Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.07.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 3 min  - vu 60 fois

MONTAGNAC Le maire Daniel Marquet : « Quand je vois quelqu’un dehors, je l’interpelle… »

Daniel Marquet est un viticulteur à la retraite. Il est maire depuis 2001

Daniel Marquet est un viticulteur à la retraite. Il est maire depuis 2001 

- Coralie Mollaret

À Montagnac, petite commune de 250 habitants, Daniel Marquet est élu depuis près de 50 ans. La recette de sa longévité ? Sans doute sa proximité avec les habitants. Le maire l'assume : « Quand je vois quelqu’un dehors, je l’interpelle, je lui demande s’il est bien installé… Il ne faut pas trop s’éloigner des gens. »

Objectif Gard : Vous entamez votre cinquième mandat de maire. Comment vous définiriez-vous en tant qu'élu ?

Daniel Marquet : Oui, cinq mandats. Mais ça fera 50 ans que je suis élu en 2027. J'ai commencé en 1977, j’avais 23 ans. J’ai fait un mandat de conseiller municipal, trois mandats d’adjoint avant d'être maire. On connaît tous les murs, tous les recoins… Les choses ont bien changé, c’est de plus en plus compliqué financièrement et administrativement (…) Je pense être un maire à l’écoute : deux fois par semaine, je fais le tour du village. Quand je vois quelqu’un dehors, je l’interpelle, je lui demande s’il est bien installé, s’il n’a rien de particulier à demander… Il ne faut pas trop s’éloigner des gens.

Comment définiriez-vous votre village ?

Jusqu’à maintenant, il y avait des familles très rurales. Des retraités sont arrivés et ont acheté. Ils se sont intégrés de manière parfaite. Depuis quelques années, des maisons se construisent. Seulement, mis à part le 14 juillet ou pour les vœux de la municipalité, les gens ne participent pas beaucoup à la vie communale. C’est un peu dommage.

Rénovation de la mairie : un projet à 350 000€

Quel est le budget de la mairie ?

Il est d’environ 230 000 € en fonctionnement. J’ai toujours essayé de trouver le meilleur compromis possible pour nos finances. Le fait d’être viticulteur permet d’avoir une approche plus terrienne de la ruralité. On ne s’emballe pas pour des projets pharaoniques mais plutôt dans l’intérêt de tous. Pour l’investissement, ça dépend des années. Il y a deux ans, on la nouvelle école a fait grimper ce budget à 550 000 €. Elle a été subventionnée par l’État, la Région et le Département. Nous n’avions pas eu de fonds de concours : la doctrine de l’époque était de financer les rénovations et pas les bâtiments neufs. Il va falloir que les choses changent à Nîmes Métropole : c’est bien beau de nous attribuer de l’argent, mais si on ne peut pas s’en servir, ça ne sert à rien…

Quels sont vos projets pour les six prochaines années ?

Réaménager ou déménager notre mairie. Son accessibilité a toujours été un vain mot. Il nous faut une salle, en bas, qui permette de recevoir tout type de public. Un ascenseur, c’est 100 000 balles de plus. On a abandonné l’idée. Le projet en cours est estimé à 350 000 €. Même si c’est subventionné, il y a toujours un reste à charge important pour notre commune. D’autant que nous voulons faire autre chose : réaménager le parvis de notre église communale. Aujourd’hui, c’est un terrain où les chats font leurs besoins... 

Vous avez également des logements en construction. Un choix de votre municipalité ?

Un village qui ne s’agrandit pas se meurt. Les personnes âgées disparaissent les unes après les autres. Avec tous ces lotissements, il faudrait créer un espace de jeux ou de rencontre pour les gamins.

Baisse de la fiscalité pour les agriculteurs 

D’autres projets ?

Oui. En 2027, nous aimerions commencer à baisser le taux de taxe sur le foncier non bâti pour aider les agriculteurs. Sur les 900 hectares de superficie du village, 100 sont consacrés à la viticulture. Il n’y a plus que trois agriculteurs. Je le dis souvent aux sénateurs : laisser les terrains agricoles en jachère accroît le risque d’incendie.

Le maire de Domessargues a annoncé son retrait du SIRS (Syndicat intercommunal de regroupement scolaire). Qu’en pensez-vous ?

Nous avons fait une réunion avec le conseil municipal et nous avons décidé d’attendre avant de nous prononcer. Mercredi, je vais recevoir les parents d’élèves. Je pense qu’il est urgent d’attendre. Le Dasen (Directeur académique des services de l'éducation nationale) viendra nous voir en septembre. Un pavé a été lancé dans la mare, repris par la presse. Pour l’instant, il n’y a rien de concret.

D’accord, mais sur le fond, que faire selon vous ?

Quand le SIRS a été créé, peut-être avons-nous fait l’erreur de vouloir garder des écoles dans toutes les communes. Ça augmente les coûts. Aujourd’hui, ce dernier est de 1 800 € par enfant. N’aurait-il pas mieux fallu faire deux sites : Domessargues et Moulézan ? Nous avons 18 enfants, mais certains ne sont pas issus de Montagnac. Enfin, que deviendra notre école ? Elle est neuve et a coûté 550 000 €. Ce serait bête de la fermer.

Enfin, les élections sénatoriales approchent. Pour qui voterez-vous ? 

Pour la première fois depuis très longtemps, c’est ma première adjointe qui ira voter. Elle fera ce qu’elle voudra, elle a carte blanche.

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