Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.06.2026 - François Desmeures - 2 min  - vu 120 fois

ALÈS Les salariés NTN-SNR réclament une reconnaissance de leur ancienneté

Les grévistes se sont réunis devant le site SNR de Croupillac

- François Desmeures

Réunis à l'appel de la CFDT sur le site de Croupillac, une part des salariés de la SNR a tenu un piquet de grève pour protester contre l'absence de reconnaissance de leur ancienneté par l'entreprise NTN-SNR. Ils réclament entre 100 et 200 € d'augmentation par mois, en fonction de l'ancienneté de chacun. La direction répond que c'est l'expérience qui est récompensée, dont l'ancienneté est un élément parmi d'autres. Une rencontre doit avoir lieu le 3 juillet. 

Ils sont une quarantaine, sous les drapeaux de la CFDT, à réclamer un "rattrapage" sur les salaires à NTN-SNR d'Alès, entreprise spécialisée dans les roulements. "Il y a trois ans, on a eu des négociations salariales avec lissage de la base, explique Michael Salles, élu suppléant de la CFDT au CSE. On a une ancienneté bloquée à 15 ans. Lors des NAO (négociations annuelles obligatoires), ils ont donné des euros à des nouveaux entrants ou aux bas salaires. Mais les anciens n'ont rien eu. Et on se retrouve bien souvent avec un salaire de base similaire à celui des nouveaux. Il n'y a plus de reconnaissance."

Les grévistes se sont réunis devant le site SNR de Croupillac • François Desmeures

Alors que le mouvement de grève est suivi à 50 %, selon la CFDT, sur les deux sites alésiens de Croupillac et Mazac (qui comptent 330 salariés, avec une moyenne d'âge de 47 ans), élus du CSE et délégué syndical CFDT se réjouissent que le mouvement touche "tous les corps de métier. Parce que la direction ne nous écoute pas. On discute, mais il n'y a pas d'avancée. On a voulu marquer le coup."

Michael Salles espère tout de même que la direction du site entende les revendications, simplifiées sous forme de barème : "On demande 100 € de plus pour ceux qui ont entre 5 et 10 ans d'entreprise, 150 € de plus pour ceux entre 10 et 20 ans, et 200 € pour ceux qui sont ici depuis plus de 20 ans."

"L'ancienneté est déjà incluse dans le calcul", répond Alain Caillot, directeur du site SNR d'Alès, alors que "la politique salariale est en train d'être retravaillée. On préfère valoriser l'expérience, et l'ancienneté est comprise dedans." Une expérience notamment réhaussée en cas, par exemple, de changement de poste.

François Desmeures

"On vient de terminer les NAO et on respecte les règles, poursuit Alain Caillot. Ils n'ont jamais mis leur barème sur la table au moment des négociations." Un barème d'ancienneté que le patron du site industriel juge, de toute façon, "irréaliste et injustifiable".

"On n'a jamais coupé les liens avec les syndicats, poursuit Alain Caillot. Ils ont demandé un éclaircissement. On doit les rencontrer le 3 juillet pour cela, pour bien leur expliquer." En plus de la CFDT, FO et la CFE-CGC sont présents dans l'entreprise. Mais le directeur souligne qu'il peine à comprendre le mouvement d'humeur, alors que le site a reçu "des investissements pour se restructurer et se moderniser, au détriment d'un site en Allemagne qui employait 230 personnes. On a rapatrié les machines ici. Vu de notre actionnaire japonais, ce mouvement n'est pas compris." Côté syndicats, on ne nie pas les investissements. "Ils investissent des millions d'euros. Mais pas sur nous", regrette Michael Salles.

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