Avec le temps… Après les municipales, le curseur a bougé. Et particulièrement dans le Gard, où les enseignements du scrutin sont nombreux. La victoire de la gauche à Nîmes, capitale du département, agit presque comme un écran de fumée masquant une réalité plus vaste. Car derrière ce symbole fort, beaucoup voient déjà dans la défaite d’hier les prémices d’une victoire éclatante demain. À la lecture des résultats du premier tour, difficile de balayer cette analyse d’un revers de main. Pour certains, l’élection de Vincent Bouget relève davantage de l’accident électoral que du basculement durable. Si la droite avait réussi à s’entendre. Si, au second tour, une alliance avec l’extrême droite avait été scellée. Alors il y a fort à parier que le maire de Nîmes s’appellerait aujourd’hui Julien Sanchez ou Franck Proust. Mais l’histoire politique ne s’écrit jamais avec des hypothèses. Elle se construit sur les rapports de force du moment. Et ceux-ci ont placé la gauche au pouvoir pour sept ans. Sept années pour convaincre qu’une autre voie est possible. Sept années pour transformer un succès électoral en ancrage politique. La tâche est immense. Et les premières semaines d’exercice laissent encore beaucoup d’interrogations. Il y a bien quelques marqueurs. L’opération de communication « Bonjour Nîmes », organisée dans plusieurs quartiers, traduit une volonté d’écoute et de proximité. La nouvelle majorité cherche aussi à ne fermer aucune porte, évitant de caricaturer l’action des prédécesseurs et multipliant les rencontres avec les acteurs économiques locaux. Une posture d’apaisement assumée. Mais déjà, les premiers accrocs apparaissent. L’épisode tendu avec les cafetiers et commerçants en est l’illustration la plus visible. Et surtout, un rappel brutal : gérer une ville comme Nîmes ne ressemble ni à la conduite d’une Région, ni à celle d’un Conseil départemental. Dans une grande ville, le temps long n’existe pas. Les urgences surgissent chaque matin. Et les mécontentements effacent souvent les réussites. Le pouvoir municipal est un exercice d’endurance autant que de réactivité. Cette inexpérience du pouvoir local peut pourtant devenir une force pour Vincent Bouget. À condition de savoir l’assumer. Jusqu’ici, le nouveau maire semble avoir compris qu’en politique municipale, laisser une situation se dégrader revient souvent à perdre la main. Sa méthode, celle qui l’a conduit à la victoire, demeure intacte : écouter, arbitrer, décider. Et apprendre vite. Très vite. Car les pièges du pouvoir local sont nombreux. Certains s’y enferment seuls. D’autres savent les contourner. Vincent Bouget peut d’ailleurs observer plusieurs exemples régionaux. À Alès, Christophe Rivenq a longtemps appris auprès de Max Roustan l’art de trancher sans fracturer durablement la ville, hormis avec les oppositions irréductibles. À Lunel, Paulette Gougeon a elle aussi traversé des débuts difficiles avant de réussir à imposer sa vision et convaincre qu’elle s’inscrivait dans le temps long. Et puis il y a le cas Patrick de Carolis à Arles. Élu contre toute attente en 2020, fragilisé, contesté, parfois violemment attaqué, y compris sur le terrain judiciaire, il a finalement réduit ses opposants au silence grâce à une réélection confortable. Comme quoi, en politique locale, les premiers mois ne disent jamais toute l’histoire d’un mandat. Vincent Bouget entre désormais dans cette zone de turbulence où se forgent les trajectoires politiques durables. Pour espérer installer son pouvoir, il devra accepter d’être contesté, parfois durement, sans perdre le cap. En politique municipale, il faut souvent se préparer au pire pour espérer obtenir le meilleur.
C'est du chinois. Mardi dernier, à l’heure du déjeuner, Vincent Bouget faisait face à une centaine de chefs d’entreprise réunis par le Nîmes-Gard Business Club. Le maire de Nîmes partageait notamment sa table avec Éric Giraudier, président de la CCI du Gard et partenaire premium du club. Durant cet échange à bâtons rompus, l’édile communiste a tenté de rassurer les dirigeants nîmois sur sa vision économique et ses intentions pour la ville. Dans son argumentaire, il a rappelé que les communistes dirigent aujourd’hui plusieurs grandes puissances mondiales… avant de citer en exemple le régime chinois. Un silence un brin surpris s’est alors installé dans la salle. Sentant l’effet produit, Vincent Bouget a rapidement rectifié le tir avec une pirouette dont il a le secret. De quoi arracher quelques sourires soulagés parmi les convives. Ouf : Nîmes ne devrait finalement pas devenir une succursale de l’Empire du Milieu. Tous les modèles ne sont manifestement pas bons à importer.
