Publié il y a 6 mois - Mise à jour le 11.10.2023 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 891 fois

FAIT DU JOUR L’AOC Costières de Nîmes croit en ses valeurs

La séance photo (Photo Anthony Maurin).

L’AOC Costières de Nîmes est un beau bébé qui rayonne et fait rayonner le territoire grâce à des passionnés qui sélectionnent leurs meilleurs vins en les cultivant de la meilleure manière qui soit.

Aurélie Pujol, Cyril Marès et Jérôme Castillon (Photo Anthony Maurin).

Cyril Marès, nouveau président de l’Appellation d’origine contrôlée Costières de Nîmes qui s’étale sur 24 communes, est clair. Avec lui à la tête du syndicat, pas de changement radical. « Nous sommes dans la continuité de l’ancienne équipe avec un mix de nouveaux depuis le mois de mai. Je ne voulais pas forcément m’occuper du syndicat, mais je connais les atouts de notre terroir et ils me ravissent. J’aurais tout de même préféré une jeune à cette place mais ils sont très occupés donc j’ai dit oui mais pas pour longtemps. Tout le monde est très impliqué et ça, ça me plaît ! »

Jérôme Castillon, son vice-président, est fait du même bois : « Il y a une âme des Costières qui nous touche. Mon fils vient d’entrer dans mon domaine et ça m’a libéré un peu de temps pour valoriser notre terroir dont nous sommes tous fiers. »

Cyril Marès (Photo Anthony Maurin).

On entend un peu partout parler de la catastrophique vendanges 2023… Est-ce le cas chez nous ? « Oui, le millésime 2023 est décrié dans certaines régions mais nous devons être bénis des Dieux car les pluies de mai-juin nous ont permis de passer l’été sans manquer d’eau. De plus, les galets et nos sols sont profonds, nos racines plongent à six ou sept mètres ! Après les pluies, on a eu un temps très sec en juillet et août, mais on a l’habitude de dire que c’est septembre qui fait le millésime et là, c’est optimal », poursuit Jérôme Castillon.

De belles surprises 

Comme un passionné explique toujours plus en détail ses pensées, voici la suite des propos du vice-président Castillon : « Nous allons correspondre aux critères de rendement et qualitativement c’est très joli, il y a de la fraîcheur sur les blancs et les rosés qu’on a ramassés à maturité. Pour les rouges, qui sont encore dans les caves, on voit déjà des tanins ronds et souples avec un beau potentiel. Nous pouvons sereinement affronter les demandes des marchés, la mariée a une belle dote car nous travaillons des cépages adaptés au climat méditerranéen. »

Le vignoble se porte bien ! (Photo Anthony Maurin).

Le marché du vin est compliqué, la crise économique, écologique, l’inflation y compris des matières sèches mais aussi de l’énergie… Les contraintes pourraient être nombreuses. Surtout quand on sait qu’il faut faire des économies car la consommation de vin diminue sans cesse depuis des années. « On pourrait être pessimiste, mais nous arrivons à tirer notre épingle du jeu. »

3 3098 hectares pour 66 caves particulières et 15 coopératives. 76 % des terres cultivées ont un label environnemental. L’AOC est pionnière dans ce domaine. En guise de clin d’œil, évoquons la Clairette de Bellegarde, une niche dans la niche qui produit 250 hectolitres en quasi 100 % bio.

(Photo Anthony Maurin).

Cette année l’AOC Costières de Nîmes compte produire 140 000 hectolitres car la décision des vignerons a été celle de la sagesse. Moins produire pour avoir moins de coûts de production. On s’adapte au marché, raisonnablement, car le stock reste de dix mois. « Il y a une tendance de fond qui vise à moins boire mais à mieux boire », note Aurélie Pujol, directrice de l’AOC depuis deux ans dans l’équipe administrative.

L'export est aléatoire

Le prix du vrac chute de 5 à 10 % mais l’AOC a réussi le pari fou de stabiliser les prix. « On est au ras des pâquerettes mais la survie de nos domaines n’est pas enjeu. » Il en va de même pour la grande distribution, mais les vignerons gardois assurent. « On arrive à augmenter nos prix et nos volumes, c’est rare ! »

En vrac, les quantités représentent 50 % de rosé, 40 % de rouge et 10 % de blanc car ce marché est bien souvent préétabli en amont de la récolte. Mais de manière générale, pour l’AOC, la vente en vrac représente 45 % quand la vente en bouteille est encore majoritaire avec 55 %.

