Thomas travaille sur le thème du monstre depuis qu'elle fait de la céramique. C'est-à-dire sept ans. Issue d'une formation "Arts déco" où il n'y avait pas de section céramique, elle a appris la discipline "sur le tard au gré des stages". Elle utilise peu d'outils pour modeler : "C'est assez rustique mais chaque pièce est unique".

Kartini Thomas Morgan Conte office culturel saint quentin Bérengère Noguier monstrologie
L'artiste en résidence, Kartini Thomas, Morgan Conte de l'office culturel de Saint-Quentin-la-Poterie qui est à l'origine du projet, et Bérengère Noguier, conseillère départementale du canton.  • photo Marie Meunier

À la technique s'agrège le thème luxuriant du monstre : "C'est mon thème de prédilection. Il faut savoir qu'un monstre est avant tout créé par les humains, par notre imaginaire. Il permet d'examiner ce qu'est un Homme, ses émotions propres qu'elles soient positives ou négatives mais aussi une psychologique collective. Il y a des questionnements artistiques et sociologiques derrière et plusieurs facettes plastiques très intéressantes."

Qui est Kartini Thomas ?

Kartini Thomas est une jeune Américaine qui a grandi en Nouvelle-Zélande et en Australie. Elle a passé quatre ans aux États-Unis pour passer un Bachelor en biologie, puis est partie en Afrique pour un projet en épidémiologie, avant de rentrer aux Arts Décos de Paris. S’en suivent de nombreuses expériences, tels que la vidéo, la scénographie d’exposition, ainsi que la réalisation de décors. En 2010, elle pose ses valises à Toulouse avec un besoin de développer sa propre production. Aujourd’hui, elle expose dans de nombreux événements céramiques et y présente ses dernières créations, inspirées de la culture du kaijü («créatures étranges» en japonais), un univers opulent et grouillant avec des sculptures colorées et ludiques.

Pour l'heure, la création du monstre prend forme. Déjà 200 écailles de porcelaine ont été réalisées, ainsi que les yeux de la bête. Quand la sculpture sera terminée, elle voyagera ensuite un peu partout en Occitanie. 

Plus d'informations sur le site de l'office culturel de Saint-Quentin-la-Poterie en cliquant ici. 

Marie Meunier

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