Publié il y a 47 min - Mise à jour le 21.05.2026 - Boris De la Cruz - 3 min  - vu 683 fois

NÎMES 1 million d'euros saisi dans un bar-tabac : les détails de l'enquête

Photo gendarmerie du Gard, du million saisi dans un bar-tabac de Nîmes cette semaine. 

La procureure de la République Cécile Gensac et le colonel Emmanuel Casso ont livré des précisions sur cette enquête qui a permis de saisir plus d'un million d'euros et des kilos de cannabis dans un bar-tabac ayant pignon sur rue à Nîmes.

C'est une institution, ou plutôt c'était une institution. Car le bar-tabac "Le Cygne" situé près de la Maison Carrée, sur l'avenue Victor-Hugo à Nîmes, va rester portes closes pendant longtemps. Le juge d'instruction vient de mettre en examen, ce jeudi, la personne morale, le bar-tabac, et a décidé dans une ordonnance de fermer judiciairement le bar pendant 6 mois. Une fermeture rendue possible par le biais de la loi de 2023 pour lutter contre le narcotrafic, selon la procureure Cécile Gensac qui a livré des informations capitales sur ce dossier.

Les gérants du commerce, un couple, ont été arrêtés cette semaine et mis en examen ce jeudi soir au tribunal judiciaire de Nîmes pour du trafic de drogue. Plus de 4 kilos de cannabis ont été découverts dans l'établissement, mais aussi 1 083 700 euros. Le blanchiment est également évoqué dans cette affaire qui ne fait que commencer, mais qui est exceptionnelle selon le colonel Emmanuel Casso, patron des gendarmes du Gard. Des réquisitions de mandat de dépôt ont été demandées par le parquet de Nîmes contre les commerçants qui nient en chœur toute participation au trafic de drogue ou à un délit de blanchiment. Ils estiment que l'argent trouvé est celui de leur sueur et du travail permanent qu'ils effectuent depuis plus de 10 ans dans ce bar-tabac connu de tous les Nîmois.

Un simple trafic de drogue débouche sur le million saisi

L'affaire commence par l'évocation par téléphone d'un trafic de stupéfiants à Nîmes et en périphérie. Une affaire en apparence simple. Mais, rapidement, les investigations de la compagnie de gendarmerie de Nîmes et de la brigade des recherches mettent au jour un dossier ayant une plus grande épaisseur. Les militaires vont, selon le chef des gendarmes gardois, de surprise en surprise, avec"une multiplication de livraisons de stupéfiants", et "une structuration du réseau".

En novembre 2025, l'enquête débute, puis s'accélère "avec de nombreuses investigations de terrain, avec des surveillances, de nuit et de jour", ajoute le colonel Emmanuel Casso. Des surveillances, notamment à Nîmes, autour du café de l'avenue Victor-Hugo. Et il y a "des échanges d'informations avec des clients", selon la procureure, des clients qui sont ciblés par l'enquête. Des petites mains du trafic sont identifiées, mais aussi un personnage qui se trouve en prison et qui purge actuellement une peine de prison pour un trafic de drogue. Les commerçants, eux, semblent au cœur du système.

6 mois d'enquête pour les gendarmes

Après six mois d'enquête, les arrestations sont programmées ce lundi 17 mai au matin. 9 interpellations et des perquisitions fructueuses et hors normes, avec notamment la somme saisie de plus d'un million d'euros dans le tabac nîmois. Une saisie record qui sera même saluée au niveau national par le ministre de l'Intérieur. Difficile de connaître pour l'instant le mode opératoire réel de ce blanchiment. Pour cause : les principaux protagonistes nient. "L' hypothèse du blanchiment par le biais des paris sportifs est envisagée", selon la procureure Gensac. Mais aussi du blanchiment par l'intermédiaire des cartes PCS : il s'agit de cartes bancaires rechargeables qui permettent de retirer de l'argent aux distributeurs sans justifier d'un compte ou de revenus. Un système confidentiel qui est utilisé par les trafiquants.

9 mis en cause et des mandats de dépôt

Ce jeudi soir, les présentations devant le juge d'instruction n'étaient pas terminées. Les neuf sont mis en examen pour des infractions de trafic de drogue et de blanchiment. Trois ont été placés sous contrôle judiciaire. Pour quatre, qui sont plus impliqués, il a été décidé des mandats de dépôt, y compris pour l'homme déjà incarcéré dans une prison du sud de la France. Le couple de commerçants est mis en examen et un juge des libertés et de la détention doit décider ce jeudi soir s'il suit les réquisitions du parquet réclamant la détention provisoire de ce couple qui vaut un million...

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