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Publié il y a 26 jours - Mise à jour le 20.01.2023 - Anthony Maurin avec les Archives départementales du Gard  - 2 min  - vu 725 fois

GARD Comment s’approvisionner en eau au fil des siècles ?

La source des Jardins de la Fontaine (Photo Archives Anthony Maurin).

Le problème n’est pas nouveau… L’Homme a besoin d’eau pour vivre. Son corps est composé de ce précieux liquide mais comment faire, au juste, pour le débusquer ?

Depuis l'Antiquité, les nombreux puits captant la nappe phréatique, les citernes et la source de la Fontaine suffisent à alimenter la ville de Nîmes en eau. Mais l'afflux de population et la croissance urbaine qui en découle rendent ces ressources bientôt insuffisantes.

La source des Jardins de la Fontaine (Photo Archives Anthony Maurin).

Vers le milieu du premier siècle de notre ère, les édiles nîmois, soutenus par l'administration impériale, entreprennent de remédier à cette pénurie. L'eau pure et abondante de la source de l'Eure, dans la région d'Uzès, est ainsi acheminée sur cinquante kilomètres, via un aqueduc dont le symbole est le pont du Gard, jusqu’à Nîmes.

La Fontaine de Nîmes

La source de la Fontaine contribua à fixer les premiers habitants de Nîmes et fut dès l'origine un lieu sacré. Les Romains accomplirent également de gros travaux pour l'aménager. Tombé en ruine, cet ensemble laissé hors des murs de la ville médiévale n'a été réaménagé qu'à partir de 1738. La ville décide de remettre en état la source antique afin de pallier le problème d'approvisionnement en eau dû aux sécheresses.

Le Pont du Gard (Photo d'archives : Pont du Gard/DR) • Thomas O'Brien

La pénurie d'eau causait d'ailleurs beaucoup de problèmes et ce dès le XVIe siècle. Les Consuls de la ville délibèrent en 1666 sur le moyen de remédier à la pénurie d'eau pour les besoins domestiques obligeant les blanchisseuses à laver leur linge dans le creux de la Fontaine. Ces eaux, communiquant directement avec les puits de la ville, pouvaient à tout moment causer des maladies aux riverains. Les autorités décidèrent même de faire garder les lieux jour et nuit par deux gardes, tandis qu'un lavoir était construit entre le mur d'enceinte de la source et l'écluse du moulin du Viguier d'Albenas.

Au Moyen Âge et plus tard…

L'eau est tellement capitale dans la survie de l'Homme que, dès le Moyen Âge, une réglementation stricte vient conditionner son utilisation par tout un chacun. Dès lors, toute activité nécessitant l'usage de l'eau est réglementée. Un meunier, un paysan ou encore un fontainier sont donc soumis à un contrôle. L'eau est une chose publique (res publica, NDLR). Elle appartient donc soit au seigneur, soit aux consuls.

Charge à eux de prendre les initiatives pour en réglementer l'usage et pour régler les différents litiges qui en découlent. À l'époque moderne, le pouvoir royal confie la responsabilité de l'eau aux intendants. L'État et les municipalités récupèrent cette gestion au XIXe siècle.

Sous l'Ancien Régime, l'eau d'une source appartient à son propriétaire, privé ou public. Ce dernier peut donc librement priver d'eau, s'il le souhaite, son voisinage environnant. La Seconde République assouplit cette mesure et fait primer l'intérêt collectif sur l'intérêt particulier. Toutefois, cet assouplissement connaît des limites car tout propriétaire peut se réserver le droit d'interdire l'accès à sa source si aucun aménagement n'a été fait sur ladite propriété. La garrigue s’en souvient encore…

Voici le lien qui renvoie à la formidable exposition des Archives départementales, Au fil de l'eau.

Anthony Maurin avec les Archives départementales du Gard

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