Le centriste Yvan Lachaud est resté publiquement éloigné de la campagne des municipales, qui s’est achevée dimanche soir. Le représentant du parti Horizons, fondé par Édouard Philippe, dans le Gard, a toutefois une analyse personnelle des résultats. Interview.
Objectif Gard : Quel est votre sentiment sur les résultats des municipales à Nîmes ?
Yvan Lachaud : Les Nîmoises et les Nîmois se sont exprimés. C’est la démocratie, le verdict est tombé : c’est une chose normale.
Avez-vous craint que l’extrême droite s’empare de la ville ?
On ne savait pas ce qui pouvait arriver. Aujourd’hui, si les Nîmois se sont exprimés, on n’a pas à juger. Le résultat que l’on a aujourd’hui constitue, selon moi, une sanction de plusieurs mandats compliqués d’un point de vue politique. On ne peut pas gérer les choses ainsi, en excluant un grand nombre d’élus, dont je fais partie, et en ne respectant pas l’opposition. Sans parler de pratiques qui sont aujourd’hui inacceptables.
Quel est votre avis sur le nouveau maire, Vincent Bouget ?
Je lui dis, pour le connaître par ailleurs, qu’il est important qu’il soit ouvert à la discussion avec tout le monde. Il doit entendre les voix des différents partis, des élus de l’opposition. Qu’il n’hésite pas à s’appuyer sur ceux qui connaissent bien la ville et qui peuvent lui apporter quelques idées. Je crois que cette ville mérite davantage d’ouverture, et non une gestion autoritaire comme on a pu le connaître depuis un certain temps.
Pour la première fois depuis longtemps, vous ne siégerez pas au conseil municipal. Quelle sera votre position politique ?
Je dirige un établissement avec un grand nombre d’élèves, d’enseignants et de salariés. Je crois donc bien connaître la ville de Nîmes et pouvoir apporter ma pierre à l’édifice. J’ai des idées pour son développement, notamment sur les plans universitaire et éducatif, sans oublier la sécurité. Je peux être à disposition pour aider, s’il le faut, avec grand plaisir.
La droite et le centre peuvent-ils se reconstruire après cet échec ?
Je pense qu’il faut donner du temps au temps. Il va d’abord y avoir d’autres élections : la présidentielle, les départementales, les régionales, les sénatoriales. Il y aura donc une recomposition et des changements. Pour les municipales, c’est dans sept ans : difficile de savoir ce qui va se passer. Je crois qu’il faut rester positif. Le résultat est là. Cela n’empêche pas de penser qu’il y avait mieux à faire. Mais les fautes, les erreurs, les invectives des uns et des autres, tout cela, les Nîmois n’en voulaient plus. Il faut donc passer à autre chose.
Pourquoi Franck Proust a-t-il perdu selon vous ?
Franck Proust se trompe en affirmant que les circonstances nationales ont joué dans cette élection. Je n’y crois pas. Il a dirigé l’Agglomération sans vouloir discuter avec les uns ou les autres, en faisant des promesses non tenues. Il a constamment écrasé les oppositions. Impossible de s’exprimer dès lors que l’on prenait une position différente. C’est grave : quand le peuple a élu quelqu’un, on ne lui retire pas ses délégations parce qu’il a un point de vue différent. Ces pratiques, à mon sens, il les paie aujourd’hui. Sans compter qu’il a voulu tout diriger : désormais, il ne dirige plus rien.
Un mot sur Julien Plantier. A-t-il fait une bonne campagne ? Est-ce prometteur pour la suite ?
J’ai déjà travaillé avec Julien Plantier, nous avons déjà réfléchi ensemble à ce type de sujets. Je pense qu’il aurait peut-être dû s’engager dans un parti politique avant de lancer sa campagne. Avec Valérie Rouverand, ils ont mené une belle campagne. En revanche, les accords de dernière minute ont été difficiles à accepter pour beaucoup. C’est dommage, d’autant que son score au premier tour était satisfaisant, au regard de celui de M. Proust, qui ne fait que quelques points de plus malgré l’investiture du maire.
Pour terminer, parlons d’Horizons. Votre président Édouard Philippe a été réélu facilement au Havre. Une première étape vers la présidentielle ?
J’ai eu Édouard Philippe au téléphone pour le féliciter. Je pense que c’est un homme capable de rassembler très largement, et en mesure de battre le Rassemblement national. J’ai confiance en lui et il mérite d’être président de la République. Si le peuple le veut, c’est aussi cela, la démocratie. En tout cas, je l’aiderai et je m’investirai pleinement dans sa campagne.
La politique à Nîmes va-t-elle continuer pour vous, Yvan Lachaud ?
Vous savez, je suis impliqué au sein de mon parti : je suis délégué départemental. Je viens de vous dire que je vais m’impliquer dans la campagne présidentielle. Je suis prêt à apporter des idées sur différents sujets, comme la sécurité, la prise en charge des adolescents — j’en accompagne beaucoup dans mes établissements — ou encore l’avenir des quartiers populaires. Les gens qui me connaissent le savent : je suis passionné par Nîmes.