Publié il y a 4 h - Mise à jour le 05.04.2026 - La rédaction - 13 min  - vu 1204 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 5 avril 2026. Il est 12 heures. Place aux indiscrétions politiques et économiques de Pâques.

Pas de hasard. La victoire de Vincent Bouget à Nîmes s’inscrit dans une construction patiente, menée sur les deux dernières années. Et à l’arrivée, le résultat parle de lui-même : il s’inscrit dans la continuité des scores de Jean-Paul Fournier lors des précédents scrutins. Pour mesurer l’ampleur, il faut remonter à 2014. Le scrutin de 2020, perturbé par la crise du Covid, fausse les comparaisons. Il y a 12 ans, Jean-Paul Fournier est élu avec environ 22 000 voix. Vincent Bouget atteint quasiment le même niveau. À 500 voix près. Certes, la participation est plus élevée, ce qui invite à relativiser. Mais un constat s’impose : un socle électoral solide existe. Et même s’il n’a pas encore la profondeur historique de celui de son prédécesseur, il constitue déjà une base sérieuse pour l’avenir. Fournier lui-même avait su conserver l’essentiel de son électorat entre 2001 et 2008. Comme souvent, la clé tient à un mélange de facteurs. Une personnalité d’abord. Vincent Bouget a su installer un climat de confiance auprès des Nîmois. Des choix politiques ensuite. Son alliance avec Amal Couvreur et une large partie de la gauche a pesé. Une stratégie qui rappelle celle de Jean-Paul Fournier, qui avait su, en son temps, s’appuyer sur le centre et sur Yvan Lachaud. Des alliances larges, au-delà des clivages, pour gagner. Dès lors, difficile d’affirmer, comme le souhaitent certains à droite et à l’extrême droite, que ce mandat sera une simple parenthèse. D’autant que les premiers signaux envoyés par le nouvel édile sont scrutés de près. Et ils dessinent déjà une méthode. Sur le front des indemnités, sujet inflammable, la majorité a rapidement déplacé le débat vers la sécurité. Prises de parole offensives, courriers adressés au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur : la séquence est maîtrisée. Sur la forme aussi, le changement est notable. Vidéos face caméra, présence sur le terrain : l’équipe municipale insiste sur la proximité. Une rupture assumée avec les derniers mandats, marqués par un exercice du pouvoir plus distant. Sur le fond, les premières actions s’enchaînent. Et elles ne relèvent pas du symbole. L'université de Nîmes apparaît déjà comme un dossier important, notamment pour la jeunesse. Son président, Benoît Roig, se dit satisfait des premiers échanges et évoque une volonté nouvelle de travailler en étroite collaboration. Les adjoints, eux, sont rapidement montés en première ligne. Laurent Mespoulet s’affiche dans les événements économiques, avec une approche axée sur le dialogue et la mise en réseau. Nicolas Nadal s’est rendu auprès des policiers municipaux, avec un cap affiché : restaurer la proximité avec la population. Bruno Ferrier, de son côté, multiplie les rencontres avec le tissu sportif pour identifier des pistes d’amélioration concrètes. En quelques jours, les signaux s’accumulent. Rien de définitif, bien sûr. Mais une dynamique est enclenchée. Prochaine étape : le cap des 100 jours. Une promesse de campagne que Vincent Bouget devra désormais concrétiser.

Objectif : cantonales. À gauche comme à droite, l’obsession du moment : les départementales de 2028. Les successeurs de Fournier souhaitent prendre leur revanche et déloger la majorité de son fauteuil historique. Cette fois, ils veulent partir groupés. Mais pas forcément avec le duo infernal Proust-Plantier. D’ailleurs, ils pourraient encore s’affronter dans au moins deux cantons nîmois. Julien Plantier pourrait incarner le grand centre. Et Franck Proust ? Il est aujourd’hui possible que l’union des droites se mette en œuvre. « Hors de question de laisser le RN seul face à une liste de droite, une autre du centre et la gauche, avec à coup sûr le même résultat qu’à Nîmes il y a quelques semaines », explique un stratège électoral. « La recomposition politique se conclura après la présidentielle. Et rien ne sera comme avant… » Dans la tête des héritiers Fournier, l’objectif est de reprendre le canton historique de Laurent Burgoa à Vincent Bouget, le nouveau maire. « Pas sûr que le sénateur LR veuille d’une alliance avec le RN, mais c’est le seul moyen de gagner. » À gauche, on temporise. Comme toujours au Département. « Il n’y a pas le feu. Après la présidentielle et les législatives, on y verra plus clair. La dernière fois, on a joué l’union et on a largement gagné. Ce sera pareil cette fois », explique un conseiller départemental.

