Publié il y a 1 h - Mise à jour le 28.08.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 8 min  - vu 140 fois

FAIT DU JOUR Gaël Dupret : « Notre objectif, c’est de créer un idéal de vie à Sernhac »

Devant la mairie de Sernhac, le maire réélu Gaël Dupret 

- Photo AS

Réélu à la tête de Sernhac, Gaël Dupret ouvre un nouveau chapitre. Pour les six prochaines années, le maire veut renforcer l’attractivité de la commune, développer ses commerces et ses services tout en transformant le cœur du village. 

Objectif Gard : Comment abordez-vous ce nouveau mandat ? Est-ce une continuité ou avez-vous le sentiment d’ouvrir un nouveau chapitre ?

Gaël Dupret : C’est une continuité, bien sûr, mais avec la volonté de repartir sur un nouveau chapitre. Nous avons renouvelé 50 % de l’équipe municipale. Cela redynamise forcément le collectif et permet aussi de recentrer les priorités. Le premier mandat était beaucoup consacré à l’amélioration du quotidien et au tissu associatif. Cela restera un fil conducteur, mais ce deuxième mandat sera aussi tourné vers la dynamique commerciale et l’attractivité de notre commune. Ma réflexion est assez simple : comment être heureux à Sernhac ? Comment réussir à faire en sorte que les Sernhacois restent dans la commune et y consomment ? On parle souvent de villages-dortoirs. Notre rôle est justement de faire en sorte que les habitants puissent vivre ici et profiter de leur village.

L’été amène aussi beaucoup de touristes à Sernhac. Est-ce une chance ou cela génère-t-il de nouvelles contraintes ?

Nous avons beaucoup de locations saisonnières, mais elles génèrent aussi une population qui vient consommer dans nos commerces. Cette activité touristique est donc indispensable à notre économie. L’enjeu qui nous préoccupe davantage concerne nos massifs de garrigue. Nous sommes dans la continuité de l’aqueduc et du Pont du Gard, avec des espaces qui attirent beaucoup de visiteurs. Pendant l’été, nous savons que le risque incendie y est très important. Il faut donc faire de la pédagogie, mettre en œuvre des moyens de prévention et expliquer aux touristes que certains espaces ne sont pas toujours accessibles. Il y a également le Gardon. Avec la hausse des températures, sa fréquentation augmente. Il faut réfléchir à la manière de gérer cette fréquentation, de sécuriser les lieux et d’éviter que la population ne soit exposée à des risques.Nous accueillons donc les touristes avec beaucoup d’envie. Ils sont indispensables à notre modèle économique, mais cette fréquentation doit être accompagnée.

« La mairie contribue à faire vivre le cœur du village »

Il y a actuellement beaucoup de travaux dans Sernhac, notamment autour de la mairie. Pourquoi ces investissements ?

Nous avons une volonté d’embellir le village. Nous travaillons notamment avec le syndicat des gorges du Gardon sur des chantiers de réinsertion. Cela permet de valoriser le travail de professionnels qui accompagnent des personnes vers la réinsertion professionnelle, tout en mettant en avant le travail de la pierre, qui caractérise notre village. Nous rénovons également la mairie. Nous avons décidé de la conserver dans le centre du village. On dit souvent qu’il faut remettre l’église au centre du village, mais la mairie contribue elle aussi à faire vivre le cœur du village en semaine. Nous réalisons essentiellement des travaux de rénovation énergétique, notamment sur la toiture et les menuiseries, afin d’adapter le bâtiment aux fortes chaleurs. En parallèle, nous voulons installer une bibliothèque dans la mairie. Aujourd’hui, elle fonctionne grâce à une équipe bénévole et n’est ouverte qu’une demi-journée par semaine. Notre ambition est d’avoir une bibliothèque ouverte six jours sur sept. Il faut permettre aux habitants de fréquenter davantage ces lieux de culture, de pouvoir venir lire, se poser et s’apaiser.

Vous voulez aussi créer une véritable place de village derrière la mairie ?

Oui. Sernhac est un village avec beaucoup de dénivelé et nous disposons de peu d’endroits où les habitants peuvent véritablement se retrouver. Nous voulons donc supprimer les places de stationnement situées derrière la mairie pour aménager une véritable place de village, un lieu convivial au cœur de Sernhac, à proximité immédiate de la salle polyvalente, de l’activité postale, de la future bibliothèque, de la mairie et de la salle des mariages. En contrepartie, nous allons créer un nouveau parking à proximité de la crèche, avec là aussi des aménagements qualitatifs.