Touche pas à mon pote… Cette semaine, dans les colonnes d’Objectif Gard, Joseph Pronesti a officialisé son intention de briguer l’investiture socialiste pour les prochaines sénatoriales. Une entrée en campagne remarquée… mais pas forcément du goût de tout le monde à gauche. En rendant hommage au sénateur LR Laurent Burgoa tout en égratignant Denis Bouad, sénateur socialiste sortant qui a choisi de ne pas repartir au combat, le patron de la Banque alimentaire du Gard a visiblement heurté plusieurs sensibilités socialistes. Parmi elles, celle de Fabrice Verdier. Fidèle lecteur de notre journal et lui aussi candidat à la candidature pour le Palais du Luxembourg, le président du Pays d’Uzès aurait très peu goûté cette sortie médiatique. Au point de décrocher son téléphone pour faire part directement de son agacement à Joseph Pronesti. « Fabrice Verdier est très agacé et déçu des propos de Pronesti contre Denis Bouad. D’autant que le sénateur n’a pas démérité, loin de là », confie un proche de l’Uzétien. Au-delà du simple désaccord politique, le sujet touche aussi à l’affectif. Fabrice Verdier et Denis Bouad entretiennent depuis de longues années une relation d’amitié solide, forgée au fil des combats politiques gardois. Dans cette pré-campagne sénatoriale, certains coups semblent décidément porter plus loin que prévu.
Plantier l'Avignonnais ? On le disait déjà la semaine dernière : depuis sa défaite du 22 mars, Julien Plantier s’est fait particulièrement discret. Aperçu au conseil municipal d’installation puis à celui de l’Agglomération, l’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y aurait surtout participé par devoir plus que par conviction. « Il accuse le coup. C’est très dur de perdre une élection quand on considère que son destin est écrit. Désormais, il va lui falloir prendre du recul quelques années avant de mieux revenir », souffle l’un de ses fidèles. Mais certains amis n’ont pas oublié l’ex-candidat battu. Parmi eux, Christophe Madalle, désormais directeur de cabinet du maire d’Avignon. Ce dernier aurait récemment proposé à Julien Plantier de rejoindre la cité des papes pour occuper un poste de directeur général adjoint des services. « Julien Plantier n’a pas encore donné sa réponse définitive. Il mesure le risque de s’éloigner de Nîmes mais aujourd’hui, il n’a pas des millions de propositions sur la table et doit continuer à vivre… », glisse un proche du dossier. Même en cas de départ pour Avignon, l’ancien bras droit de Jean-Paul Fournier ne semble toutefois pas prêt à tourner définitivement la page nîmoise. Notre petit doigt nous dit que Julien Plantier garde déjà un œil attentif sur les prochaines élections départementales dans le Gard, prévues dans un peu moins de deux ans.
Foire d'empoigne politique. La simple publication d’une photo aura suffi à remettre la machine politique locale en route. Jeudi dernier, Objectif Gard immortalisait Éric Giraudier à la foire de Beaucaire. Et aussitôt l’article en ligne, les commentaires se sont multipliés dans les états-majors gardois. « Tout le monde sait que le président de la CCI a fait campagne pour Julien Sanchez à Nîmes lors des municipales. Il était au premier rang du meeting de Jordan Bardella pendant la campagne. Il faut être sur une autre planète pour ne pas l’avoir compris », glisse un acteur politique de premier plan. Contacté par notre rédaction, Éric Giraudier préfère lui jouer la carte de la légèreté. « Chaque année, je m’y rends. C’est une foire importante d’un point de vue économique et cette année, il y avait encore plus de monde… C’est une belle réussite », assure le président de la CCI du Gard. En coulisses pourtant, à l’Hôtel de Ville, certains observent ses mouvements avec beaucoup d’attention. « Il sera l’un de nos adversaires dans les prochaines années. Et même dès septembre, où il est allé chercher l’investiture RN auprès de Bardella à Beaucaire… Éric Giraudier joue un jeu dangereux. Il devra faire sans la Ville et l’Agglo pour les prochaines élections de la CCI », prévient une source municipale. Une menace qui ne semble pas troubler outre mesure l’intéressé, déjà lancé dans la préparation de sa succession à la tête de la chambre consulaire. « Il a déjà beaucoup de soutiens et, après la présidentielle et les législatives, le paysage politique en France aura changé. Les Républicains seront morts et le Rassemblement national sera la nouvelle incarnation de la droite », veut croire un proche d’Éric Giraudier.