(Photo Anthony Maurin).

50 % de caves particulières et 50 % de coopératives. Les Costières ont besoin de ces diverses manières de travailler pour couvrir toutes les demandes. « Notre métier est très varié mais nous avons le climat et notre territoire pour nous réunir. »

À l’export, la Chine est encore loin devant le Royaume-Uni, les USA, la Belgique, l’Allemagne et le Canada. Les USA reculent nettement même en ayant une belle part de vins rosés dans ces ventes. En totalité, l’AOC Costières de Nîmes exporte l’équivalent de 52 137 hectolitres, avec un recul de près de 50 % pour les Chinois et les USA et de 26 % pour le Royaume-Uni. Par chance, le Canada et la Belgique tiennent bon et augmentent leurs chiffres. Mieux, pour quelques destinations si les volumes baissent, la valeur des ventes progresse. « Le syndicat des Costières est bien armé et le terroir a un potentiel pour l’avenir », avoue Jérôme Castillon.

Perspectives

Il y a de nombreux sujets sur la table des discussions. L’AOC est toujours en mouvement, elle avance et essaie d’anticiper l’avenir incertain en se posant les bonnes questions. Comment faire verdoyer son engagement environnemental en donnant une forte valeur éco-systémique ?

Des nichoirs sont installés dans les vignes (Photo Anthony Maurin).

« Nous ne le disons pas suffisamment mais l’AOC Costières de Nîmes fait partie des pionniers dans ces engagements. Nous devons conforter et valoriser nos nombreuses actions dans ces secteurs », avoue quant à elle Auréle Pujol. Exemple ? En 2023-2024, l’AOC va organiser 17 actions pour parler de l’irrigation, de l’intérêt de l’arbre sur un domaine viticole, pour parler de biodiversité ou encore pour sensibiliser à l’artificialisation des terres car en dix ans l’AOC a perdu 14 % de son territoire au profit de certains aménagements urbains. On n’oubliera pas d’évoquer la bataille, belle, longue et passionnante, concernant les cépages avec notamment une vigne expérimentale à Saint-Gilles.

Des nichoirs sont installés dans les vignes (Photo Anthony Maurin).

Avoir une bouteille commune, logotée comme il se doit avec l’emblème du syndicat est également une manière de s’unir autour d’un bien commun. Pour la première fois, ce fut le cas l’année dernière : chaque vigneron a pu choisir cette bouteille commune et plus d’un million d’entre elles ont été vendues.

La séance photo (Photo Anthony Maurin).

Il faut aussi songer, mais c’est une Arlésienne, à segmenter l’offre par une hiérarchisation. L’AOC a proposé un type nommé « Costières de Nîmes Villages » qui sera une gamme avec un cahier des charges supérieur. C’est un avantage de rester dans l’appellation mais c’est aussi fédérateur d’avoir une solide base commune. C’est un vrai combat et les vignerons gardois, passionnés et convaincus, ont ému les pontes de l’Institut national de l'origine et la qualité (INAO) qui ont fini par céder. « Cette reconnaissance est importante et c’est devenu une évidence, y compris pour l’INAO qui finalement ne connaissait pas bien notre terroir. Nous sommes assis sur une mine d’or, il faut croire en nos vins et avoir une démarche volontaire », se persuade le président Marès.

(Photo Anthony Maurin).

Si vous voulez retrouver les Costières de Nîmes l’année prochaine vous aurez évidemment plusieurs possibilités. La bodega des Costières pendant la feria de Pentecôte sur l’Esplanade, les JeuDiVins toujours sur l’Esplanade durant les Jeudis de Nîmes et les Costières sonores. Cochez d’ores et déjà les journées des 1er et 2 juin 2024 avec l’opération Vignes Toquées et la participation du chef Franck Putelat, meilleur ouvrier de France et deux étoiles Michelin !

Autre chose, toujours sur l’Esplanade, à la place de Jules Traiteur devrait naître le Pavillon des Costières de Nîmes afin de réaffirmer la présence de l’AOC en ville.

Les JeuDiVins ! (Photo Anthony Maurin).

Anthony Maurin

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