Les intercommunalités dessinent les départementales. Les présidences des EPCI sont aujourd’hui scrutées de très près par les partis politiques locaux. Car ces gouvernances dessineront les forces en présence pour les prochaines échéances, notamment les départementales de 2028. Meilleure illustration : Christophe Serre, premier vice-président du Conseil départemental du Gard, est en passe de devenir président de l’Agglomération du Gard rhodanien. Le vote du maire de Pont-Saint-Esprit en sa faveur se fait-il en contrepartie de son canton ? Du côté de la CCBTA, en cas de victoire de Nelson Chaudon ou de Juan Martinez, l’avenir du territoire ne sera pas tout à fait le même. Tout comme à Vauvert, où le nouveau maire RN Nicolas Meizonnet brigue la présidence de la Petite Camargue. Ancien conseiller départemental d’opposition, il pourrait se laisser tenter après avoir abandonné son mandat de député. Non loin de là, en Terre de Camargue, le duel entre le nouveau maire du Grau-du-Roi et celui d’Aigues-Mortes devra être suivi de très près. En Uzège, Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès, pourrait prendre le relais du sénateur Denis Bouad. À la CCPG, le maire de Remoulins regarde lui aussi avec gourmandise le fauteuil de président : un affrontement à venir entre les deux hommes ? Sauf si, au nom de la continuité territoriale, les deux EPCI venaient à fusionner. Reste à savoir quelles en seront les conséquences à Nîmes et à Alès. Dans la capitale gardoise, l’arrivée aux manettes de Vincent Bouget offre à la gauche une capacité de résistance en 2028. Mais la droite voudra sans doute prendre sa revanche. À Alès, le contexte est tout aussi incertain. L’irruption de l’extrême droite dans les Cévennes et dans la ville-centre contrarie les plans de la droite comme de la gauche. Même le canton de la présidente Françoise Laurent-Perrigot n’est plus aussi solidement ancré. Et une surprise, comme en 2015, pourrait venir de là, avec une possible incapacité pour la présidente sortante à se faire réélire. Une perspective qui ne manquera pas de réjouir les nombreux prétendants au siège.

Pascale Bories, candidate de dernière minute ? Le président sortant du Grand Avignon ne briguera pas de second mandat à la tête de l’agglomération. Un choix étonnant, car selon les comptages, une majorité de maires — notamment du Gard — comptait se ranger derrière Joël Guin. Olivier Galzi, le nouveau maire d’Avignon, seul candidat en lice, ne peut que se réjouir de cette nouvelle inespérée. Mais en politique, les équilibres peuvent évoluer au gré des circonstances… Car si tout semble joué, une candidature pourrait encore rebattre les cartes : celle de la maire réélue de Villeneuve-lès-Avignon. Figure expérimentée, respectée, issue des rangs des Républicains, Pascale Bories pourrait être en mesure de fédérer. Reste à savoir si elle a intérêt à créer des tensions au sein du Grand Avignon. Rien n’est moins sûr. Elle connaît aussi une partie des Nîmois appelés à diriger l’administration. « Christophe Madalle a fait du bon travail avec Jean-Paul Fournier pendant vingt ans. La présidence Galzi permettrait aussi de mutualiser les services entre la ville d’Avignon et l’agglomération », explique une source bien informée. Un match déjà plié d’avance ?

Au NO : union sur le terrain, mais pas en coulisses… Les Nîmois, performants sur le plan sportif, redonnent enfin de l’espoir aux supporters, qui rêvent de voir leur club briller dans les prochaines années. Pourtant, en coulisses, les tensions commencent à émerger. La direction est déjà tournée vers la saison prochaine : un championnat de Ligue 3 plus relevé, plus exigeant, mais aussi plus exposé. « Le président refuse d’ouvrir le capital aux entreprises qui ont mouillé le maillot pour sauver le club. Ce n’est pas acceptable », déplore un chef d’entreprise inquiet. « On a vendu l’idée d’un collectif à tout le monde, et on se dirige vers une gestion clanique qui risque de replonger le club dans de nouvelles difficultés. » Des difficultés financières, notamment. Franck Proust n’est plus là, et rien ne dit que Vincent Bouget sera prêt à investir les mêmes montants dans les années à venir. « Il va aussi falloir s’interroger sur la place de la puissance publique dans ce projet. Des conditions avaient été posées pour garantir un financement durable. On ne peut pas éternellement faire fonctionner le club avec l’argent des Nîmois… » L’intersaison, surtout en cas de montée, pourrait rebattre les cartes avec l’émergence d’une nouvelle gouvernance. Et, peut-être, davantage de transparence.

