C’est sur le boulevard Salvador-Allende, à Nîmes, que le jeune voleur a été appréhendé par la police nîmoise, lundi 9 février dernier. Son tort ? Être au volant d’un véhicule volé, dans la nuit du 6 au 7 février dernier, à Bordeaux. Il jure d’abord que le véhicule de la marque Mercedes et de couleur blanche lui a été prêté par un ami habitant le quartier de Valdegour, sans toutefois accepter de mettre un nom sur ce si généreux ami. Il ajoute également qu’il se trouvait à Nîmes ou à Marseille, et non dans l’agglomération bordelaise le soir des faits. Lors du contrôle, les policiers n’ont pu que constater que le jeune homme ne disposait pas d’un permis de conduire en règle.
Interrogé sur les faits, le prévenu est passé aux aveux à la barre. « Le gars qui a volé la voiture, c’est moi », lance-t-il, avant de justifier ses erreurs par un manque de suivi qu’il estime avoir subi à sa sortie de détention. D’autant qu’à 29 ans, l’emprisonnement, il connaît. Avec un casier judiciaire fourni, allant de la consommation de stupéfiants à des violences sur la personne de sa mère, il a déjà passé cinq années de sa vie derrière les barreaux. Des années d’enfermement, qui ne semblent pas lui avoir servi de leçon. « J’étais dans une spirale sans fin depuis une décennie », explique le prévenu, relatant être sans domicile fixe entre ses différents séjours en détention.
Une téléphonie accablante
Sans même ses aveux, la téléphonie du prévenu trahit sa présence à Bordeaux au moment du vol. Souhaitant coopérer, il raconte : « J’ai pris un train pour pouvoir me reposer, une fois à Bordeaux, je ne savais pas où aller ». C'est alors qu’il s’est tout bonnement installé dans une Mercedes, par chance déverrouillée, prétendument pour avoir un endroit où dormir. Ensuite, c’est « la tentation » et « la facilité » qui l'auraient conduit à prendre la voiture et à la conduire jusqu’à Nîmes, lieu de son interpellation par la police.
« C’est quelqu’un qui a la délinquance dans la peau. Je pense qu’il convient de lui laisser beaucoup de temps pour réfléchir à sa sortie de détention », lance Stéphane Bertrand, procureur de la République, avant de requérir 3 ans d’emprisonnement à l’encontre du prévenu, ainsi que la révocation de son sursis probatoire. Le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, a suivi les réquisitions du procureur. Le chef de prévention de recel de vol a été requalifié en vol. Il a alors été condamné à 3 ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Le sursis prononcé à son encontre par le tribunal correctionnel de Marseille en août dernier a été intégralement révoqué.