Copains d'avant. Les municipales à peine digérées, les vieux réseaux recommencent déjà à se reformer. Et les anciens compagnons de route de Jean-Paul Fournier semblent décidés à entretenir la flamme. Malgré les blessures de campagne et les départs vers le Rassemblement national de certaines de ses fidèles, l’ancien maire de Nîmes ne paraît pas nourrir de rancune tenace. Dernière illustration en date : un déjeuner organisé à la Maison Albar-Impérator à l’initiative de Chantal Barbusse et Catherine Jehanno, deux anciennes proches passées depuis dans l’orbite RN. Une invitation à laquelle Jean-Paul Fournier a répondu avec plaisir. Autour de la table figuraient également plusieurs figures historiques du système Fournier : Frédéric Pastor, Mary Bourgade, Daniel Jean-Valade ou encore Frédéric Escojido. Une réunion d’anciens combattants aux airs de retrouvailles nostalgiques, entre souvenirs de mandats passés et commentaires beaucoup moins tendres sur la dernière campagne municipale. « Sa campagne a été calamiteuse. S’il avait accepté de s’unir avec Julien Sanchez, nous n’en serions pas là », lâche l’un des convives à propos de Franck Proust. Et certains regardent déjà plus loin. Très loin même. « Si le recours du Rassemblement national est validé et que les élections sont annulées, on ira tous sur la liste du RN sans difficulté », assure un participant au déjeuner. Comme quoi, en politique, les fidélités d’hier peuvent parfois céder bien vite devant les perspectives de demain.
Nul n’est prophète en son pays. C’est passé presque inaperçu. Sauf pour notre rubrique dominicale. Après la défaite de Franck Proust aux municipales nîmoises, rares ont été les soutiens à afficher publiquement un mot pour l’ancien président de Nîmes Métropole. Comme si, au soir de l’échec, une partie de son entourage politique avait préféré tourner rapidement la page. Mais c’est de l’autre côté de la Méditerranée que la mémoire, elle, n’a pas vacillé. Karim Sène, maire de Fimela au Sénégal, a publié sur Facebook un long message de remerciement adressé à l’ancien candidat de la droite nîmoise. « Je voudrais surtout saluer l’engagement et le travail remarquable de M. Franck Proust durant son mandat à la tête de Nîmes Métropole. La coopération entre Nîmes Métropole et Fimela restera une expérience riche et bénéfique pour notre commune. Nos nombreux échanges témoignent de votre attachement profond à la commune de Fimela. Vous avez beaucoup apporté à nos populations. Les appuis reçus en ambulances, bus scolaires, bourses d’études pour la jeunesse, renforcement des capacités ont eu un impact réel et durable. Cette collaboration illustre parfaitement les valeurs de solidarité et de partenariat entre territoires. Avec toute notre reconnaissance, nous vous souhaitons le meilleur pour la suite de votre engagement au service de l’intérêt général. » Un hommage qui a peut-être touché l’intéressé plus qu’il n’y paraît. Selon nos informations, Franck Proust séjourne actuellement au Sénégal pour plusieurs semaines. Une parenthèse loin du tumulte politique nîmois… et loin aussi de la feria de Pentecôte qu’il devrait manquer intégralement. Une première depuis plus de dix ans.
