Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.04.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 47 fois

CÉVENNES Une troisième boucle de citoyens pour partager de l'électricité verte... et moins chère

Le toit de l'école de l'école de Saint-Michel-de-Dèze, dans la vallée Longue, équipée d panneaux photovoltaïques pour Cevenrgie

- François Desmeures

Porté par la SAS Cévennes durables et le Syndicat des hautes vallées cévenoles de Cendras, "Cevenrgie" a déjà implanté deux boucles d'autoconsommation énergétique fin 2025, entre Gard et Lozère. La troisième est en passe d'être lancée, entre Gard et Lozère. Dans le Gard, elle concerne les communes de Malons-et-Elze, au nord, à Portes au sud. Et promet un tarif supérieur à celui de l'obligation d'achat pour les producteurs, et d'environ 15 cts du kWh pour les consommateurs. Le tout décarboné et produit localement.

Le toit de l'école de l'école de Saint-Michel-de-Dèze, dans la vallée Longue, équipée d panneaux photovoltaïques pour Cevenrgie • François Desmeures

Involontairement, le lancement a eu lieu en Lozère. "En 2014, un collectif de citoyens a créé une centrale, à Saint-Michel-de-Dèze, explique Jean-Luc Richter, chargé de mission Transition énergétique au Syndicat des hautes vallées cévenoles (SHVC), à Cendras. Puis, en 2023, la commune voulait créer une centrale villageoise sur l'ensemble de la commune." Appel à manifestation d'intérêt et aide de la Région ont permis le déblocage, jusqu'à "fédérer un maximum de communes, 55 sur le projet".

Avec le changement de législation sur l'autoconsommation collective, l'intérêt s'est élargi : "Cela permet de faire des projets à 20 kilomètres maximum, en deux participants d'une même boucle. Avec cinq cercles, on peut ainsi couvrir 1 000 km²." Les deux premières boucles ont été lancées le 1ᵉʳ décembre 2025. En commençant par la boucle A, qui couvre la vallée Longue, la vallée Française avec Saint-Étienne, et prend, dans le Gard, les communes de Lamelouze, Chamborigaud, Sainte-Cécile-d'Andorge et Saint-Paul-la-Coste. Soit 39 consommateurs inscrits pour neuf producteurs, et un taux d'autoconsommation de 99,5 %. La boucle D a également été ouverte en décembre. Elle couvre le reste de la Vallée Française, remonte jusqu'à Barre-des-Cévennes et prend, dans le Gard, l'ensemble de la vallée Borgne. Soit 23 consommateurs pour cinq producteurs et un taux d'autoconsommation de 69,3 %.

"Les centrales sont réparties sur tout le territoire", poursuit Jean-Luc Richter. Avec une consigne : pas de centrale solaire au sol. La production doit s'implanter sur un bâti. "Si des centrales ont été bâties à partir de 2023, elles peuvent intégrer le projet." Une seule centrale est en vente totale, au Pompidou. Pour les autres, "on rachète le surplus de production. Et pour inciter le producteur à nous le vendre, on rajoute un demi-centime par rapport au tarif EDF, dans la limite de 13 centimes par kWh."

"On est sûrs que le prix au kilowattheure va baisser"

"Aujourd'hui, le coût final est de 16 centimes. Mais, en fait, on est à 14 ou 15 centimes le kWh TTC. On bénéficie d'une taxe zéro pour une utilisation collective. On reste en dessous du tarif bleu d'EDF. On a proposé des contrats sur 20 ans et on rachète 5 centimes du kWh", poursuit Jean-Luc Richter. Le surplus revendu à EDF ne s'élève qu'à 4 centimes. Et l'écart devrait grandir, dans l'intérêt des consommateurs qui s'inscriront dans cette démarche. "Nos prix actuels vont être amenés à baisser, poursuit Jean-Luc Richter. On va rentrer des centrales moins chères dans la discussion, on est donc sûrs que le prix au kilowattheure va baisser".

Avec l'entrée de nouvelles centrales, le but reste "d'augmenter la production pour augmenter le nombre de consommateurs. Pour l'instant, on couvre 15% de la consommation énergétique des territoires concernés. On espère monter à 30 ou 40%." Les producteurs se chargent de faire leur propre installation. "Et on leur garantit un prix d'achat supérieur."

Et pour augmenter la production, c'est l'heure d'ouvrir de nouvelles boucles. "On va bientôt ouvrir la boucle B, poursuit Jean-Luc Fichter, sur la vallée du Galeizon", jusqu'à Lamelouze et Saint-Martin-de-Boubaux à l'ouest, et une partie de la vallée de l'Auzonnet à l'est, mais en sautant La Grand'Combe. Puis la boucle C, de Saint-André-Capcèze au nord, à Sainte-Cécile-d'Andorge au sud, Vialas à l'ouest et Bordezac à l'est. "Les deux boucles seront lancées avant l'été", assure Jean-Luc Richter. Ensuite, il restera la boucle E, avec La Grand'Combe, Les Salles-du-Gardon et Branoux-les-Taillades.

"On veut voir si on arrive à faire des tarifs sociaux"

"On va relancer les réunions publiques pour informer les gens", annonce le chargé de mission transition énergétique au SHVC. Avec, toujours, la volonté d'intégrer producteurs et consommateurs dans une offre locale, propre et concurrentielle. En sachant, en plus, que cette initiative collective qu'est Cevenrgie ne repose "que sur des bénévoles. Le syndicat intervient seulement pour l'ingénierie".

Soutenu par le Parc national des Cévennes et le PETR Sud Lozère, Cevenrgie incite aussi les agriculteurs à devenir producteurs, en équipant des hangars qui restent à bâtir. "L'agriculteur ne paie pas le bâtiment et c'est l'investisseur qui met la structure, argumente Jean-Luc Richter. On met aussi en place des actions de sobriété. Et au bout d'un an de fonctionnement, on veut voir si on arrive à faire des tarifs sociaux, en collaboration avec ATD 1/4 Monde." Ce qui donnerait encore plus de sens à ce projet déjà solidaire.

Plus d'informations sur Cevnergie à retrouver ici.

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