Publié il y a 1 h - Mise à jour le 03.07.2026 - Abdel Samari - 3 min  - vu 342 fois

NÎMES Franck Proust répond à Vincent Bouget et Carole Delga : « Gouverner, c'est prévoir »

Franck Proust Europe
Photo DR

Depuis Bruxelles, l'ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier salue certaines annonces de la Région, mais démonte les positions du nouveau maire sur la gare TGV, l'aéroport ou encore les grands dossiers de la ville. Une prise de parole qui marque son retour dans le débat politique nîmois.

La défaite des municipales n'a manifestement pas mis fin au combat politique. Depuis Bruxelles, où il siège au Comité européen des régions, Franck Proust a suivi avec attention la conférence de presse organisée cette semaine par Carole Delga et Vincent Bouget. Une rencontre destinée à afficher la nouvelle entente entre la région Occitanie et la ville de Nîmes autour de plusieurs projets structurants.

L'ancien président de Nîmes Métropole ne rejette pas tout. Au contraire. L'annonce de la création du premier Centre de santé « Ma santé, ma région » en milieu urbain, qui devrait, selon nos informations, voir le jour au Mas de Mingue, trouve grâce à ses yeux. « C'était attendu et indispensable pour la population. Nous avions prévu d'engager des moyens. Je suis ravi d'apprendre l'engagement de la Région pour Nîmes. »

Mais le consensus s'arrête là.

« La vraie histoire, c'est que la SNCF et la Région ne se mettent pas d'accord »

Sur le dossier de la liaison ferroviaire entre la gare de Nîmes-Pont-du-Gard et la gare de Nîmes-Centre, Franck Proust ne cache pas son incompréhension après les déclarations de Vincent Bouget et de Carole Delga, qui ont estimé qu'une troisième voie à quai ne constituait pas une solution pertinente.

Franck Proust Europe
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« Je suis étonné par cette annonce. Je suis confronté à la réalité, car je prends souvent le train à Nîmes-Pont-du-Gard. Certainement plus souvent que ces deux élus. Ils oublient de dire que les TER sont régulièrement supprimés sans aucune information préalable pour les usagers. La vraie histoire, c'est que la SNCF et la région Occitanie n'arrivent pas à se mettre d'accord, au détriment des Nîmois et des Gardois. » L'ancien patron de l'Agglomération refuse de considérer le dossier comme clos. « Comment m'explique-t-on qu'Avignon soit parvenue à relier son centre-ville à sa gare TGV ? Il faudra bien trouver une solution. »

« Nous nous sommes battus pour cette gare »

Une autre déclaration de Vincent Bouget a particulièrement fait réagir le leader de la droite nîmoise. Le nouveau maire a rappelé son opposition de longue date à la création de la gare TGV de Manduel. Pour Franck Proust, cette lecture de l'histoire est incomplète. « Nous nous sommes battus pour cette gare avec l'État et le ministre communiste de l'époque, Jean-Claude Gayssot. La Région, y compris le vice-président Jean-Luc Gibelin, a participé aux manifestations pour défendre cette gare. Sans elle, la future ligne Paris-Madrid en 2030 serait passée par Nîmes sans s'y arrêter. »

« On ne peut pas gérer uniquement les dossiers qui vont bien »

L'ancien premier adjoint profite également de cette prise de parole pour adresser un avertissement au nouvel exécutif municipal. École de kinésithérapie, situation financière de la Ville et de Nîmes Métropole, avenir de l'aéroport ou difficultés rencontrées par son exploitant Edeis : Franck Proust estime que la nouvelle majorité devra rapidement prendre ses responsabilités.

« Que ce soit sur la future école de kinésithérapie, les réalités budgétaires de la Ville et de l'Agglomération ou encore sur l'aéroport de Nîmes et les difficultés d'Edeis, le nouveau maire ne peut pas se cacher derrière les autres. Gouverner, c'est prévoir. Si l'opérateur actuel est en difficulté, la collectivité peut reprendre temporairement l'exploitation en régie le temps de lancer un nouvel appel d'offres. Où est le problème ? On ne peut pas gérer uniquement les dossiers qui vont bien et faire de la communication le reste du temps. Être maire et président de Nîmes Métropole exige de l'investissement et des décisions. »

Une chose est certaine : Franck Proust n'en a pas terminé avec la politique nîmoise. Éloigné ces dernières semaines de Nîmes par ses obligations européennes, il promet de reprendre la parole dès la rentrée. De quoi laisser penser que le leader de la droite entend bien peser sur les grands débats locaux. Et préparer, peut-être, la prochaine bataille politique.

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