"Ce milieu n’est connu qu’en surface, en tout cas par ceux qui n'en font pas partie." Faire découvrir la course camarguaise de l’intérieur, au-delà des gradins et des idées reçues, c’est le pari d’Aslan, 20 ans, et de Marie, 24 ans, cofondateurs d’Arènes de Cœur. Un projet mûrit depuis plus d'un an, nourri par la passion. Celle d'Aslan, d'abord. Pourtant rien ne le prédestinait à cet univers. "Ma famille n’est pas du tout dedans. Mais un jour, lors d'un encierro à Beaucaire, un taureau a frappé très fort contre une barrière derrière laquelle j'étais. J’ai ressenti quelque chose de puissant." Une adrénaline, bien plus que de la peur, et immédiatement un besoin d'en savoir plus sur la bouvine. À partir de là, il cherche, lit, regarde, apprend sur la toile, dans les livres notamment de Jacky Siméon.
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"Adolescent, quand mes copains rêvaient d'être footballeurs, moi je rêvais d'être raseteur", confie-t-il. Le Beaucairois s'inscrit à l'école de raseteurs gresouillaise (Saint-Étienne-du-Grès) où il restera trois années avant d'arrêter, rien à voir avec les ligaments croisés, la raison était professionnelle. Mais il a repris cette année, à l'école de raseteurs d'Arles. Marie, elle, découvre cet univers plus tardivement. "Je ne connaissais pas du tout. C’est Aslan qui m’a fait entrer dans ce monde." Une immersion rapide, marquante, qui donne naissance à une évidence commune : rendre cet univers accessible. "Quand on ne connaît pas, on peut facilement critiquer, juger. Nous, on veut montrer, expliquer, faire vivre."
Le concept d’Arènes de Cœur repose sur cette immersion. Trois formules sont proposées pour vivre la course de l’intérieur. Accès aux coulisses, entrée sur la piste, initiation au raset, rencontres avec des manadiers, des raseteurs (Belka Benhammou, Kylian Champetier, Théo Geoffray, entre autres)… "L’idée, c’est que les gens ne soient plus seulement spectateurs, insiste Aslan. Discuter avec un raseteur, comprendre son parcours, ses doutes, ses motivations… c’est ça qui marque."
Pour construire son projet, le duo - accompagné de Morad Balti et Lilie Lambert - s’appuie sur un réseau local déjà bien ancré qui, au-delà de l'aspect humain, leur a ouvert les portes de belles arènes. Lesquelles ? Marie et Aslan le révèleront dès lundi sur leurs réseaux sociaux. Au-delà de l’expérience terrain, ces deux-là veulent aussi moderniser l’image de la discipline. "Il faut garder les traditions, elles sont essentielles. Mais il faut aussi les faire vivre avec les outils d’aujourd’hui pour toucher un public plus large."
Le concept se veut accessible à tous, aux touristes, curieux, amateurs ou passionnés. Les groupes sont volontairement restreints, une dizaine de personnes maximum, pour préserver la qualité des échanges et l’accès aux coulisses. "On s’adapte aussi aux entreprises ou aux groupes plus importants, mais toujours en gardant cette proximité." À plus long terme, Arènes de Cœur pourrait élargir son offre, notamment avec des visites dans des manades.
*Entre 75 et 150 euros par personne, les formules incluent l’ensemble de l’expérience. Plus d'informations sur www.arenesdecoeur.fr ou www.instagram.com/arenesdecoeur.