Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.03.2026 - Abdel Samari - 3 min  - vu 444 fois

ÉDITORIAL L'identité nîmoise n’a pas voulu des identitaires

vincent bouget au prole 2026 elu mairie

vincent bouget au prole 2026 elu mairie

- @Yannick Pons

Face aux raccourcis et aux postures, les électeurs ont choisi un projet solide, incarné et tourné vers tous les habitants.

Ce matin, une formule s’impose avec force : l’identité nîmoise n’a pas voulu des identitaires. Elle résume, à elle seule, le message envoyé par les urnes. Mais derrière cette phrase, il y a une réalité plus profonde, plus politique : celle d’une ville qui a choisi le sérieux contre la facilité, le collectif contre la caricature. Car rien de ce qui s’est produit dimanche n’est le fruit du hasard. D’abord, parce que Vincent Bouget a mené un travail patient, méthodique, loin du bruit et des outrances. Pendant des mois, il a construit un rassemblement large et ouvert. Sans brutalité, sans attaques frontales, mais avec une conviction : depuis trop longtemps, le pouvoir ne remplissait plus pleinement sa fonction : être au service de tous, et non d’une partie seulement des Nîmois. Ce constat, partagé silencieusement par beaucoup, a fini par devenir une évidence politique. Ensuite, parce que ce projet s’est incarné dans des choix clairs. En ouvrant la porte à une nouvelle génération de la gauche nîmoise, Vincent Bouget a envoyé un signal de renouvellement. En choisissant Amal Couvreur, il a fait bien plus qu’un choix d’équilibre : il a choisi une femme libre, une élue de terrain, vice-présidente du Conseil départemental et conseillère régionale, qui connaît intimement les réalités sociales de la ville. Assistante sociale de profession, elle n’a jamais quitté le terrain. Elle est restée aux côtés de celles et ceux que l’on oublie trop souvent. Et ce sont précisément ces invisibles qui, dimanche, ont rendu ce qu’elle leur a donné. En se mobilisant, en se levant, ils ont pesé dans le résultat. Leur vote n’était pas seulement un soutien : c’était une reconnaissance. Le nouveau duo à la tête de Nîmes s’en souviendra. Car cette victoire porte une exigence : ne laisser personne de côté à présent. Face à cela, le Rassemblement national a accumulé les erreurs. Penser que des élections municipales peuvent se gagner en entrant tardivement dans la campagne, sans programme solide, sans vision structurée, sans équipe identifiée, relevait d’une méconnaissance profonde des attentes locales. Une ville ne se gagne pas à coups de slogans. Plus encore, la stratégie choisie a semblé hors sol. Agiter des peurs, employer des images grossières, dénoncer une prétendue presse aux ordres, multiplier les provocations sans fondement… Tout cela n’a pas convaincu. Et lorsque la défaite s’est dessinée, la tentation de contester le résultat, à travers des recours pour le moins contestables, interroge le rapport à la démocratie. L’extrême droite a également commis une erreur politique majeure : vouloir disqualifier l’ensemble de ses adversaires, y compris une droite sortante pourtant légitime à se présenter et à se maintenir au second tour. Les scores de Franck Proust et Julien Plantier le montrent clairement : malgré l’usure, une part importante de l’électorat nîmois continue de leur accorder sa confiance. Enfin, certaines attitudes dans le monde économique méritent d’être interrogées. Une partie de ses acteurs a fait le choix d’un soutien au RN sans même connaître les contours d’un programme économique pourtant inexistant. Un choix idéologique chez ceux qui dénonçaient les communistes comme anti-économique. La réalité est très différente : en Occitanie, sous l’impulsion de Carole Delga, comme dans le Gard, les collectivités travaillent avec les entreprises. De gauche comme de droite, les exécutifs locaux — à Nîmes, à Arles, à Lunel — coopèrent avec le monde économique. Le futur exécutif municipal s’inscrira dans cette continuité, y compris avec ceux qui ont fait le choix de s’y opposer. Car c’est aussi cela, le message de dimanche : dépasser les clivages stériles, sans renoncer aux convictions. À Nîmes, il ne s’est pas seulement joué une alternance. Il s’est affirmé un refus. Refus des simplifications identitaires. Refus des stratégies opportunistes. Nîmes en commun n’était pas qu’un slogan. Et désormais, c'est une réalité bien nîmoise.

Abdel Samari

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio