Ce n'est pas une ferme pédagogique, cela n’a jamais fait partie du projet et ne le sera jamais. Après un premier sauvetage en 2010 - Bounty, un cheval arraché de l'horreur, condamné à l'euthanasie - Annelise, rejointe en cours de route par son compagnon, Anthony, a créé un véritable havre de paix, sur les terres saint-gilloises, où cohabitent en plein air quelque 300 animaux. La Ferme de Bounty, association de protection animale, leur offre ainsi une fin de vie paisible, sans rien attendre en retour, si ce n'est leur bonheur. Quoi qu'il en coûte. Et c'est peu de le dire, environ 3 000 € par mois, sans pouvoir compter sur des aides de l'État, simplement sur le soutien de quelques partenaires (le groupe Virbac, Leclerc à Arles, les pépinières Rouy à Saint-Étienne-du-Grès). Au-delà de l’aspect financier, c’est aussi un engagement de chaque instant. Le couple ne compte pas ses heures. "C’est un travail à temps plein", confie l'Arlésienne, que ces trentenaires doivent pourtant concilier avec leurs activités professionnelles respectives.
Anthony est gérant d'une pension canine et féline. Annelise est esthéticienne, installée dans un chalet, sur sa propriété, à deux pas - au sens propre - du parc de plus 6 000 m² que se partagent librement cochons, chevaux, chèvres, cochons d’Inde, canards, oies etc. Maryne l’accompagne désormais, une partie de l’institut a été aménagée en salon de coiffure. Les deux femmes se sont rencontrées à l’occasion de prestations pour des mariages. "Ça a été un coup de cœur", lancent-elles à l'unisson. "Maryne, ajoute Annelise, est, elle aussi, une amoureuse des animaux." Coiffeuse à domicile ces trois dernières années, elle a fait "bifurquer 90 % de sa clientèle", vers cet institut original, très loin des "salons aseptisés". Un choix tout à fait assumé. "Des chats rentrent dans le chalet, des coqs passent, des lapins s'approchent… Ici on aime la nature, on respecte la tranquillité des animaux et notre clientèle nous ressemble", souligne l'esthéticienne.
"C'est à nous de mettre les bouchées doubles"
C’est tout le sens de ce concept, qui s’est depuis enrichi avec l’arrivée d’une esthéticienne supplémentaire, Laure Mathianakis, d’une dermographe et tatoueuse, Salomé Tanzi, ainsi que de deux prothésistes ongulaires, Marie Sayah et Julie Toeschi. "En un seul et même lieu, on peut tout faire", commente Annelise. Cette dernière consacre la moitié de ses revenus - dont le loyer versé par Maryne - à son association. "Si je ne compte que sur les dons, c'est voué à l'échec. Je n'en veux à personne, la vie est de plus en plus chère, ça se comprend. Avec Anthony, on sait que c'est à nous de mettre les bouchées doubles, c'est notre rôle, les animaux comptent sur nous. Mais en réalité, toute l'équipe soutient l'association, notamment en faisant don de ses pourboires."
Une dynamique vertueuse qui permet, en filigrane, de continuer à offrir aux pensionnaires de la Ferme de Bounty les conditions de vie qu’ils méritent. Sereins, apaisés, certains animaux tirent même un bénéfice de cette présence humaine. À l'instar d'Oasis, un loriquet (perroquet) qui se laissait dépérir après le décès de son copain. "Il déprimait, alors avec Maryne, on a fait un test, on l'a mis dans une volière à l'entrée du chalet, pour voir si le fait de voir les clients lui remonterait le moral. Et il a adoré. Il leur parle, il les accueille", se réjouit Annelise. Côté bien-être, chacun y trouve son compte.
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