Face à un épisode de sécheresse marqué et à des conditions hydrologiques particulièrement tendues, le Conseil départemental du Gard adapte les modalités de soutien d’étiage assurées par les barrages de Sainte-Cécile-d’Andorge et des Camboux afin de préserver durablement la ressource en eau tout en garantissant les usages essentiels du territoire.
Propriété du Département, ces ouvrages hydrauliques ont été conçus à l’origine pour limiter les risques d’inondation en écrêtant les crues. Ils jouent également un rôle majeur durant la période estivale grâce au soutien d’étiage, qui consiste à restituer de l’eau stockée afin de maintenir un débit suffisant dans les cours d’eau, de contribuer à l’alimentation en eau potable du bassin alésien, de soutenir certaines activités agricoles et d’assurer le bon fonctionnement des milieux aquatiques.
Cette année, la faiblesse des ressources disponibles, combinée aux travaux de sécurisation actuellement engagés sur les barrages de Sainte-Cécile-d’Andorge et des Camboux, impose une gestion particulièrement rigoureuse des volumes d’eau stockés. Conformément aux échanges menés avec les services de l’État et l’ensemble des partenaires de la gestion de l’eau, le débit restitué à l’aval du barrage des Camboux a été ajusté à 150 litres par seconde, conformément aux dispositions exceptionnelles prévues pour l’année 2026 dans le cadre des travaux en cours.
Cette décision poursuit un double objectif. Ceux de préserver les réserves encore disponibles et de prolonger le soutien d’étiage le plus longtemps possible au cours de la période estivale.
À ce stade, les projections permettent d’envisager le maintien du soutien d’étiage jusqu’à début septembre, sous réserve de l’évolution des conditions météorologiques et des précipitations à venir.
La situation actuelle confirme les tensions croissantes qui pèsent sur la ressource en eau. Ces dernières années, les épisodes de sécheresse à répétition ont conduit les collectivités et les gestionnaires de l’eau à réfléchir à de nouvelles solutions pour sécuriser durablement les usages et préserver les milieux naturels. Les perspectives liées au changement climatique laissent en effet entrevoir une diminution progressive de la ressource disponible sur le bassin versant des Gardons.
Dans ce contexte, le Conseil départemental et l’EPTB Gardons ont engagé une réflexion visant à renforcer durablement les capacités de soutien d’étiage du barrage de Sainte-Cécile-d’Andorge. Les études en cours portent notamment sur la restauration de la capacité de stockage initiale de l’ouvrage, progressivement diminuée par l’accumulation d’alluvions, ainsi que sur l’identification de solutions permettant d’accroître les volumes d’eau mobilisables pendant la période estivale.
Le Conseil départemental est pleinement conscient des enjeux associés à cette gestion, notamment pour l’alimentation en eau potable du bassin alésien. Les échanges menés avec l’État, Alès Agglomération, l’EPTB Gardons, la DDTM et l’ensemble des partenaires visent à concilier trois impératifs : la préservation de la ressource disponible, la protection des milieux aquatiques et la sécurisation de l’approvisionnement en eau des habitants.
Les services départementaux assurent un suivi quotidien de la situation hydrologique et pourront adapter à tout moment les modalités de gestion en fonction de l’évolution des débits observés, des conditions météorologiques et des décisions prises dans le cadre de la gouvernance sécheresse.
Bien que la gestion des milieux aquatiques ne relève plus de sa compétence obligatoire, le Conseil départemental du Gard a fait le choix de poursuivre la gestion directe de ses barrages afin de garantir la sécurité des populations, la préservation des ressources et l’adaptation du territoire aux conséquences du changement climatique. À ce titre, il investit massivement dans la sécurisation des ouvrages et accompagne les études destinées à renforcer le soutien d’étiage sur le bassin des Gardons.