Les délégués syndicaux CGT-FO-CFDT des usines de Tarascon et Saint-Gaudens ont été reçus, hier, lundi 27 avril, par Claire Vernet-Garnier, conseillère industrie, innovation et numérique au sein de l'équipe d'Emmanuel Macron. Ce même jour, le tribunal de commerce de Toulouse annonçait sa décision de placer le groupe Fibre Excellence - déclaré en cessation de paiement depuis le 15 avril - en redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois pour trouver un repreneur. La liquidation a été évitée. "Un soulagement, une étape importante grâce à la mobilisation conjointe des salariés, des syndicats, des collectivités locales, de la région Occitanie", a souligné sa présidente, Carole Delga, dans un communiqué de presse. Mais "ce répit sera de courte durée si nous n’agissons pas dès maintenant sur la trésorerie et sur l’avenir industriel de l’entreprise. L’urgence est là !", alerte-t-elle.
"Je me suis engagée auprès de la direction comme auprès du ministre chargé de l’Industrie à prendre toute notre part, comme nous le faisons depuis le début de la mobilisation, poursuit-elle. La Région est prête à rentrer au capital, à contribuer à la garantie des prêts, à solliciter des industriels, pour consolider la situation financière dès à présent. Depuis plusieurs jours, avec mes équipes, nous œuvrons pour finaliser un plan de reprise viable, sérieux, expertisé avec des professionnels du secteur. Rien n’est encore gagné, mais tout est possible."
Comme la présidente de la région Occitanie, l'intersyndicale en appelle à l'intervention de l'État. "La seule solution pour nous sauver, nous permettre d'aller au bout de ces six mois d'observation et même au-delà, c'est d'injecter 20 millions d'euros, de clarifier la réévaluation des 20 % du MWh annoncée dans le 'package' présenté à notre actionnaire et savoir aussi si l'État le reconduira dans le cadre de la recherche d'un repreneur", explique Laurent Quinto de la CGT.
Un nouveau rendez-vous est fixé au 3 juin, audience lors de laquelle la direction devra présenter la situation de la trésorerie. "Si elle a fondu comme neige au soleil, le 17 juin - date du délibéré, NDLR - ce sera la liquidation", s'inquiètent Laurent Quinto (CGT) et Frédéric Sanchez (CFDT). Une inquiétude d’autant plus forte que les deux usines de production de pâte à papier qui comptent près de 700 salariés, "sont à l’arrêt, faute de bois etc, pour un mois minimum", indique l'intersyndicale. À Saint-Gaudens depuis lundi, et à Tarascon dès la nuit dernière. S’ajoute donc la menace d’un chômage technique et ainsi "la perte de 28 % sur les salaires", que les délégués syndicaux souhaitent, par anticipation, voir compensée par l’entreprise.