Il est probablement le prochain président du groupe IEC. « Il », c’est Gaël Dupret, 34 ans, comptable de profession et maire réélu à Sernhac. Ce mardi, dans le Club Objectif Gard, l’édile a confirmé sa candidature : « Je suis candidat, c’est vrai. Je ne sais pas s’il y aura d’autres candidatures… », répond-il précautionneux. Dans ce groupe, comprenant une vingtaine de maires sur 39, mieux vaut ménager les sensibilités. L’IEC a été créé en 2014 par plusieurs édiles, dont Michel Paulin, maire de Sernhac et… grand-père de Gaël Dupret.
Un groupe sans discipline de vote
La raison d’être de ce groupe ? Créer une force indépendante de la présidence, occupée depuis toujours par le maire de Nîmes ou l’un de ses adjoints, comme ce fut le cas avec Yvan Lachaud (2014-2020) puis Franck Proust (2020-2026). Ce groupe aura-t-il la même vocation dans ce nouveau mandat ? Les municipales passées, leurs membres, dont le président sortant, Rémi Nicolas, n’ont pas souhaité créer un seul et unique groupe, comme le proposait le maire de Générac, Frédéric Touzelier. Du même avis que le Marguerittois, Gaël Dupret estime que ce scénario ressemblait surtout à « une force politique contre un exécutif ».
Aujourd’hui, l’IEC passe d’une dizaine de membres à 26. Certains édiles espérant obtenir une vice-présidence ont préféré rejoindre l’IEC plutôt que le groupe probablement présidé par le maire de Saint-Gilles, Eddy Valadier, dans lequel se trouve Frédéric Touzellier. Le prochain président du groupe aura pour fonction de l’animer et de prendre position lors des votes des budgets ou d’importantes délibérations. Contrairement à d’autres, l’IEC a une particularité : il n’y a pas de discipline de vote. Quand un maire n’est pas en accord avec une position du groupe, il peut le dire haut et fort, sans représailles.
Président sortant, Rémi Nicolas a souhaité raccrocher. Soutien de Vincent Bouget, il vise le poste de premier vice-président à l’Agglo. « Pourquoi lui ?, s’interroge un maire, ça pourrait être Bernard Clément. Après tout, quand la droite gagne à Nîmes, le premier vice-président est issu de son parti politique ! » Une petite pique pour Rémi Nicolas qui, ces six dernières années, était partie prenante de l’exécutif de Franck Proust, quand Vincent Bouget s’opposait à sa politique. Dans cette même veine, notre source rappelle les faits d’armes de Gaël Dupret : « Il a une sensibilité de droite… Et lui aussi a fait partie intégrante de la majorité de Franck Proust avec sa délégation à la Culture et aux traditions. »
Quelle ligne politique pour Vincent Bouget ?
Aujourd’hui, le maire de Sernhac l’affirme : « Nous avons la volonté de travailler avec l’exécutif en place. Les Nîmois ont choisi leur maire, on le respecte. » Sous la précédente mandature, Nîmes métropole comptait 15 vice-présidents, dont 4 Nîmois, sans oublier les 14 autres élus communautaires qui avaient une délégation. Quelle sera alors la ligne de Vincent Bouget pour composer son exécutif ? Depuis plusieurs jours, le nouveau locataire de la rue Dorée reçoit les maires. Studieux, il prend des notes sur leurs velléités. Certains affichent la couleur, comme Gaël Dupret, qui pourrait s’organiser dans sa mairie pour pouvoir s’investir davantage à l’Agglo : « La restauration scolaire m’intéresse, tout est à faire. »
D’autres aspirent simplement à continuer dans leurs fonctions, comme le maire de Cabrières, Gilles Gadille, chargé des 400 ETP (Équivalent temps plein) de Nîmes métropole. Le maire de Caissargues, Olivier Fabregoul, avait indiqué, dans le Club Objectif Gard, que la délégation au Développement économique l’avait passionné. Derrière le casting de l’exécutif, quelle philosophie guidera Vincent Bouget ? Dans l'opposition ou pendant la campagne municipale, la gauche avait notamment défendu la régie pour certains équipements publics ou la gratuité des transports pour les scolaires. Des propositions qui, à l’époque, faisaient fortement tousser la majorité de Franck Proust.