Le niveau de délinquance générale, toutes catégories de crimes et délits confondues, a diminué de 3,41 % dans l’arrondissement, soit 400 faits en moins par rapport à l’année précédente. "Comme dans le département des Bouches-du-Rhône et conformément à la tendance nationale, on observe une baisse des atteintes aux biens, sur l'arrondissement", précise la sous-préfète d’Arles. Les chiffres relatifs aux cambriolages atteignent leur niveau le plus bas depuis plusieurs années, avec 1 066 faits, soit une diminution de 19 % par rapport à 2024. Les vols de véhicule sont également en recul de 26 %. Le résultat pour la représentante de l’État d’"une action déterminée de la police et de la gendarmerie, en complémentarité, ainsi que des mesures administratives et judiciaires."
À l’inverse et de manière plus spectaculaire, les atteintes aux personnes sont en hausse avec 114 faits supplémentaires constatés. Les faits de violences aux personnes, essentiellement des coups et blessures, ont légèrement baissé, toutefois, les violences à caractère sexuel ont fortement augmenté. 275 faits contre 199 en 2024, soit +38 %. Une progression qui pourrait en partie s’expliquer par une libération de la parole des victimes, encouragée par un accompagnement renforcé, et une meilleure reconnaissance juridique des infractions. "Malheureusement, ajoute-t-elle, ce que l’on peut constater, c’est que ces violences sont majoritairement les résultantes de comportements désinhibés sous fond d’alcool ou de stupéfiants et autres produits."
Sur le plan judiciaire, le procureur de la République, Laurent Gumbau, a quant à lui fait état de 1 427 personnes mises en cause sur le grand Arles (zones police et gendarmerie). "On a estimé qu'on pouvait envisager des poursuites contre 1 050. 294 ont fait l’objet d’une alternative aux poursuites, 22 ont fait l’objet d’un classement en opportunité des poursuites. Ce qui nous donne un taux de réponse pénale s’agissant des auteurs sur le grand Arles de 97,9 %. On a engagé des poursuites contre 734 personnes, dont une soixantaine de mineurs", détaille le représentant du ministère public. Les faits concernent principalement des violences et du trafic de stupéfiants.
La lutte contre le trafic de stupéfiants
La criminalité liée aux stupéfiants est un autre défi majeur pour l’arrondissement. La loi du 13 juin 2025, visant à "sortir la France du piège du narcotrafic", a été appliquée localement dès sa publication. Elle permet à l’autorité administrative d’utiliser de nouveaux leviers, comme les interdictions administratives de paraître sur certains lieux liés au trafic de stupéfiants ou les expulsions de logements liés à la délinquance. Le procureur évoque « un équilibre indispensable » entre l’usage des leviers administratifs offerts par la loi et la préservation du secret de l’enquête. Un circuit d’échanges direct a été mis en place entre le parquet et la sous-préfecture afin de sécuriser juridiquement les arrêtés sans compromettre les investigations.
En 2025, deux procédures d’expulsion et la fermeture d’un établissement ont ainsi été menées à Arles. Trois réseaux ont été démantelés sur l’arrondissement et plus d’un million et demi d’euros d’avoirs criminels ont été saisis. "Toutefois, la violence liée à ces trafics reste prégnante. On a comptabilisé notamment deux homicides en 2025, possiblement liés au narcotrafic", indique la sous-préfète.
Les modes opératoires évoluent. Les forces de l’ordre ont dû adapter leurs méthodes. Les points de vente traditionnels diminuent, remplacés par des transactions plus dissimulées, souvent via des livraisons à domicile coordonnées par les réseaux sociaux. Deux individus ont été interpellés cette semaine par les policiers, qui se livraient justement à ce type de trafic en centre-ville. "Ça a nécessité pas mal d’investigations pour caractériser les ventes, pour bien asseoir la procédure et faire en sorte qu’on puisse amener des éléments intéressants au Parquet", précise le commissaire François Toulouse. Près de deux kilos de résine de cannabis ainsi que 66g de coke, 150g d’herbe et 25 000 euros en espèces ont été saisis au domicile d’un des individus. "C’est une belle opération en ce qui nous concerne, commente le commissaire Toulouse. Mais effectivement ça demande plus de temps que d’observer des actions au pied d’un immeuble, même si ce n’est pas simple non plus."
"Avant, il suffisait de cibler un point de vente"
"Avant, il suffisait de cibler un point de vente. Aujourd’hui, nous devons travailler sur les consommateurs pour aller chercher les livreurs et les fournisseurs", complète le lieutenant-colonel Sylvain Guilhon, commandant de la compagnie de gendarmerie d'Arles. Ce dernier a créé une cellule d'appui de lutte anti-stupéfiants en fin d’année 2025, basée à Arles et composée d’officiers de police judiciaire de plusieurs unités, afin "de donner un coup de pouce particulier et un coup d’accélérateur à des procédures visant à démanteler des réseaux de narcolivraison." Après six mois d'enquête, une importante opération menée dans les alentours de Châteaurenard a permis de démanteler un réseau de narcolivraison à la fin du mois de janvier. Cinq personnes ont été interpellées. Présentées à la justice, dans le cadre d’une comparution immédiate, certaines d’entre elles ont été condamnées à deux ans de prison, dont un avec sursis.
Pour 2026, les opérations coordonnées - comme celles menées l'an passé dans des épiceries, barber-shop, garages qui ont conduit à des interpellations, notamment de personnes étrangères en situation irrégulière, à différentes procédures pour travail dissimulé ou encore entraîné des fermetures administratives - se poursuivront. La lutte contre la consommation de stupéfiants, avec une attention particulière portée à la prévention des conduites addictives chez les mineurs, sera renforcée.