Publié il y a 7 jours - Mise à jour le 11.06.2024 - CM - 5 min  - vu 776 fois

DISSOLUTION Les réactions des politiques gardois

Après la suite de sa défaite aux élections européennes, le président Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale et la tenue de nouvelles élections législatives les 30 juin et 7 juillet. 

Michel Sala, député sortant de la 5e circonscription : Dès ce dimanche soir, il annonçait sa volonté de reconduire sa candidature. Modestement, ce lundi, il dit "attendre le résultat des négociations" entre les formations de gauche, même si "la logique des sortants" devrait reconduire à la candidature les députés NUPES élus en 2022. Et ce même si, dans sa circonscription, c'est la liste Place Publique qui est arrivée en tête des listes de gauche. "Mais pas avec le même volume de voix" que ce qui lui avait permis d'être élu à l'assemblée il y a deux ans. "Il faut absolument qu'on se réunisse tous dans l'action", poursuit Michel Sala, appelant, comme François Ruffin, à un Front populaire. On aimerait que ce soit sur le programme de la NUPES, parce qu'on s'était mis d'accord dessus. Sinon, je pense qu'il va falloir faire simple, avec quelques points programmatiques forts." 

"Ça fait plusieurs fois que je crains la dissolution, confie Michel Sala, je l'ai redit plusieurs fois ces derniers jours." Mais, pour lui, cela reste un "coup de poker" extrêmement risqué. Il constate, depuis ce lundi, un nombre impressionnant de coups de téléphone sur son portable ou à la permanence, "de gens que je ne connais pas forcément, qui appellent à l'unité et sont prêts à donner un coup de main. S'il y a une forte mobilisation, je pense qu'on peut l'emporter", lance-t-il à propos de sa circonscription et des élections. S'il est reconduit comme candidat, trois réunions publiques sont d'ores et déjà prévues, à Saint-Hippolyte-du-Fort, Le Vigan et Alès. 

Charles Menard, élu d'opposition LFI de Beaucaire : "Il y a certains points de satisfaction à retenir de ces Européennes, d’abord LFI fait un meilleur score qu’en 2019 et progresse en nombre d’eurodéputés. Bien sûr, nous nous inquiétons de la montée du Rassemblement national et de l’urgence non-fondée de procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale. LFI a plaidé jusqu’au bout la liste unique de Gauche, les leaders de la Gauche vont aujourd’hui discuter à tous les niveaux. C’est un nouvel élan d’espoir. Le 8 juillet, la France sera gouvernée par la Gauche ou le RN, l’enjeu est très important. On est en capacité de gagner cette élection, la Macronie se délite, elle qui avait favorisé le report des votes à l’extrême droite. Cette fois-ci se sera différent.

Régis Bayle, président PS du Pays viganais : En historien, le président du Régis Bayle se souvient "du président de la République Hindenburg, quand il procédait à des dissolutions à répétition, qui ont amené à la nomination de Hitler. Il avait l'excuse de la sénilité et du grand âge, Macron n'a pas cette excuse". Pour le président du Pays viganais, la stratégie macroniste vise avant tout "à prendre de cours la gauche, qui a montré qu'elle était en état de recomposition. Il sait qu'avec Mélenchon, la gauche n'a aucune chance." Régis Bayle y voit aussi "un pari très mitterrandien, de type cohabitation 1986-1988. Mais le problème, c'est qu'il part de 14%", souligne Régis Bayle, insistant, au passage, sur le risque du pari et le fait que Macron n'est pas Mitterrand. 

"J'espère de tout cœur que la stratégie du Front populaire l'emporte, poursuit le maire d'Arrigas. Je suis vraiment sur la position Delga : une union est possible, de Rufin à Canfin. Pour moi, Mélenchon ne peut plus jouer le rôle central." Sur la 5ᵉ circonscription, il attend donc de voir si Michel Sala se sent plus proche de Mélenchon ou Rufin, ayant intégré que la logique voudrait que le sortant soit reconduit. "Il faudrait que Sala prenne aussi l'engagement d'être plus près des élus locaux", lance finalement Régis Bayle, qui lui reproche un manque de réaction sur des sujets du Pays viganais. 

Olivier Gaillard, maire de Sauve et ancien député macroniste : Les événements de dimanche soir le confortent dans le fait d'avoir démissionné de son poste de député et d'être sorti d'En marche. "J'ai eu du nez", plaisante-t-il. Pour Olivier Gaillard, "cette dissoution se fait dans des délais record et je ne crois pas que ce soit bon pour la démocratie qu'on mette en place des élections législatives en trois semaines. C'est un coup de poker, mais je ne suis pas sûr que le résultat sera à la hauteur du président de la République, dans la mesure où il peut y avoir une poussée du RN et se retrouver dans la même situation qu'actuellement, avec un redéploiement des forces politiques, mais sans aucune majorité."

Le socialiste Nicolas Nadal : C’est un échec profond du Président Macron et de son parti. C’est la fin du « en même temps ». En pensant jouer le front républicain, cette dissolution n’y changera rien. Seule la gauche représente une véritable alternative au pouvoir actuel et les socialistes nîmois que je représente sont pleinement conscients de ces enjeux sur notre territoire. Nous sommes en responsabilité aujourd’hui à Nîmes pour répondre aux Nîmois. Une réponse par des solutions concrètes pour des actions utiles. Nous allons mener le combat non plus des idées, mais de la survie de notre modèle de société. Nous devons rassurer les Nîmois sur notre capacité à être unis sur un projet clair et pragmatique.

Christophe Serre, conseiller départemental du canton de Pont-Saint-Esprit : "Le président de la République ouvre la porte d’un gouvernement RN. Cette décision dangereuse pour l’avenir reste dans la même veine que sa politique : s’intéresser aux plus riches sans se soucier de celles et ceux qui sont dans le besoin. Je crains que l’opposition républicaine ne soit pas en disposition de s’organiser et de gagner. La Gauche s’est divisée au cours de cette campagne ; pourra-t-elle se mettre en ordre de bataille pour 2027 ?" 

Richard Tibérino président des Républicains du Gard  : "Il y a une semaine, Macron affirmait qu’il ne dissoudrait pas en cas de mauvais score, car il s’agit des élections Européennes, et finalement, il dissout !! Cet homme n’a aucune colonne vertébrale politique ! Il a certainement une stratégie derrière la tête (mais laquelle ?) que je trouve très dangereuse pour la France après le 7 juillet. Au-delà de la dissolution discutable, le fait de laisser trois semaines aux partis pour trouver des candidats et faire un minimum de campagne est ahurissant ! Les Français ont parlé, ils ne veulent plus de lui et de son équipe, mais tout faire dans la précipitation n’est vraiment pas raisonnable."

Jean Denat, maire de Vauvert : "Les sondages le prédisaient. Pas de grande surprise donc sur le poids du RN et le rejet du Macronisme, sauf à ne pas vouloir le voir. En brouillant tous les repères, Macron a fabriqué le terreau sur lequel notre société se délite. Il ne s’agit plus de se rassembler pour faire barrage à l’extrême droite comme le voudrait le pompier pyromane qui a dissous l’Assemblée Nationale. Il faut désormais une réponse claire comme les français l’ont montré dans la rue: celle d’une gauche unie, celle d’un Front Populaire. La diversité de la gauche c’est son histoire, sa responsabilité c’est de se rassembler pour offrir aux Français des perspectives claires pour répondre aux grands enjeux auxquels ils sont confrontés." 

CM

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