"De la différence naissent des choses plus grandes." Tel est le mantra avec lequel Christophe Rivenq, président d'Alès Agglo et maire d'Alès reconduit, aborde ce nouveau mandat à la tête de la cinquième intercommunalité de l'Occitanie. Réélu avec 101 des 112 voix du conseil communautaire (90 %), le président sortant devra faire avec des élus de 71 communes, issus de sa sensibilité politique, mais aussi d'historiques communistes cévenols, et désormais d'élus RN à Alès et DVD à Saint-Martin-de-Valgalgues et Saint-Hilaire-de-Brethmas.
"Notre intercommunalité est sans pareil, loin des grands machins, comme à Toulouse ou Marseille. Chaque commune a sa voix et son importance. L'agglomération est une collectivité de solidarité, d'accompagnement des communes. À chaque obstacle, on se réunit et on trouve une solution, c'est ma fierté, notre fierté, ce pourquoi nous sommes montrés en exemple", a avancé le président réélu.
"Des convictions complémentaires, mais différentes"
Dix ans après le passage de 50 à 72 communes, permis par le ralliement des communautés de communes Pays Grand'Combien, Vivre en Cévennes et Hautes Cévennes, ce conseil a aussi été celui de la fermeture d'un chapitre, voire d'un livre d'Alès Agglo, puisque Patrick Malavieille n'y siège plus et Max Roustan est dorénavant conseiller communautaire.
Christophe Rivenq s'attend à un "mandat exigeant, avec un océan de problèmes financiers et techniques" et appelle donc à "montrer que nous sommes plus intelligents que les hauts fonctionnaires et parlementaires parisiens qui ne pensent qu'aux intérêts des partis." Il ajoute : "Nous avons des convictions complémentaires, mais différentes. De la différence naissent des choses plus grandes, on peut évoluer et dépasser ses propres convictions personnelles. À aucun moment, il n'a été question de convictions des uns et des autres. L'aménagement du territoire n'est ni de gauche ni de droite. La gestion des ordures ménagères, l'autosuffisance alimentaire, le projet culturel de territoire, la qualité de l'habitat, l'assainissement et le traitement de l'eau non plus."
Les clivages politiques se font déjà sentir
À la surprise de beaucoup, tant le scrutin était joué d'avance, le groupe Rassemblés pour Alès a présenté une candidature en la personne de Jenny-Rose Guerchoux. Cette dernière a récolté neuf voix et justifie : "Près d'un Alésien sur deux (44,54 %) a porté son choix sur notre liste. Nous voulons contrer les années de connivence avec le communisme et l'extrême gauche, mais aussi faire évoluer les gestions de l'eau et des déchets." Une manière aussi pour le groupe RN de compter les soutiens qu'ils comptent dans cette salle de l'Atome.
Sylvain André, maire communiste de Cendras et président de l'Association des maires ruraux du Gard lui répond : "Je connais l'engagement de proximité sans faille pour nos communes dont ont fait preuve Max Roustan et Christophe Rivenq depuis des années, face au repli sur soi d'un certain nombre de citoyens et mouvements politiques, mais aussi face au dérèglement climatique, au manque de médecins, aux crises énergétique, agricole et de démocratie. Même si les élus locaux restent les plus respectés par les électeurs, beaucoup de ces problèmes relèvent malheureusement d'enjeux nationaux et internationaux." Il en profite pour "saluer le courage politique des deux listes de gauche alésiennes qui ont évité l'arrivée de l'extrême droite, avec qui nous n'aurions pas pu travailler tant nos visions sont opposées".
Est alors venu le temps d'élire les 15 vice-présidents (voir plus bas) et 59 membres du bureau communautaire. Un exercice d'équilibriste pour contenter tout le monde et représenter équitablement le territoire. Trois collaborateurs de cabinet ont aussi été autorisés, alors que sept étaient permis par la loi. Les indemnités des présidents et vice-présidents ont aussi été baissées afin de rémunérer les membres du bureau communautaire, car "tout travail mérite salaire". Vingt-quatre commissions permanentes seront créées et votées lors du prochain conseil communautaire, le 15 avril prochain.
Vice-présidents :
- 1e vice-présidente : Valérie Meunier, cheffe de l'opposition au conseil départemental et conseillère communautaire depuis 1995
- 2ᵉ vice-président : Sylvain André, maire de Cendras et président de l'Association des Maires Ruraux du Gard
- 3ᵉ vice-président : Jean-Charles Bénézet, maire de Saint-Christol-lez-Alès et conseiller départemental
- 4ᵉ vice-présidente Méryl-Frizon Debierre, conseillère municipale d'Alès
- 5ᵉ vice-président : Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux et président de l'Association des Maires du Gard
- 6ᵉ vice-présidente : Aurélie Genolher, maire de Massillargues-Attuech et conseillère régionale
- 7ᵉ vice-président : Claude Cerpedes, maire de Saint-Martin-de-Valgalgues
- 8ᵉ vice-présidente : Pascale Eugène, maire de La Grand-Combe
- 9ᵉ vice-président : Ghislain Chassary, maire de Rousson
- 10ᵉ vice-présidente : Marie-Christine Peyric, ancienne adjointe d'Alès et conseillère départementale
- 11ᵉ vice-président : Thierry Bazalgette, maire de Bagard
- 12ᵉ vice-présidente : Nathalie Montoro Teissier, maire de Méjannes-les-Alès
- 13ᵉ vice-président : Jean-Claude Rouillon, conseiller municipal d'Alès
- 14ᵉ vice-président : Christophe Bougarel, maire de Castelnau-Valence
- 15ᵉ vice-président : Pierre Aiguillon, maire de Saint-Jean-du-Gard