Publié il y a 23 jours - Mise à jour le 30.05.2024 - Lïana Delgado - 2 min  - vu 2511 fois

JUSTICE "C'était un Airbnb sexuel spécialisé pour le Brésil", selon le procureur

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Ce jeudi 30 mai, un couple est jugé au tribunal correctionnel de Nîmes pour blanchiment d’argent, proxénétisme aggravé et traite d’être humain sur une période de six ans.

Un homme français de 49 ans et une femme brésilienne de 57 ans sont interpellés le 26 avril dernier à Montpellier alors qu’ils s’apprêtent à quitter le territoire français.

L'affaire débute le 8 juillet 2023, la police aux frontières dénonce aux autorités qu’il existe un réseau de prostituées brésiliennes dans un appartement à Nîmes. Après neuf mois d’enquête, le couple est arrêté pour blanchiment d'argent, proxénétisme aggravé et traite d’être humain. Des faits reprochés sur une période de six années, du 24 avril 2018 au 24 avril 2024.

Mariés depuis 2017, le couple habite dans une maison à Codognan. Ils transféraient de nombreuses sommes d’argent vers le Brésil, 40 000€ en trois ans selon l’enquête effectuée. “C’est pour aider ma famille, mes quatres enfants et mes huits petits-enfants”, informe la femme ce jeudi 30 mai devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Les deux prévenus ont été placés sous mandat de dépôt le 26 avril 2024.

Pour justifier ces sommes, la femme avoue se prostituer dans un appartement à Alès. Elle est aussi poursuivie pour exécution d’un travail dissimulé. “Je n’ai pas déclaré car à l’époque je n’avais pas de documents officiels”, déclare la prévenue. Durant l’audience son mari poursuit : “Je ne savais pas que ma femme se prostituait”. Pour arrondir les fins de mois, il travaillait de temps à autre dans un hôtel. Une version que sa femme contredis.

Un appartement litigieux

La femme de 57 ans louait un appartement à Nîmes. Puis, elle le sous-louait à des prostituées. Parfois, son mari transportait les personnes jusqu’au logement. Selon les vidéosurveillances de l’immeuble, beaucoup d’aller et venues de femmes et d’hommes sont observées. Le couple apparaissait pour la mise en place des filles et pour le nettoyage entre les clients. Dans le box, le prévenu ne reconnaît pas les faits : “C’est faux c’est un Airbnb donc nous faisons le ménage et nous accompagnons les clients quand ils le souhaitaient”. Sa femme ajoute : “Je n’ai jamais mis personne dans cet appartement. Parfois, des filles m’appelaient pour savoir si le logement était disponible mais je ne savais pas ce qu’elle faisait dedans”. Auditionné, le voisinage a affirmé les conclusions de l’enquête.

Le procureur de la République annonce : “Je n’ai jamais vu une enquête aussi bien ficelée. Vidéosurveillance, géolocalisation, écoute téléphonique et tout prouve que ce couple est coupable des faits reprochés. Ils tenaient un Airbnb sexuel spécialisé pour le Brésil. Madame joue un rôle central plus important que monsieur. Je demande pour elle trois ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire et une interdiction du territoire national. Pour lui, je demande deux ans de prison dont six mois assortis d’un sursis probatoire avec la confiscation de l’ensemble des scellés et un maintien en détention pour les deux prévenus".

Le tribunal a condamné la femme a trois ans de prison dont deux ans assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans. Et l’homme a écopé de deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire. Les deux époux sont maintenus en détention et les scellés ont été confisqués.

Lïana Delgado

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