Des adjoints attendus au tournant. Avec une seule idée en tête : « le sens des responsabilités ». L’objectif est de répondre aux attentes immenses de la population, des agents, mais aussi du monde économique, « tout en respectant le projet politique ». En réalité, les nouveaux élus ont bien compris que la volonté de changement exprimée lors du scrutin était profonde. « On est très sollicités alors que l’on vient juste d’arriver. Il va falloir relever le défi de la coordination pour être ensuite les plus efficaces possibles. Nous n’avons pas le droit de décevoir », explique un nouvel élu. Le temps politique se raccourcit. Aujourd’hui, les citoyens attendent des réponses rapides à leurs difficultés. « On sent une forme de radicalisation chez les électeurs, à droite comme à gauche. Les gens que l’on croise disent souvent : “On a voté pour vous, ne nous décevez pas.” » Comme un avertissement pour les années à venir…

Les places sont chères... Notamment sur les dotations de places pour les événements : l’UTS Nîmes ce week-end, les prochaines férias ou encore le festival de Nîmes. « L’ancienne équipe du protocole a restitué les places sans difficulté pour l’UTS, même s’il en manquait quelques-unes », explique une source bien informée. « Il suffisait de voir qui était dans les arènes pour retrouver les profiteurs… » Contacté, Gerardo Marzo, ancien chef du protocole, assure : « Les places ont été rendues au directeur général des services, sachant que certains nouveaux élus que je connais bien nous en ont proposé. À titre personnel, j’ai refusé. » Désormais, la question est de savoir qui bénéficiera de ces dotations, considérées par certains comme de véritables pièces d’or. « Mon téléphone ne sonne plus beaucoup depuis quelques jours, alors que c’était infernal au moment des spectacles dans les arènes. Les mêmes qui demandaient sans scrupule ne se gêneront pas pour solliciter les nouveaux… » À Nîmes comme ailleurs, l’appât du gain l’emporte parfois sur les convictions.

Dans un fauteuil. Jean-Paul Fournier a quitté son bureau de la rue Dorée il y a quelques jours. Place désormais à une retraite politique que beaucoup jugent méritée. Depuis, les visites se font plus rares, mais aussi plus révélatrices. Quelques fidèles continuent de passer, notamment Gerardo Marzo en tête, quotidiennement. D’autres, en revanche, semblent avoir tourné la page avec une rapidité certaine. Et puis il y a ceux qui savent choisir leur moment. Nicolas Balmelle, directeur des relations institutionnelles chez Bastide Médical, a ainsi rendu visite à Jean-Paul Fournier il y a quelques jours. Pas vraiment pour prendre de ses nouvelles, mais pour lui présenter… un catalogue de fauteuils releveurs ! L’ancien chef de cabinet de Jean-Paul Fournier n’a manifestement pas perdu le sens du commerce. Une attention qui ne manque pas de faire sourire, au regard d’une campagne municipale où ce dernier a joué sur plusieurs bandes. « À Nîmes, on sait partir… et revenir quand il le faut », sourit un observateur averti. Les fidélités, elles aussi, savent s’adapter.

