Objectif Gard : Pouvez-vous vous présenter ?
Alain Metge : Pour tout vous dire, je suis un pur Nîmois. Trois de mes aïeux ont été maires du village. J’habite une maison du village qui est dans ma famille depuis la Révolution ! Je me suis marié à Bragassargues et, depuis ma naissance, je viens régulièrement dans le village. Les gens me disent que je suis du village… Les habitants me disent souvent que je suis d’ici. Je leur réponds que non : je suis né à Nîmes. Je suis électeur à Bragassargues depuis que je vote, en 2011. De métier, j’étais conseiller financier à la Banque postale, à Laudun puis à Rochefort-du-Gard.
Quand êtes-vous entré à la mairie du village ?
J’ai d’abord été conseiller municipal en 2014, puis premier adjoint en 2020 et maire en 2026. Damien Noguier, mon deuxième adjoint, était conseiller municipal en 2008. C’est lui qui a l’expérience (rires). Il s’occupe de la gestion de l’eau et de beaucoup d’autres choses… Il a 47 ans, je l’ai vu naître. Je fonctionne par affinités. Les gens que je connais passent avant.
C’est votre premier mandat. Comment êtes-vous devenu maire ?
Avec le maire, ça ne passait pas très bien, sur la forme, avec le conseil municipal. En juin 2025, il a fait un tour de table pour savoir ce que les élus comptaient faire en 2026. Moi, depuis le début, je disais : place aux jeunes, j’ai 72 ans. Sur les neuf élus, un seul voulait suivre le maire. De l’autre côté, trois élus ne voulaient pas repartir avec lui… Le maire avait dit, lors d’un conseil municipal, que s’il y avait une liste concurrente, il n’irait pas. Nous nous sommes présentés. Avec la réforme des élections pour les petites communes, la scission a été plus forte.
Comment définiriez-vous votre village ?
C’est un village profondément rural, tourné vers l’agriculture. Il n’y a quasiment pas de commerces. Nous avons le Mas de Roux, qui propose des gîtes.
Le préfet a saisi le tribunal administratif au sujet de votre exécutif municipal. En cause : un défaut de parité sur les postes d’adjoints. Que s’est-il passé ?
Notre commune a été concernée par la réforme instaurant un scrutin de liste paritaire aux municipales. Nous avons donc constitué notre liste de 13 personnes, hommes et femmes. Lors du conseil municipal d’installation, après l’élection du maire, j’ai posé la question : qui veut être premier adjoint ? Paul Rouaud a été élu. Il s’occupe de notre employée communale technique et de notre secrétaire. Damien Noguier est mon deuxième adjoint, chargé notamment de notre régie de l’eau. Aucune femme (cinq conseillères municipales, NDLR) n’a voulu être adjointe… Elles n’ont pas le temps, elles sont toutes en activité : infirmière, aide-soignante, assistante sociale, agricultrice. Comment je fais ?
Comment l’avez-vous justifié devant le tribunal administratif ?
À l’audience, je n’ai pas pris d’avocat. Je reconnais qu’il n’y avait pas la parité. J’ai été content de prendre deux hommes parce qu’aucune de mes conseillères municipales ne voulait être adjointe. Je leur ai parlé du consentement… Là, il y a eu un sourire de la présidente… La décision est en délibéré. Je pense qu’ils vont me retoquer cette décision parce que c’est la loi. J’aimerais me tromper, mais c’est ainsi… Damien va perdre son titre et se retrouver conseiller municipal délégué. Je n’aurai plus qu’un adjoint.
Pourquoi ne pas avoir fait cela depuis le départ ?
C’est ce que mes collègues maires me disent… Nous avions décidé de faire ainsi. Pendant la campagne, c’est ce que nous avons mis en avant. Nous sommes allés jusqu’au bout. Certains autres maires nous ont dit de mettre une femme et de la faire démissionner. En cas de démission, ce n’est pas la même règle : la parité ne s’impose plus.
Comment expliquez-vous que, dans la majorité des communes, la loi a été respectée ?
Oui, elles ont été obligées…
… Ou le maire a réussi à les convaincre. Qu’est-ce qui, selon vous, vous a manqué ? N’avez-vous pas une part de responsabilité dans cette situation ?
Quand nous avons fait notre campagne, nous n’avions pas interprété la réforme dans ce sens… Nous ne l’avions pas vraiment réalisé à ce moment-là.
De manière générale, que pensez-vous de la parité en politique ?
Moi, j’aurais aimé que mon épouse soit maire. On a eu Robert Ratier comme maire pendant 34 ans. Il nous disait qu’une femme maire, ce serait bien. Il y a toujours eu la volonté de mettre des femmes au conseil municipal. On s’enrichit dans la diversité. Exemple : la commune loue un appartement. J’avais demandé à Océane, notre élue qui est assistante sociale de métier, de m’accompagner pour recevoir une famille qui voulait le louer. Elle m’a appris que nous n’avions pas le droit de louer notre appartement de deux chambres à une famille recomposée si les sexes des enfants sont différents.