Culture
Publié il y a 1 an - Mise à jour le 21.06.2021 - anthony-maurin - 3 min  - vu 421 fois

NÎMES Dupuy, près d'un siècle de toros !

Quelques objets hétéroclites (Photo Anthony Maurin).

Toros vous avez dit Toros ? (Photo Anthony Maurin).

Pierre Dupuy, une vie d'aficion(s), est la nouvelle exposition du Musée des cultures taurines Henriette et Claude Viallat à découvrir jusqu'au 31 octobre 2021. Si vous aimez l'histoire de la tauromachie, c'est par ici car on va vous parler du Pierre Dupuy dont la collection révèle plus de cent ans d'histoires taurines.

Dans les toros, qui n'a jamais entendu le nom de Pierre Dupuy est un perdreau de l'année. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne le connaîtra pas très prochainement... Surtout s'il va au Musée des cultures taurines où une belle exposition l'y attend. Les tauromachies sont un vaste monde, un monde dans le monde. Mais le jeune ne devra pas être trop frileux s'il veut apprendre.

Qui est Pierre Dupuy ? (Photo Anthony Maurin).

Pierre Dupuy est né à Saint-Rémy-de-Provence en 1932, bien loin du tumulte des grandes plazas de toros. Son histoire taurine commence dans les années 50, lorsqu’il se lie d’amitié avec Paul Barrière qui lui fait découvrir l’univers de la tauromachie. C’est aussi le moment où Pierre Dupuy débute sa collection de tauromaquia et entre en "littérature taurine". Il s'installe à Nîmes en 1956 et côtoie dès lors le mundillo.

Pour le maire de la ville Jean-Paul Fournier, il est "esprit curieux et ouvert, écrivain prolixe, critique taurin internationalement reconnu. Pierre Dupuy a souhaité que ses collections de bibliophilie et ses collections taurines rejoignent un établissement culturel de la ville. Le choix s’est porté sur le Musée des cultures taurines, lieu hautement emblématique entièrement dédié à l’expression d’une culture, celles des traditions taurines, dans toute leur diversité. La masse documentaire de la bibliothèque de Pierre Dupuy, constituée de périodiques, de livres et de brochures, est impressionnante."

Et Sophie Roulle, adjointe à la culture, de rajouter : "Centrée sur les courses et l’élevage de taureaux, elle envisage ces thèmes sur un plan culturel assez large, y rattachant d’autres aspects de ce qui constitue un élément essentiel d’une culture commune au Midi et à l’Espagne. Saluons et célébrons, à travers l’exposition que lui consacre le Musée des cultures taurines, l’action, l’engagement et la générosité de Pierre Dupuy, comme sa vie d’Afición !"

Un peu d'art (Photo Anthony Maurin).

A la fin des années 1950, il commence à rédiger ses premières chroniques pour la revue Toros, référence incontournable pour tous les amoureux du taureau, dont il assure la direction entre 1980 et 2004 et l'historien de la tauromachie, qu’elle soit espagnole ou camarguaise, a constitué un fonds imprimé et manuscrit d’une très grande richesse, composé de plus de 2 500 ouvrages. On retrouve aussi dans sa collection un important fonds archivistique qui renferme des documents sur les premières manifestations taurines à Nîmes, au début du XIXe siècle.

Encore des ... Toros ! (Photo Anthony Maurin).

Mais sa passion ne s'arrête pas là... Tout ce qui avait trait au taureau (ou toro), de la bague de cigare à l’étiquette de vin, en passant par les photographies et les gravures, les billets et les affiches de corridas, retenait l’attention du collectionneur Pierre Dupuy pour qui aucun support n’est à négliger dans ce domaine. C'est en 2013 qu'il se dessaisit de sa collection au profit de la ville de Nîmes et donne l’ensemble de ses collections pour le Musée des cultures taurines. Le musée taurin de Nîmes a ainsi l’avantage de posséder les "dépouilles opimes" des trois plus importants médias taurins de la France d’avant-guerre : le Torero, Bioú y Toros et le Toril.

Une partie de l'exposition (Photo Anthony Maurin).

Pour conclure, Aleth Jourdan, conservateur en chef du patrimoine et directrice du Musée du Vieux Nîmes et de celui des Cultures taurines est reconnaissante. "Soucieux de garder l’homogénéité des fonds qu’il avait pu rassembler, Pierre Dupuy a adjoint à la bibliothèque le don de l’ensemble de ses collections taurines, archives de travail et iconographie, près de 10 000 documents comme des photographies, correspondances, manuscrits, dessins, peintures, gravures, affiches, objets populaires dédiés au taureau, prospectus et billets de corridas, soigneusement organisés en classeurs et boîtes d’archivage. Tout à fait exceptionnel, cet ensemble (bibliothèque et fonds taurins), parfaitement classé et inventorié par le donateur, documente soixante ans de vie du monde taurin à Nîmes, mais également dans le sud-est et le sud-ouest de la France, et en Espagne, à partir des années 1950. Il concerne aussi et largement tout le début du XXe siècle grâce aux documents, entre autres les carnets d’Alfred Degeilh Aguilita, et aux correspondances conservés : celles d’Henri de Montherlant, de Marcelle Cantier, Miqueleta, de Paco Tolosa, du Marquis Folco de Baroncelli, de Frédéric Mistral."

(Photo Anthony Maurin).

Une vie de chercheur et d'écrivain, dans l'intimité d'un aficionado, voyages en tauromachie(s), objets d'une passion et enfin Pierre Dupuy et "Toros", un destin croisé, sont les salles à visiter.

Musée des cultures taurines, 6 rue Alexandre Ducros 30 900 Nîmes. Exposition ouverte tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi. Tarif plein, 5 euros, gratuit pour les -18 ans.

Anthony Maurin

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