Victoire nette, ambitions renforcées. Avec 64,9 % des voix, Séverine Dellanegra s’impose largement à Saint-Martin-de-Crau dès le premier tour. Un score qui la place immédiatement en position de force dans la recomposition du pouvoir au sein de l’ACCM. Car derrière cette élection locale se joue désormais un enjeu bien plus large : la présidence de l’intercommunalité. Face à elle, Patrick de Carolis, reconduit à Arles, apparaît comme un concurrent sérieux mais fragilisé dans les équilibres internes. « Le rapport de force est serré, mais elle dispose d’un levier décisif avec les voix du RN. Cela peut faire basculer l’élection », analyse un élu arlésien. Dans ce contexte, l’intervention de Renaud Muselier n’a rien d’anodine. Le président de la région PACA s’est positionné en arbitre, profitant de la feria d’Arles pour tenter de verrouiller un accord et éviter une confrontation ouverte aux conséquences imprévisibles. D’autant que les lignes ont bougé : l’intégration de Cyril Juglaret, conseiller régional et proche de Muselier, dans l’équipe de Patrick de Carolis, rebat les cartes et renforce l’influence régionale dans le jeu local. Reste une inconnue majeure : jusqu’où Séverine Dellanegra est-elle prête à aller pour transformer son succès municipal en prise de pouvoir intercommunale ? Si un compromis semble se dessiner, il pourrait se faire au prix d’un rééquilibrage en sa faveur. Une chose est certaine : au-delà des résultats, c’est désormais une bataille d’influence qui s’ouvre au sommet de l’ACCM.

Proust brille dans le service après-vente. Vendredi soir, en marge du tournoi UTS, lors d’une soirée réunissant le monde économique, Franck Proust a surpris son auditoire en orchestrant, de fait, le tuilage avec Vincent Bouget. « Tout le monde a été surpris de voir le président de Nîmes métropole, encore en exercice quelques jours, présenter Vincent Bouget aux chefs d’entreprise présents », confie l’un des convives. Un moment presque irréel pour certains : « C’est comme si la “peste communiste” s’était évaporée d’un seul coup. Il fallait se pincer pour y croire… » Derrière le symbole, un message politique clair. Malgré sa défaite municipale, Franck Proust entend assumer jusqu’au bout ses responsabilités institutionnelles. « Il a toujours dit que son intérêt, c’était Nîmes. Seules les mauvaises langues pouvaient en douter », glisse un proche. La séquence ne s’est d’ailleurs pas limitée à cette apparition publique. En milieu de semaine, les deux hommes se sont retrouvés dans le bureau du maire pour « faire un état des lieux des dossiers majeurs pour Nîmes et la Métropole ». Une transition organisée, presque apaisée, loin des tensions de campagne. Dans le même temps, une autre figure manque à l’appel : Julien Plantier. Discret, voire absent, celui qui portait les couleurs de la droite semble avoir disparu du jeu local. « Il pourrait pourtant continuer à être utile au territoire », regrette un soutien. Reste que Franck Proust joue aussi sa propre partition. Préserver son image, capitaliser sur son bilan et éviter toute posture de blocage. « Pas question de pratiquer la politique de la chaise vide », résume un observateur. Car à l’horizon des départementales, dans deux ans, l’ancien premier adjoint garde ses ambitions intactes. Et dans cette recomposition, un paradoxe se dessine déjà : celui qui vient de le battre pourrait demain contribuer à relancer son influence sur le terrain.

Ça flingue déjà. À peine les délégations des adjoints dévoilées que, dans la nouvelle majorité municipale, les vieilles habitudes de la droite refont surface. Critiques en coulisses, petites phrases assassines : rien n’a véritablement changé. « Pierre-Édouard Detrez à l’Éducation et à la Réussite scolaire ? Tout le monde s’est dit qu’il va faire peur aux enfants… », raille un conseiller municipal. Même ironie pour François Seguy, nommé à la Propreté : « Ça lui va bien… », glisse-t-on, sans plus de détails. Mais c’est sans doute la nomination d’Emmanuel Bois qui interroge le plus. « Il n’y avait pas mieux pour lui ? On oublie qu’il est professeur et ancien secrétaire départemental de la FSU. Qu’est-ce qu’il connaît aux problématiques des commerces ou des halles de Nîmes ? On va rire… » Ou pleurer, corrigent certains. Derrière ces piques, une inquiétude plus profonde s’exprime. Les Nîmois, eux, attendent autre chose : des résultats, et surtout un climat apaisé après la campagne. « Pour l’apaisement, faites-lui confiance : il ne va rien se passer… », ironise encore un élu. Avant d’ajouter, plus grave : « Le vrai sujet, c’est que le maire et sa première adjointe vont rapidement devoir gérer des dossiers explosifs. » 