Quel investissement cela représente-t-il ?

Nous sommes autour de 200 000 euros pour cette partie des travaux. Nous bénéficions notamment de financements de la CAF, du Département et des fonds de concours de Nîmes Métropole. Nous atteignons environ 70 % de subventions, ce qui est très important.

Quelle serait l’étape suivante pour faire véritablement vivre cette nouvelle place ?

Le Graal serait d’y installer un bar-restaurant. C’est vraiment l’un des objectifs du mandat pour accentuer la dynamique et la fréquentation du centre du village, tout en permettant aux habitants et aux visiteurs de profiter de notre architecture. Nous voulons également encourager la rénovation des façades. La commune subventionne déjà les propriétaires qui rénovent leur façade et nous réfléchissons à augmenter cette aide. Quand on embellit un village, c’est le patrimoine de tout le monde qui prend de la valeur. Nous voulons privilégier un village qualitatif plutôt que nous développer simplement pour nous développer.

Sernhac dispose déjà de plusieurs commerces. Souhaitez-vous aller encore plus loin ?

Oui. Nous avons la boulangerie, une pizzeria, le magasin Utile et nous avons également créé une boutique éphémère. Nous avons aussi déposé le permis de construire d’une maison médicale avec environ 400 m² de locaux professionnels. Une autre partie commerciale d’une centaine de mètres carrés doit également voir le jour. Notre objectif est de renforcer cette activité commerciale et professionnelle.

Attirer des médecins dans une petite commune reste pourtant compliqué…

C’est un challenge, évidemment. Mais nous avons la chance d’avoir plusieurs professionnels de santé qui habitent déjà à Sernhac. Pour eux, exercer dans leur propre commune peut représenter une opportunité. Je pense que c’est essentiel pour l’attractivité. Une commune avec un tissu associatif fort, des professionnels de santé pour pouvoir se soigner et des commerces pour faire ses courses contribue à offrir un véritable idéal de vie dans un village. C’est notre objectif.

Quel rôle joue la boutique éphémère dans cette stratégie ?

Elle permet notamment de mettre en avant des professionnels, des créateurs et des artistes qui n’ont pas forcément les moyens ou le besoin de disposer d’un local commercial toute l’année. Nous avons pu récupérer un local à la suite d’une vente de fonds de commerce et cela nous a permis d’installer cette boutique. C’est aussi une manière de valoriser les savoir-faire présents dans la commune.

« Les élus doivent être les premiers relais entre les habitants et l’Agglomération »

Il y a également eu du changement à Nîmes Métropole avec un nouvel exécutif. Avez-vous trouvé votre place ?

Oui. Je crois qu’il y a aujourd’hui une volonté d’être attentif et d’écouter tout le monde. Chacun peut s’exprimer dans cet exécutif. Nous avons également un groupe qui a vocation à être force de proposition et à travailler avec cet exécutif en y participant.

Est-ce que ce changement peut avoir des conséquences concrètes pour les habitants ?

Il existe une volonté de davantage faire participer les habitants au projet de Nîmes Métropole et de les consulter. Nous savons aussi que Nîmes Métropole n’est pas toujours bien identifiée ou comprise par la population. Sur le précédent mandat, il y avait déjà eu cette volonté de se recentrer sur les compétences obligatoires de l’Agglomération. Il faut maintenant continuer à communiquer sur ces compétences et expliquer à quoi elles servent. Mais nous, les maires, devons aussi être le relais entre les habitants et l’Agglomération. Sur les déchets ou sur l’eau, par exemple, on ne peut pas simplement répondre aux habitants : « C’est l’Agglo, débrouillez-vous avec elle. » Nous devons être les premiers relais lorsqu’il existe une difficulté.

Faut-il confier de nouvelles compétences à Nîmes Métropole, par exemple la petite enfance ou le sport ?

Avant de parler de nouvelles compétences, il faut connaître leur coût. Il n’existe pas de compétence gratuite. On sait que l’Agglomération porte une dette importante. Comme dans une commune, avant de lancer un projet, on regarde les finances. La question n’est donc pas uniquement de savoir si nous avons envie de prendre une nouvelle compétence, mais si Nîmes Métropole a les capacités financières de le faire. Il faut avancer par étapes.

