Au lendemain de la décision du tribunal administratif donnant raison à la ville d'Arles dans le litige qui l'oppose à l'Union locale CGT concernant l'occupation de la Bourse du Travail, le groupe d'opposition L'Union pour Arles réagit à son tour. Dans un communiqué, les élus disent prendre acte de la décision de justice, tout en contestant l'interprétation qu'en fait le maire, Patrick de Carolis.
Selon eux, « cette décision tranche un litige juridique entre la Ville d'Arles et l'Union locale CGT. Elle ne constitue pas une validation du choix politique de Patrick de Carolis. » Ils estiment également que le tribunal administratif « ne s'est pas prononcé sur l'opportunité de cette décision » et qu'il a uniquement statué sur le différend juridique qui lui était soumis.
« Le débat politique demeure entier »
Pour les élus de l'opposition, l'expulsion de la CGT de la Bourse du Travail reste avant tout une décision politique. Ils rappellent avoir dénoncé ce projet dès 2023, considérant que la Bourse du Travail constitue « un lieu chargé de plus d'un siècle d'histoire ouvrière, de solidarité, de dialogue social et de conquêtes démocratiques ». Ils affirment également que l'installation du futur office de tourisme n'imposait pas, selon eux, le départ de l'Union locale CGT et que d'autres solutions étaient envisageables.
Le groupe accuse par ailleurs Patrick de Carolis d'avoir privilégié « le rapport de force » plutôt que le dialogue et estime que le maire cherche aujourd'hui à transformer une décision de justice en validation de son choix politique.
Une comparaison avec la période de Vichy
Dans leur communiqué, les élus soulignent le caractère exceptionnel de cette expulsion. Ils rappellent que, selon eux, « le dernier précédent remonte à la période du régime de Vichy, lorsque les organisations syndicales furent privées de leurs libertés et de leurs lieux d'expression ».
Ils mettent également en avant le contexte national, alors qu'une mission gouvernementale travaille actuellement sur la sécurisation des locaux syndicaux et la sanctuarisation des Bourses du Travail. Ils rappellent aussi qu'une déclaration commune des cinq principales organisations syndicales appelle à garantir durablement ces lieux.
« Un choix dangereux pour notre démocratie »
Enfin, L'Union pour Arles estime que cette décision municipale s'inscrit dans un mouvement plus large de remise en cause des lieux historiques du dialogue social observé, selon eux, dans certaines municipalités de droite et d'extrême droite.
Les élus concluent en dénonçant « un choix dangereux pour notre démocratie », qu'ils jugent contraire à leur conception de la République, du dialogue social et du respect de l'histoire ouvrière arlésienne.
Pour rappel, le tribunal administratif a confirmé la légalité des décisions prises par la Ville d'Arles et considéré que l'Union locale CGT occupait les locaux de la Bourse du Travail sans droit ni titre depuis mars 2024. La juridiction a ordonné la libération des lieux sous-astreinte, estimant par ailleurs que la municipalité avait proposé des solutions de relogement permettant d'assurer la continuité de l'activité syndicale. La Ville souhaite désormais poursuivre son projet d'aménagement du futur office de tourisme dans le bâtiment.