Publié il y a 9 mois - Mise à jour le 16.08.2023 - Stéphanie Marin - 3 min  - vu 1827 fois

FAIT DU JOUR Autoconsommation collective : comme Le Cailar, Domazan veut en être

Amaury Pachurka, président-fondateur de la start-up gardoise, Sween, qui accompagne les collectivités, les particuliers et entreprises dans leur projet d'autoconsommation collective.

- Stéphanie Marin

Déjà opérationnelle au Cailar, l'autoconsommation collective s'étend un peu partout en France et notamment dans le Gard. Un projet de développement est en cours à Domazan, une convention a été signée ce mois-ci entre la commune, la société Sween et Enedis.  

Depuis 2018, 169 opérations d'autoconsommation collective ont été mises en service en France, pour 2 358 participants dont la moitié sont des collectivités, 40% des bailleurs sociaux. Ces chiffres avaient été communiqués par Sylvaine Cazal, directrice territoriale du Gard chez Enedis, lors de sa visite à Domazan au mois de mars. Visite lors de laquelle elle avait apposé sa signature, juste à côté de celles du maire du village, Louis Donnet et d'Amaury Pachurka, président-fondateur de la start-up gardoise, Sween - elle développe et opère des projets clés en main d’autoconsommation collective, mobilité partagée, smart charging, V2G, services au réseau et micro-grids pour l’immobilier, les collectivités, l’industrie et les particuliers - pour les besoins d'une convention pour l'autoconsommation collective ciblant du patrimoine communal : le foyer, la mairie et la médiathèque. 

Une convention signée pour permettre le développement de l'autoconsommation collective sur la commune de Domazan.  • Stéphanie Marin

Rebelote, le trio s'est retrouvé sur les terres domazannaises, à la mi-juillet. Louis Donnet avait fait part de son souhait d'étendre l'initiative de la municipalité à ses administrés. C'est désormais chose faite, en tout cas la première étape, celle d'une nouvelle signature de convention, a été actée. Reste à trouver des producteurs d'électricité volontaires et désireux d'adhérer à l'association, laquelle une fois créée, permettra de lancer officiellement l'opération d'autoconsommation collective entre particuliers, entrepreneurs ou artisans. C'est-à-dire de produire, consommer, échanger, se racheter, se revendre de l’électricité sur une maille locale, soit sur une distance de 2km, jusqu’à 20km avec des dérogations ministérielles. C'est en ce sens qu'une réunion publique a été organisée dans le foyer communal, suivie par une trentaine de personnes.

Une trentaine de personnes a participé le 10 juillet dernier à la réunion publique organisée à Domazan sur le thème de l'autoconsommation collective.  • Enedis

Les enjeux de cette autoconsommation collective sont mutliples. Ils concernent la transition écologique et la sobriété énergétique, cette opération permet également de faire quelques économies. "Entre 2011 et 2023, le coût de l’énergie a augmenté de 75% quand le taux d’inflation n’a fait qu'augmenter la facture de 20%", indique Amaury Pachurka. L’autoconommation collective, c'est la capacité de se mettre à plusieurs pour produite et consommer de l’électricité. C'est-à-dire que les producteurs consommeront d'abord pour eux-mêmes, le reliquat de production sera revendu à l’ensemble de la communauté au prix fixé par la gouvernance. Et si jamais cette communauté n'a pas besoin de cette énergie, elle pourra alors être cédée à un fournisseur.

Amaury Pachurka, président-fondateur de la start-up gardoise, Sween, qui accompagne les collectivités, les particuliers et entreprises dans leur projet d'autoconsommation collective. • Stéphanie Marin

La société gardoise Sween accompagne les futurs membres de l'association dans les démarches administratives et techniques de l'installation de panneaux photovoltaïques pour ceux qui n'en sont pas équipés (entre 5 et 10% d'économie grâce aux tarifs négociés), jusqu'au suivi de consommation et de revente d'électricité grâce une application. Et pour cela, il faut être capable de savoir qui injecte quoi, quand et qui consomme quoi, quand. C’est là qu'Enedis intervient, notamment avec les compteurs Linky pour la collecte des données. Le patron de la start-up gardoise - dont la rémunération dépend des adhésions et d'une commission fixe sur le kilowatt valorisé au sein du collectif - explicite le bon déroulement des opérations en prenant l'exemple d'un programme mis en place au Cailar, d'abord à titre expérimental en 2021, désormais opérationnel. 

Au Cailar,  l'association Smart Lou Quila compte 17 adhérents dont la mairie, sur un périmètre de 20 kilomètres. En photo, Etienne Pelloux, conseiller municipal et Gérard Bernachot, un cailaren retraité. • Stéphanie Marin

De cinq producteurs au démarrage, ils sont désormais 17 adhérents dont la mairie à avoir rejoint l'association Smart Lou Quila, sur un périmètre qui s'étend de Gallician jusqu'à Lunel. Ce programme a atteint aujourd'hui environ 70 kilowatt-crète installés. "Ce qui est intéressant, c'est que nous sommes passés de 50% d'autoconsommation à 80% en été et à 100% en hiver", précise Amaury Pachurka.

"J'ai trouvé un gain au niveau du coût de consommation de l'ordre de 30 à 35%" 

"En tant que parculier, j'ai trouvé un gain au niveau du coût de consommation de l'ordre de 30 à 35%, souligne Gérard Bernachot, un habitant du Cailar, membre de la communauté. En plus de l'aspect économie d'énergie et financier il y a aussi l'effet de groupe, c'est convivial." Pour le conseiller municipal, Etienne Pelloux, "comme nous sommes dans une petite communauté, les gens font attention en termes de consommation d'énergie, ils font tourner leur machine à laver quand il y a du soleil et plus la nuit." Un changement de comportement, une adaptation qui sont le résultat finalement d'une prise de conscience.

Le véhicule de la police municipale du Cailar peut recharger ses batteries grâce à cette borne.  • Stéphanie Marin

La capitale de la Petite Camargue est aussi équipée de dispositifs de stockage, des batteries, des véhicules et notamment celui de la police municipale, sont réliés au système. Les batteries ne sont pas installées de manière systématique mais apportent une solution à des problématiques particulières. Toujours au Cailar, une habitante ne pouvant pas produire, son domicile étant entouré de platanes, a tout de même pu adhérer à l'association en tant que consommatrice et récupère grâce à sa batterie les reliquats de production des autres adhérents. 

Autre solution, et cela par exemple pour pallier les contraintes du Plan Local d’Urbanisme notamment dans les centres-villes des communes : participer à une opération de financement collectif pour l'installation de panneaux sur un bien communal pour bénéficier d'un tarif amélioré. Un projet en discussion au Cailar et à venir pourquoi pas à Domazan. Mais avant il faudra créer cette fameuse association, une étape qui pourrait être effective d'ici la fin de l'année. 

Stéphanie Marin

Beaucaire

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