Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.07.2026 - Coralie Mollaret - 4 min  - vu 188 fois

SÉNATORIALES Liste, slogan, stratégie… Le socialiste Denis Bouad lance sa campagne

De gauche à droite : Gilles Guillaud, Cathy Chaulet, Denis Bouad, Sylvie Arnal, Fabrice Verdier

De gauche à droite : Gilles Guillaud, Cathy Chaulet, Denis Bouad, Sylvie Arnal, Fabrice Verdier

- Coralie Mollaret

Le sénateur a officiellement lancé sa campagne, ce mercredi à Nîmes. Tête de la liste Le Gard en commun, le socialiste vise sa réélection et espère offrir un deuxième siège à sa colistière, Cathy Chaulet. Un objectif ambitieux dans un contexte de division à gauche et de poussée du Rassemblement national.

Avec « Le Gard en commun », Denis Bouad peut-il espérer le même succès que ses prédécesseurs, qui avaient le même slogan, la présidente de la Région Carole Delga et le maire de Nîmes, Vincent Bouget ? Ce mercredi, le sénateur sortant a officiellement lancé sa campagne. Autour de lui, des soutiens issus de la majorité régionale, départementale ou nîmoise. Denis Bouad, c’est 43 ans de vie politique gardoise. Le sortant ne souffre donc pas d’un déficit de notoriété. En revanche, sa candidature a été fragilisée par ses hésitations et un vote interne des militants PS perdus, avant d’être repêché par la direction nationale. 

Une liste « de compétence et d’expérience »

S’adressant à la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot, il rappelle : « Tu m’as dit que j’allais faire une bêtise d’arrêter. Ça a également été l’avis de Carole Delga… » Concernant le vote socialiste : « Je savais que j’allais prendre une rouste. Quoi que, finalement, ça n’a pas été le cas pour quelqu’un qui n’a pas fait campagne, ni passé de coup de fil. Les statuts du parti sont ainsi, c’est la direction nationale qui décide. » Ces turbulences passées, Denis Bouad a présenté sa liste « composée d’élus où la ruralité est très présente. » 

Cathy Chaulet, conseillère départementale de Rousson et maire fraîchement élue de Saint-Privat-de-Champclos
Cathy Chaulet, conseillère départementale de Rousson et maire fraîchement élue de Saint-Privat-de-Champclos • Coralie Mollaret

En deuxième position figure la communiste, conseillère départementale de Rousson et maire fraîchement élue de Saint-Privat-de-Champclos : « Le Sénat, c’est la voix des collectivités. Elles ont besoin d’obtenir des moyens pour favoriser la solidarité, le bien-vivre. Aujourd’hui, l’urbanité souffre et la ruralité saigne », plaide-t-elle. Présent à ses côtés, le maire de Nîmes, Vincent Bouget, qui salue « une personne humble et travailleuse » dotée « d'une fibre écologique marquée ».

Fabrice Verdier : « J’aurais fait un bon sénateur »

En troisième position, Fabrice Verdier. Le premier adjoint d’Uzés et prèsident du Pays d'Uzès met de suite les pieds dans le plat : « Je considère que j’aurais fait un bon sénateur. Mais il y a des logiques collectives et nationales. Les aventures individuelles ne peuvent pas avoir leur place. » En quatrième position, la maire du Vigan, Sylvie Arnal. Une mise en lumière pour l'élue, dans l'exécutif communal depuis 18 ans et également première vice-présidente du Pays Viganais. Enfin, en cinquième position : Gilles Guillaud, adjoint aux finances de Nîmes : « J’ai travaillé quelques années à la préfecture, je connais les élus et leurs problématiques (…) C’est sous la gauche que les collectivités ont eu le plus de moyens, notamment avec la création de la DSIL (Dotation de soutien à l'investissement local). Il y a six mois, le RN, lui, votait un amendement qui réduisait les aides de l’État aux collectivités. »

Denis Bouad à propos de Carole Bergeri : « Elle considère que c’est un dû » 

Un an avant la présidentielle, les sénatoriales sont aussi « une élection politique », souligne Vincent Bouget, « les sénateurs votent les lois, impriment une orientation politique. » Et d’ajouter : « La gauche a démontré qu’en s’unissant, elle pouvait l’emporter. » La division, c’est la sempiternelle épine dans le pied de la gauche. Les soutiens de Denis Bouad n’ont pas de nouvelles d’Alexandre Pissas, l’élu du canton de Bagnols qui a remporté le vote interne auprès des militants PS. « S’il comptait se lancer, ça fait longtemps qu’il l’aurait fait savoir… », commente un soutien de Denis Bouad. Le patron du PS du Gard, Pierre Jaumain répond : « Je n’ai pas de nouvelles, mais il mérite le respect. Il a été candidat, il n’a pas été désigné. Je ne pense pas qu’il soit dissident. C’est une forme de déception qui s’exprime par le silence. »

Le parti écologiste ne soutient pas Denis Bouad (lire plus bas). Enfin, la menace la plus sérieuse pour le socialiste est la candidature de Carole Bergeri. L’ancienne numéro 2 de la liste de Denis Bouad en 2021 et conseillère départementale de Pont-Saint-Esprit joue sa propre partition. « Je l’ai rencontrée 20 fois, elle considère que c’est un dû. Sauf que sans parti au Sénat, tu ne pèses rien au Sénat. » « On ne peut faire aboutir aucun dossier ni commission d’enquête… », renchérit Fabrice Verdier. Reprenant les propos de l’ancien élu Francis Cavalier-Bénézet, Denis Bouad : « En politique, il faut mener les combats que l’on est sûr de gagner. » Ça a au moins le mérite d’être clair.

Et aussi :

Denis Bouad sans le soutien (officiel) des écologistes. Le socialiste a pu apprécier les négociations avec les écologistes : « On me proposait deux candidats qui ont perdu les élections municipales. C’était pour moi un problème… Je ne peux pas être d’accord avec ça. Déjà que je ne respecte pas toujours les statuts de mon parti, je ne vais pas respecter ceux des autres. » Et d’assurer : « Sur notre liste, Cathy Chaulet et Sylvie Arnal sont bien de sensibilité écologiste. Il en est de même pour ma binôme au Département, Bérangère Noguier. »

Et Place publique ? Le co-référent du parti de Raphaël Glucksmann, Christophe Cavard, a annoncé son soutien à Carole Bergeri. Denis Bouad réagit : « Lors de son déplacement pour les élections européennes, j’étais allé le soutenir. Je n’ai pas pu soutenir Carole Bergeri… Et puis, la présidente de la Région, Carole Delga, soutient bien Raphaël Glucksmann ? Et elle me soutient aussi ! »

Un nouveau mandat… jusqu'au bout ? Si Denis Bouad a hésité avant de repartir, il assure vouloir aller au terme de son mandat. À la question d'un éventuel passage de relais en cours de route, le sénateur se montre même un brin agacé : « C'est bizarre de me poser la question. Je ne vais pas mourir ! Si vous vous fiez à mon pansement au bras, c'est simplement que je me suis brûlé en faisant griller une entrecôte… » En politique comme en cuisine, on peut parfois y laisser des plumes... 

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