Un signal politique ? À l’annonce des délégations, une absence a immédiatement fait réagir : celle de Nicolas Cadène parmi les adjoints. L’ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité devra se contenter d’un rôle de conseiller municipal délégué, en charge de l’Enseignement supérieur, de la Vie étudiante, de la Coopération internationale et des Jumelages. Un positionnement qui interroge, tant son profil semblait le prédestiner à un poste plus exposé. En coulisses, certains avancent une explication politique. « L’adjointe Sibylle Jannekeyn ne le porte pas dans son cœur. Elle avait fixé une ligne rouge, estimant que, dans un an, il repartirait en campagne pour les législatives et qu’on ne pouvait pas compter sur lui dans la durée », confie une source municipale. Officiellement, pourtant, la délégation confiée à Nicolas Cadène est loin d’être mineure. Elle l’expose même sur des dossiers sensibles, notamment à l’international. Nîmes est engagée dans plusieurs jumelages structurants : Preston, Brunswick, Vérone, Salamanque, Meknès ou encore Rishon LeZion. Avec des enjeux à la fois économiques, culturels et éducatifs. Mais certains dossiers pourraient rapidement devenir politiques. Le jumelage avec Rishon LeZion, en Israël, avait notamment été contesté par les Insoumis durant la campagne municipale. Nicolas Cadène devra donc rapidement clarifier sa ligne et ses intentions. Reste que cette mise à l’écart relative pourrait n’être que temporaire. « Une vice-présidence à Nîmes métropole est évoquée », avance un proche de la majorité. Contacté, l’intéressé entretient le flou. « Vote le 14 avril :-) », a-t-il simplement répondu par SMS. Un message qui en dit long…

Grosse confiance. Éric Giraudier ne s’en cache plus : sa proximité avec l’extrême droite s’inscrit dans la durée. Lors des municipales, le président de la CCI Gard a franchi un cap en s’impliquant activement pour rapprocher le monde économique de Julien Sanchez. Un positionnement qui a surpris jusque dans ses propres rangs, tant ses liens avec Franck Proust étaient jusque-là connus et assumés. « Il alertait depuis longtemps sur les risques de division à droite. Quand il a compris, dès l’été dernier, que l’union était impossible, il a pris les devants », confie un proche. Mais derrière cette stratégie, certains perçoivent aussi une ambition plus personnelle. « J’aurais dû y aller moi-même. Avec l’étiquette RN et ma notoriété, j’aurais gagné facilement », aurait-il confié à plusieurs interlocuteurs. Depuis la victoire de la gauche, le discours se veut plus rationnel. « Il est démocrate. Ce n’était pas son choix, mais il travaillera avec la nouvelle majorité », assure-t-on dans son entourage. Reste que, en privé, le ton serait tout autre. « Pour lui, Proust et Plantier sont définitivement hors jeu. Il se voit désormais comme le seul capable de reconstruire un bloc à droite, voire à l’extrême droite, en vue des prochaines échéances », glisse une source. Une ambition qui passe d’abord par un test clé : les prochaines élections à la CCI. Et sur ce terrain, Éric Giraudier affiche une confiance totale. « Il considère que tout est verrouillé. À ses yeux, un seul nom pourrait émerger face à lui, Steeve Calligaro… mais il ne le juge pas en capacité de rivaliser. »

Continuité sous surveillance. À quelques semaines de la feria de Pentecôte, prévue du 21 au 25 mai 2026, la machine est déjà lancée à Nîmes. Et malgré le changement d’exécutif municipal, certains dossiers sensibles ressurgissent, à commencer par celui des bodegas privées. Ces espaces, largement développés sous l’ère Jean-Paul Fournier, cristallisent depuis plusieurs années les critiques. « Ce sont des lieux privatifs, réservés à une partie seulement de la population », pointe un commerçant. Dès lors, une question s’impose : la nouvelle majorité emmenée par Vincent Bouget, élue sur la promesse d’« une ville où chacun compte », va-t-elle changer la donne ? À ce stade, les premiers signaux plaident plutôt pour une forme de continuité. Le document d’autorisation d’ouverture, déjà en ligne pour les associations et entreprises, fixe des règles claires, notamment en matière de sécurité. « Il est demandé de mettre en place un service d’ordre à l’intérieur de l’établissement et sur le pas de la porte. Autrement dit, il y aura bien une sélection à l’entrée », relève un professionnel du secteur. De quoi relativiser, pour l’instant, l’idée d’une rupture avec les pratiques passées. Sur ce dossier comme sur d’autres, la nouvelle équipe municipale semble avancer avec prudence, entre affichage politique et contraintes organisationnelles. La feria, elle, s’annonce déjà comme un premier test grandeur nature pour mesurer la réalité du changement promis.

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