Le requiem du conservatoire ? Le projet du futur conservatoire de Nîmes semble désormais sérieusement compromis depuis l’arrivée de Vincent Bouget à l’Hôtel de Ville. Porté par Jean-Paul Fournier dans ses dernières années de mandat, ce vaste équipement culturel devait prendre place sur l’ancien site des Carmes après sa réhabilitation. L’ambition affichée était claire : réunir musique, danse et théâtre dans un même ensemble moderne au cœur de la ville. Imaginé par l’architecte Rudy Ricciotti, le projet prévoyait notamment un auditorium, des salles de répétition et plusieurs espaces ouverts au public. Un chantier évalué à près de 30 millions d’euros, pensé aussi comme un levier de revitalisation du centre historique autour de la Porte Auguste, avec une livraison espérée à l’horizon 2029. Mais en coulisses, le dossier aurait désormais du plomb dans l’aile. Et Vincent Bouget compterait bien le faire comprendre directement à l’architecte marseillais. Selon nos informations, Rudy Ricciotti est attendu le week-end prochain à Nîmes pour assister à une corrida aux côtés du nouveau maire. Une attention délicate… même si les mauvaises nouvelles passent parfois mieux dans les travées des arènes.
Monique Boissière brouille les lignes. Longtemps considérée comme l’une des plus fidèles soutiens de Jean-Paul Fournier, Monique Boissière avait surpris son monde pendant la campagne municipale en quittant le camp de l’ancien maire pour rejoindre celui du Rassemblement national. Désormais élue d’opposition au conseil municipal de Nîmes dans les rangs du RN, l’ancienne commandante de l’armée française continue toutefois d’interroger jusque dans son propre camp. Dimanche dernier, sa présence à la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions n’est pas passée inaperçue. Pour la première fois, la Ville de Nîmes organisait cette cérémonie devant l’Hôtel de Ville, avec notamment la lecture d’un texte d’Aimé Césaire. Une participation qui a surpris plusieurs observateurs de la vie politique locale. « Commandante retraitée de l’armée française, Monique Boissière est loin des valeurs de l’extrême droite. Mais difficile de savoir si elle regrette son choix ou si elle va poursuivre sa faute politique », glisse un élu de la majorité municipale. À Nîmes, certains se demandent déjà combien de temps cette ligne de crête restera tenable pour l’ancienne fidèle de Jean-Paul Fournier. Le temps politique, lui, finit souvent par apporter les réponses.
Ça pique... Le Grau-du-Roi, ses plages, son sable chaud… et ses moustiques. Comme chaque année, des campagnes de démoustication sont menées sur le littoral par l’EID Méditerranée, le syndicat mixte chargé de cette mission sensible pour les communes touristiques. Financé notamment par le Conseil départemental du Gard, l’organisme est aussi soutenu par plusieurs collectivités locales, dont Le Grau-du-Roi et La Grande-Motte. Jusqu’en 2022, la commune gardoise déboursait près de 450 000 euros par an avant que la facture ne soit ramenée à 350 000 euros. Mais le nouveau maire du Grau-du-Roi ne semble plus disposé à maintenir un tel niveau de participation. « Il l’a fait savoir à la présidente Françoise Laurent-Perrigot et va mettre le sujet sur la table d’un prochain conseil municipal », confie un proche du premier édile. Reste désormais une question : qui comblera le manque à gagner ? « Aujourd’hui, comme les pompiers pour tout le département, les moustiques sont partout. Il faut une contribution de toutes les communes du Gard. Sinon, comme ailleurs, c’est au Conseil départemental de payer », avance un observateur du dossier. En période de restrictions budgétaires, chacun cherche son responsable. Et dans le Gard, l’été venu, les moustiques ont décidément bon dos.
Même le Mojito du Prolé ne réconcilie pas la gauche. À Alès, la feria de l’Ascension n’aura pas suffi à recoller les morceaux à gauche. Pourtant, pendant cinq jours, près de 300 000 personnes ont envahi les rues de la ville dans une ambiance festive et populaire. Mais derrière les bodegas et les bandas, les fractures politiques demeurent bien réelles entre socialistes et communistes. Le Parti communiste avait pourtant tendu la main en conviant Basile Imbert et son équipe à son traditionnel pot de la fraternité organisé le jeudi 14 mai. Une invitation finalement déclinée par les socialistes. Un geste loin d’être anodin, un mois seulement après des élections municipales qui ont laissé une gauche alésienne plus divisée que jamais. Depuis le scrutin, les tensions restent palpables, même si elles semblent davantage assumées d’un côté que de l’autre. Entre rancœurs de campagne, divergences stratégiques et ambitions personnelles, le climat demeure glacial. Ce samedi toutefois, les communistes alésiens avaient un invité de marque à leurs côtés dans les allées de la feria : Vincent Bouget. Le nouveau maire de Nîmes, lui-même à la tête d’une majorité où siègent plusieurs socialistes, a partagé un moment avec les élus communistes cévenols. De là à imaginer l’édile nîmois jouer les médiateurs entre les deux familles de gauche alésiennes ? Certains y pensent déjà. Après tout, en politique comme dans les ferias, les réconciliations commencent parfois autour d’un verre.
