Dès le passage de la porte, la fraîcheur, le sourire de la gérante, les sensations printanières donnent un coup de fouet. Entre deux préparations de bouquet et réception, Soline, gérante des Fleurs de Tïa, conseille et guide les amateurs de nature, de fleurs et plantes vertes. Elle les oriente vers ses fleurs en provenance du Var et du Gard, de saison et sans pesticides, afin de limiter l’impact écologique et garantir une qualité optimale : "Mes fleurs sont coupées et arrivent le lendemain chez mon fournisseur. Je les récupère directement là-bas. Il y a donc une semaine de transport que vous n'avez pas à l'arrivée en boutique, que vous avez en fraîcheur chez vous", avance la fleuriste depuis 18 ans. Son enseigne, à l'angle des rues du 19 mars 1962 et de la République, tient son nom de sa fille Tïa.
Un parcours ancré dans la terre et la création
"Fille de la nature", passée par le maraîchage et la viticulture, Soline a commencé son parcours par un CAP Fleuriste aux Buttes-Chaumont à Paris. "J’ai toujours eu les mains dans la terre, j'adore ça, j'ai du mal à rester en intérieur. Pendant mes études, je transportais mes plantes durant 1h30 dans le RER A pour les ramener chez moi et les offrir !, se souvient celle qui accumule les médailles régionales et départementales. Je sélectionne moi-même mes fleurs et plantes, sans passer par des livraisons de grossistes. J'ai donc voulu créer ma propre boutique car je n'en pouvais plus des plantes importées. Quand on fait importer de la fleur, il n'y a aucune norme. On ne peut plus faire le métier comme avant, au niveau de l’écologie, au niveau de l’import et des normes."
Son mantra : proposer des végétaux acclimatés à la région et résistants. "Je ne me fais jamais livrer, j'y vais toujours moi-même pour mieux sélectionner et privilégier la qualité à la quantité. Je propose aussi un accompagnement pour les créations de jardin et crée des structures sur bois pour grand décor", ajoute la gérante.
Un commerce solidaire et humain
Installée aux Halles de l’Abbaye depuis leur ouverture le 28 juin, la Parisienne d'origine insiste sur l’importance du contact humain, qu'elle ne veut "pas perdre" : "J’aurais pu m'installer sur la rocade, mais ce n’aurait pas été pareil. Les gens qui viennent au marché cherchent plus de la qualité et du conseil. Je dis toujours d’où viennent mes fleurs, même si parfois, en hiver, j’ai recours à des importations comme des amaryllis des Pays-Bas. Je l'explique, je le notifie en toute transparence."
Un "pari" en plein bourgeonnement
Pour elle, la qualité prime, et le marché d’Alès est l’occasion de rencontrer une clientèle en quête de produits locaux et durables. Le troisième marché aux fleurs de ce samedi 18 avril, de 7h à 14h, permettra de rassembler pépiniéristes, horticulteurs et professionnels du végétal aux Halles de l'Abbaye.
Malgré les difficultés financières inhérentes à tout nouveau commerce, Soline reste optimiste. "C’est un pari gagné, même si c’est dur de se dégager un salaire. Mais c’est la norme pour les métiers de création. Avec tous les étaliers, on est très solidaires. On travaille tous ensemble."