Trois jours d’immersion musicale avec Paul Smith. Le chœur de l’Opéra Grand Avignon a récemment travaillé une œuvre en 12 mouvements singulière du répertoire contemporain, The Sacred Veil, du compositeur américain Eric Whitacre. Lors de cette session a cappella et piano, ce jeudi 5 mars, les choristes ont bénéficié de la présence du musicien britannique Paul Smith, cofondateur de l’ensemble vocal Voces8.
Œuvre chorale intime
Invité durant trois jours, le chef de chœur britannique Paul Smith, cofondateur de Voces8 particulièrement pédagogue, a accompagné le chœur dans l’exploration de cette œuvre chorale intime. Un travail mené sous la direction d’Alan Woodbridge, chef du chœur avignonnais depuis 2024. Chef, pianiste et organiste, ce dernier a notamment travaillé à l’Opéra national des Pays-Bas ainsi qu’au Grand Théâtre de Genève.
Les artistes du chœur interpréteront au mois de mai cette partition dans le cadre d’Awen, nouvelle création du chorégraphe Martin Harriague, qui réunira le chœur et les danseurs du ballet de l’Opéra Grand Avignon. Composée par Eric Whitacre sur un texte de Charles Anthony Silvestri, The Sacred Veil est un cycle en douze mouvements écrit pour chœur, piano et violoncelle. Créée en 2019, l’œuvre dure environ cinquante minutes.
Le texte s’appuie sur une histoire réelle. Charles Anthony Silvestri y raconte la rencontre avec son épouse Julie, la naissance de leur enfant puis la maladie qui l’emporte. Le récit suit ce parcours intime, depuis les premiers souvenirs jusqu’à la disparition. Quatre mouvements qui illustrent ces étapes ont été interprétés hier soir.
Présentation pédagogique
Lors de la présentation publique à l’Opéra d’Avignon, plusieurs extraits de l’œuvre ont été proposés. Quatre mouvements ont été interprétés a cappella, soutenus ponctuellement par le piano et la direction du chef de chœur. Le public a lui aussi participé.
Paul Smith a pris le temps d’expliquer l’œuvre et sa genèse. L’artiste, qui parle français avec un accent britannique, connaît bien la partition. Il connaît le compositeur, il connaît aussi le librettiste Charles Anthony Silvestri. « C’est un grand plaisir pour moi d’être ici avec vous aujourd’hui. Et pour les trois derniers jours, c’est un grand plaisir pour moi d’être avec ce groupe extraordinaire », explique Paul Smith en introduction.
Habitué à travailler dans un format très différent avec l’ensemble Voces8, composé de huit chanteurs, le Britannique a partagé une autre approche du travail vocal. Au fil de ces séances, le pédagogue a volontairement laissé une grande place à l’autonomie du chœur. « L’idée, c’est que parfois le chœur commence à trouver sa propre direction », a-t-il expliqué.
Histoire humaine
Avant l’interprétation d’un premier mouvement époustouflant, Paul Smith est revenu sur la dimension personnelle de l’œuvre. « C’est l’histoire de Tony et de sa femme emportée par le cancer. » Le musicien insiste sur la portée humaine de la partition, sombre, mais traversée par l’espoir. Un voyage humain. Lors d'un mouvement, il a présenté une harmonie volontairement dissonante répondant à la peur du terrible diagnostic médical au cœur du récit. Les tonalités d'un autre mouvement décrivent la voix des enfants.
Après ces trois jours de travail, la présentation publique a permis d’entendre un premier aperçu particulièrement prometteur de la pièce. Une étape importante dans la préparation de l’œuvre, qui sera interprétée du 22 au 24 mai sous les voûtes de la chapelle du Palais des Papes à Avignon.
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