Allô ? Depuis 2023, chaque mois de mai, le Collectif justice pour les victimes de la route organise à Bagnols-sur-Cèze une action symbolique autour de la sécurité routière : une grande table dressée avec autant de places que de victimes tuées sur les routes gardoises. Une manière forte de rappeler que derrière les statistiques se cachent des vies brisées et des familles endeuillées. Jusqu’ici, l’initiative bénéficiait du soutien de la mairie de Bagnols. Mais cette année, l’événement s’est finalement tenu à Pont-Saint-Esprit, dans le cadre d’une journée consacrée à la prévention routière organisée par la municipalité spiripontaine. « J’ai contacté la nouvelle mairie de Bagnols et je n’ai eu absolument aucune réponse. Je suis surpris car la prévention routière faisait partie de leurs priorités », regrette Bernard Couffin, organisateur de l’événement. Du côté du monde associatif bagnolais, certains commencent à s’interroger sur les orientations de la nouvelle municipalité RN. Il faut dire que l’enveloppe consacrée aux subventions aux associations passerait de 711 000 euros en 2025 à 465 000 euros cette année, soit une baisse de 34,6 %. À ce rythme-là, il risque d’y avoir encore beaucoup d’appels en absence.
La photo qui s'envole en fumée. On ne sait pas si le préfet du Gard apprécie les cigares. Mais lors d’un récent rendez-vous à la préfecture, il a tenu à nous glisser à l’oreille qu’il n’était absolument pas intervenu auprès d’un édile du département après la publication d’une photo où ce dernier apparaissait cigare au bec, à la terrasse de son hôtel de ville. Un cliché rapidement relayé sur les réseaux sociaux du maire concerné… avant de disparaître presque aussitôt. Coïncidence ? Sens du timing ? Mystère. Si le préfet n’est pour rien dans cette disparition numérique, alors peut-être faut-il y voir l’œuvre d’une discrète divinité républicaine. À moins qu’un autre maire, plus expérimenté, ait soufflé à son collègue qu’une recommandation présentée comme venant de la préfecture aurait sans doute davantage de poids que de simples conseils amicaux… Comme quoi, même à l’heure des réseaux sociaux et des élus “nouvelle génération”, les autorités décentralisées de l’État conservent encore quelques vertus dissuasives.
Le cœur de Delga fait Blum. Depuis jeudi dernier, Carole Delga a troqué quelques heures ses habits de présidente de Région pour ceux d’auteure. La patronne de l’Occitanie et des Régions de France vient de publier Quand Vichy jugeait Léon Blum, un ouvrage coécrit avec l’historienne Marie-Luce Nemo consacré au procès de Riom. Une tournée de présentation est déjà programmée à Montpellier, Toulouse, Narbonne, Rodez… et bien sûr Nîmes. Mais aussi à Paris, mardi 19 mai prochain, à la librairie des femmes dans le VIᵉ arrondissement. Pourquoi revenir aujourd’hui sur Léon Blum et le procès orchestré par le régime de Vichy ? « Parce que je crois profondément que l’Histoire peut nous aider à comprendre le présent. Et à ne pas renoncer. Car il n’y a pas de fatalité », explique Carole Delga. L’élue socialiste dit vouer une profonde admiration à l’ancien président du Conseil, saluant « son courage, sa hauteur de vue et sa sincérité. Dans une période traversée par la haine, l’antisémitisme, les mensonges et la montée des périls, il n’a jamais cédé. Il a répondu par la force des convictions, par l’intelligence et par la fidélité à ses valeurs ». Difficile de ne pas y voir un écho direct à l’époque actuelle. Carole Delga insiste d’ailleurs sur le fait qu’il « existe toujours un chemin de courage, de justice et d’optimisme ». Un message qu’elle pourra sans doute prolonger dès vendredi soir à Nîmes, où elle est attendue avant de goûter samedi à l’ambiance bien plus festive — et certainement moins studieuse — de la feria de Pentecôte.