Il y a 20 ans, Julien Doré était sans doute encore un peu Nîmois. Quelques semaines, mois avant de remporter l’émission TV Nouvelle Star, il marchait ici, dans ces rues, passait devant ces arènes. Ce soir, il était au centre de leur piste devant un public qui le chérit jalousement.
Avant le chanteur que le public est venu voir, l’entame du concert collait parfaitement aux lieux. Kema Baliardo, fils de Tonino Baliardo des Gipsy Kings, petit-fils de Manitas de Plata, avait à sa charge la première partie d’un concert spécial. Pour lui, la salle en plein air est une excellente chose.
C’est l'un des guitaristes gitans les plus talentueux du moment, alors, le voir ici, dans l’amphithéâtre romain, est un merveilleux clin d’œil. Duende y ventilador !
Si Kema Baliardo n’est hélas pas connu grand public, rappelons qu’il a accompagné Kendji jusqu’à l’année dernière. Désireux de commencer une carrière en solo, il s’est lancé dans la foulée et a enregistré son premier album.
La rumba catalane est en lui ! « Welcome in Tziganie » sa tournée, le voit accompagné de musiciens tout aussi exceptionnels et de danseuses hypnotiques. Des nouveautés mais aussi une histoire chargée que sa génétique lui rappelle. Chez lui, c’est un mélange de bien d’influences dont le flamenco fait évidemment partie.
Hier à Lunel, aujourd’hui à Nîmes, Julien Doré refaisait sa vie d’avant en deux dates ! N’oublions pas que s’il est né à Alès et qu’il a fait les Beaux-Arts de Nîmes, c’est à Lunel qu’il a grandi… D’où, peut-être, l’« Imposteur », qu’il chante depuis deux ans !
Venu avec son papa et son fils, Julien Doré était ému de se retrouver ici, dans ses arènes, 20 ans après. La transmission au cœur de ses envies et de sa vie. Croire en ses rêves et s’entourer de personnes, belles, qui les nourrissent. Ému, on ne peut dire autre chose. Julien Doré était ému de chanter ici et maintenant et cela s’est vu dès son entrée sur scène.
Le chanteur aura même pris un bain de foule en compagnie de sa première partie pour la reprise des « yeux de la mama » lors d’un concert multigénérationnel de belle facture même s’il a débuté un peu tôt à cause du match de l’équipe de France dont le coup d’envoi était prévu à 23h!
Fait en 2025 Officier de l’ordre des Arts et des Lettres, le Gardois fête ses 20 années de carrière très officielle. Julien Doré c’est aussi trois tournées de concerts joués à guichets fermés, des millions de spectateurs et des centaines de dates en France mais également au Canada, au Japon et en Allemagne… Mais, ici, il revient à la maison, après une tournée de 120 date couronnée de succès.
Cinq fois lauréat aux Victoires de la Musique, cet auteur/compositeur/interprète a surpris tout le monde sans jamais se corrompre. Les modes passent, lui, il reste. « Paris-Seychelles », « Coco Câline », « Les limites », « Le lac », « Nous »....
Imposteur arrive en fin de course dans les arènes mais il est le sixième album studio de Julien doré. Entièrement constitué de reprises, on y retrouve par moment le jeune adulte d’il y a 20 ans. En reprenant, il ne copie pas. Il met sa patte, sa tonalité, sa diction.
« Fly Me to the Moon » de Frank Sinatra, « Femme Like U » de K-Maro, Francis Cabrel, Sharon Stone, Hélène Ségara mais aussi du Mylène Farmer, du Gilbert Montagné et, évidemment, du Dalida, un retour en arrière qu’on vous dit ! L’imposteur n’est pas non plus un usurpateur… Le disque a été vendu à plus de 150 000 ventes
Le tour de chant nîmois : Le lac, La fièvre, Les limites, Kiss me forever, Coco câline, Femme like U, Les yeux de la mama, Sublime & silence, Porto-Vecchio, Nous, Démons de minuit, Paris-Seychelles, PQSD, Pourvu qu’elles soient douces, Ah les crocodiles (sur laquelle Julien Doré a demandé une chenille géante) et Barraduca II, écrite pour son fils qui l’a écouté depuis le bord de la scène avec un maillot de Lebron James.