Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.07.2026 - Anthony Maurin - 4 min  - vu 46 fois

NÎMES La police rend hommage à ses forces

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Cérémonie d’hommage aux policiers morts ou blessés en service.

Au lendemain de la date anniversaire de la création de la police nationale, de la fête nationale, du triste anniversaire niçois… des cérémonies ont eu lieu partout en France pour rendre hommage à celles et ceux qui sont tombés en service et aux blessés, et pour célébrer l’engagement de tous.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

La journée de la police nationale, célébrée chaque année le 9 juillet, est une occasion de rendre hommage aux policiers morts en mission, de saluer le courage et le dévouement des forces de l’ordre, et de promouvoir l’institution. Là, il s’agit de rendre hommage aux policiers morts ou blessés en service.

Cette commémoration prend en compte la loi du 9 juillet 1966, qui a instauré la police nationale en regroupant les personnels de la sûreté nationale et de la préfecture de police, marquant ainsi la création d’une police unique en France.

Les autorités présentes ont déposé une gerbe devant la stèle de la cour d’honneur afin de rendre hommage aux policiers blessés ou tués en mission.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a ensuite lu le message du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avant de remettre des médailles d’honneur de la police nationale (quatre d’argent et d’or).

« Pour la cinquième année déjà, dans tous les services de police de France, est célébrée la journée de la police nationale. Une journée pour mettre à l'honneur les 153 000 hommes et femmes qui, tous les jours de l'année, se mettent au service de la République et de la sécurité de nos concitoyens. Une journée pour vous rendre hommage, c'est finalement, je crois, le moindre des témoignages que la Nation vous doit et qu'elle veut vous rendre. »

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Le ministre aimerait qu'en cette date, tous se rappellent l'exigence de la vocation qu’ils ont embrassée, ce métier qui ressemble souvent à un sacerdoce et qui, pour certains de leurs collègues, a revêtu la forme du sacrifice.

Ce ne sont pas des mots, ce ne sont pas des chiffres non plus : mais ce sont, depuis le début de l'année 2026, déjà cinq policiers qui ont perdu la vie en mission ou en service. Ils viennent allonger la trop longue liste des 39 agents de la police nationale décédés depuis 2021 - année où cette journée a été instituée aussi, et avant tout, pour faire mémoire de leurs noms et de leur engagement.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Et Laurent Nuñez de poursuivre : « Mais le courage de nos policiers n'attend pas la mort pour être éprouvé. En 2026, chaque mois, ils sont en moyenne quelque 1 100 à être blessés dans le cadre de leurs fonctions. Tout au long de ces longues années au cours desquelles j'ai exercé parmi vous, j'ai observé les conditions de vos interventions se durcir, dans un contexte de montée indéniable de l'hyper-violence. Nos forces de sécurité sont par ailleurs constamment défiées : ne pas obtempérer à leurs injonctions devient une option ; discuter leur monopole de la force légitime, une habitude ; s'en prendre à leur intégrité physique, de moins en moins rare. »

Pendant ce temps et selon le ministre, la réponse de la police continue de s'inscrire dans le cadre des lois républicaines et des règles déontologiques, toujours nécessaire, toujours proportionnée, toujours exemplaire.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Le « Mémorial des policiers français victimes du devoir » honore et perpétue le souvenir des agents morts en service, ou tués en intervention, depuis la création de la préfecture de police à Paris. Fruit d’un méticuleux travail de recherche, il illustre les valeurs fondamentales de notre association : ériger la mémoire de ces humbles serviteurs de l’ordre en véritable monument national.

Ce mémorial met à disposition des visiteurs des centaines de récits relatant les circonstances du décès de chaque policier victime du devoir, afin qu’ils ne soient jamais oubliés.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Victime du devoir est une distinction honorifique française attribuée à un membre de la fonction publique ou assimilé « tué à la suite d’un acte de dévouement accompli dans l’exercice de ses fonctions, d’une lutte soutenue dans les mêmes circonstances ou d’un attentat. »

Initiée sous la Troisième République par la préfecture de police pour honorer les agents morts en service, elle s’accompagnait d’avantages matériels et symboliques, comme la dotation de fonds spécifiques destinés aux familles endeuillées, et un protocole pour la prise en charge d’obsèques officielles publiques, dont le rituel semblait susciter un réel émoi dans la population parisienne.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

De nos jours, elle est subordonnée à la citation à l’ordre de la Nation parue au Journal officiel de la République française depuis la création de ce titre honorifique en 1917.

Cependant, tous les policiers tués en service n’ont pas systématiquement obtenu cette qualité. Au début du XXᵉ siècle, dans une approche soucieuse de saluer la bravoure de ceux qui en avaient fait preuve, et probablement pour ne pas compromettre les finances de la ville, le conseil municipal de Paris et le préfet de police écartaient les agents victimes d’accidents.

De plus, les notions d’acte de « dévouement », de « devoir » ou la définition du cadre de « l’exercice de ses fonctions » seraient interprétées différemment selon les troubles de l’Histoire et le contexte politique ou social.

Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)
Hommage aux policiers morts ou blessés en service (Photo Anthony Maurin)

Quid d’un agent tué par des manœuvres de la Résistance intérieure française sous l'Occupation, que rien ne distinguait d’un crime de droit commun ? D’un agent œuvrant clandestinement pour la Résistance, fusillé comme traître par le régime de Vichy dit État français, et écarté légalement des honneurs ? D’un agent tué dans un acte de courage manifeste, mais en dehors de ses heures de service ? D’un agent renversé accidentellement par un véhicule, alors qu’il se trouve en faction devant un bâtiment officiel ?

Selon l’article R434-28 du Code de la sécurité intérieure : « La fonction de policier comporte des devoirs et implique des risques et des sujétions qui méritent le respect et la considération de tous. Gardien de la paix, éventuellement au péril de sa vie, le policier honore la mémoire de ceux qui ont péri dans l’exercice de missions de sécurité intérieure, victimes de leur devoir. »

Plus de 2 500 agents de la police nationale et des polices municipales ont actuellement été recensés ; les recherches se poursuivent.

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