La restauration collective pourrait-elle être l’un des grands projets communs ?

Oui. C’est un sujet sur lequel plusieurs maires ont une volonté d’avancer, notamment autour d’une cuisine centrale. Cela avait déjà été envisagé lors du précédent mandat et cela peut avoir du sens pour améliorer la qualité de ce que nous proposons à nos enfants et à nos seniors. Mais cela peut aussi passer par de la mutualisation. Une Agglomération peut permettre aux communes de travailler ensemble sans nécessairement prendre systématiquement une nouvelle compétence.

Vous conservez également un rôle important autour des traditions à Nîmes Métropole. Pourquoi ce sujet vous tient-il autant à cœur ?

Parce que nos traditions sont essentielles. Nous voyons aujourd’hui les difficultés auxquelles sont confrontées les manades, notamment pour s’assurer, mais aussi les contraintes auxquelles doivent faire face les communes pour organiser leurs manifestations. Nous avons été associés au travail partenarial autour du guide de la préfecture. Maintenant, il faut expliquer les règles, les faire comprendre et accompagner les organisateurs. Il faut également soutenir nos manades et nos clubs taurins. Dans beaucoup de nos communes, les comités des fêtes et les clubs taurins font vivre les traditions. Ils génèrent aussi de l’activité économique et sont parmi les premiers clients des manades, avec évidemment le soutien des communes. Notre rôle est donc d’accompagner ces manifestations, d’aider les organisateurs à comprendre les évolutions réglementaires et, éventuellement, de permettre à certaines communes de continuer à accueillir des événements qu’elles ne pourraient plus porter seules.

La transmission devient-elle l’enjeu majeur ?

Oui. Nous voulons notamment conserver le concours d’abrivados de Nîmes Métropole, qui permet aux manades de participer et de maintenir un certain niveau d’exigence et de qualité. Nous souhaitons également maintenir le soutien à la tauromachie et surtout renforcer le volet pédagogique, notamment avec la Fédération française de la course camarguaise et des opérations à destination des scolaires. C’est sur cette transmission qu’il faut mettre les moyens. Nos traditions peuvent être fragilisées, mais surtout, sans transmission, il n’y aura demain plus de public pour les faire vivre.

« La culture ne doit pas devenir la variable d’ajustement »

Vous présidez également Paloma. Dans un contexte budgétaire difficile, pourquoi faut-il continuer à investir dans la culture ?

Parce que la culture rassemble et permet une ouverture d’esprit indispensable. Elle devient malheureusement trop souvent la variable d’ajustement des collectivités : elle récupère ce que chacun veut bien lui donner une fois le reste financé. Je peux le voir à l’échelle de Sernhac. Quand une commune a la chance d’avoir une école de musique, un atelier d’art ou une bibliothèque, ce sont des éléments essentiels de sa vie culturelle. À l’échelle de Nîmes Métropole, nous devons encourager cela et permettre aussi aux communes qui n’ont ni les moyens techniques ni les salles adaptées d’accueillir des spectacles. Les Vendredis de l’Agglo ou le festival de jazz permettent justement d’aller vers tous les publics, avec des spectacles familiaux gratuits ou des tarifs accessibles. Paloma, c’est aussi la maison des 39 communes de Nîmes Métropole, et même au-delà. On peut y voir des artistes reconnus nationalement ou mondialement avec des tarifs attractifs, tout en permettant l’émergence d’artistes locaux grâce notamment aux résidences. Pour parvenir à cet équilibre, nous avons besoin de fonds publics, même si nous cherchons évidemment à être de plus en plus autonomes.

Quel bilan tirez-vous de la nouvelle édition de This Is Not A Love Song à Paloma ?

Le bilan est très bon en matière de fréquentation. Cela fait deux années consécutives que nous constatons que cet événement répond à une véritable attente autour des musiques indépendantes. Maintenant, le festival doit trouver son équilibre budgétaire. Pour cela, nous avons besoin du soutien des collectivités. Certaines n’ont pas pu accompagner ces deux dernières éditions parce que le festival avait été interrompu auparavant. Nous souhaitons désormais pouvoir relancer ces partenariats, notamment avec la Région et le Département, dans la mesure de leurs possibilités financières. Ce soutien sera déterminant pour permettre au festival de continuer.

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