Objectif Gard : après la réclamation déposée par l'AS Cannes samedi, les supporters nîmois doivent-ils craindre des lourdes sanctions envers le NO ?
Thierry Cenatiempo : On est serein et pas inquiet. Le club a agi dans le respect des règlements, des décisions légales et avec un principe de sécurité constant.
Les supporters cannois qui ont fait le déplacement, et qui ont été stoppés par les forces de l’ordre, étaient munis de documents ressemblant étrangement à des places pour le match. Ces documents ont-ils été vendus par Nîmes Olympique aux supporters azuréens ?
Absolument pas. Je suis contrarié que 200 supporters aient fait le déplacement pour rien. Il y a eu un second arrêté préfectoral le samedi matin. Il indiquait que l’on ne pouvait pas accéder au stade sans billet. Les dirigeants cannois ont remis des billets, qui n’étaient pas valables, à leurs supporters. Ces derniers étaient convaincus d’avoir un titre d’accès au stade, d’être en conformité avec l’arrêté préfectoral et qu’ils pourraient accéder au stade.
Les supporters cannois ont-ils été trompés ?
Je pense que les supporters cannois ont été manipulés, avec peut-être une incitation, par le club de Cannes, à un non-respect d’une décision de la préfecture du Gard.
Regrettez-vous d’avoir commercialisé les places qui étaient dans un premier temps prévues pour les supporters visiteurs ?
Non, même si je regrette vivement que les supporters cannois se soient trouvés dans cette situation. Il faut prendre en compte la temporalité et les responsabilités qui incombent à un club comme Nîmes quand il accueille 8 000.
Quelle est la temporalité ?
Le mardi, lors de la réunion de sécurité, avec la préfecture, la ville de Nîmes, les renseignements territoriaux et les dirigeants des deux clubs. À l’issue de ce rendez-vous, il ressort que le match est à risque. Nous avons confirmé qu’il y avait eu des incidents au match aller et que nos supporters avaient été attendus dans la tribune par une trentaine de personnes cagoulées et que ça avait été très chaud. Il y avait du résiduel potentiellement violent à la suite de ça. La préfecture a publié son arrêté interdisant le déplacement des supporters cannois.
C’est à ce moment que vous avez décidé de vendre les places ?
Il faut savoir que l’arrêté préfectoral est applicable immédiatement. À ce moment, nous ignorons qu’il y a un recours. On prend la mesure administrative et on l’applique. Ce n’est pas que le parcage qui est en jeu. Au stade des Antonins, il n’y a qu’une entrée pour tous les supporters. Cela nécessite toute une organisation pour que tout le monde n’arrive pas en même temps. Quand Toulon est venu, leurs supporters sont descendus des bus pour en découdre.
Quand l'Associationnationale des supporters a déposé son recours auprès du tribunal administratif, était-il trop tard pour faire marche arrière et finalement accueillir les supporters de Cannes ?
Nous l’avons appris le jeudi, et pas par le club de Cannes qui ne nous a jamais envoyé le moindre mail, et le verdict est tombé le vendredi soir à 18h. Il aurait fallu détricoter, le samedi matin, toute la préparation du match, y compris les horaires d’arrivée, les emplacements de stationnement, qu’on reprenne les places à nos supporters en leur demandant de ne pas venir. C’est illusoire.
Imaginez-vous une tentative de déstabilisation de l'AS Cannes, qui est rival pour la montée en Ligue 2 ?
Quand les supporters sont montés dans le bus, les dirigeants cannois savaient qu’ils ne pourraient pas rentrer dans le stade des Antonins. Ce n’est pas très chouette. Il y a derrière une intention que je n’ai pas trop envie de comprendre.
*À la suite des incidents du match aller entre les supporters des deux équipes, la préfecture du Gard avait publié un arrêté interdisant le déplacement des supporters cannois. La veille du match, le tribunal administratif de Nîmes a invalidé cette décision. Mais entre-temps, Nîmes Olympique a vendu, à ses supporters, les places initialement dédiées aux fans cannois. Samedi, jour du match Nîmes Olympique – AS Cannes (3-0), des supporters visiteurs ont tout de même fait le déplacement en bus mais ils se sont vus stoppés par les forces de l’ordre avant d’arriver au stade et ils sont repartis à Cannes. S’estimant lésé, le club de l’AS Cannes a posé une réclamation auprès de la Fédération française de football.