Qui l’emportera ? Le 9 avril se joue l’élection de la présidence du Pays de Sommières*. Ces trois dernières années, l’ambiance a souvent été électrique au sein de l'intercommunalité. Point de départ ? L'éviction du maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, de sa vice-présidence aux déchets. Opposé à la politique fiscale de Pierre Martinez concernant le niveau de la Teom, l'édile dénoncait un taux surévalué, mettant l’intercommunalité dans « l’illégalité la plus totale. » De là, naît une opposition immarcescible entre Pierre Martinez et le maire de Montpezat.
La taxe sur les ordures ménagères n’est pas le seul motif de friction. La part des communes servant à financer la compétence scolaire est l’un des enjeux les plus importants de l’intercommunalité. Pour l’exécutif sortant, celle-ci est sous-évaluée par rapport au coût réel. Sauf que pour changer les règles, l’unanimité est requise. Pas question pour le maire de Montpezat et ses soutiens qui souhaitaient, eux, remettre tout sur la table, en revoyant les sommes ponctionnées aux communes par rapport à leur situation (nombre d’enfants, recettes fiscales…).
Nouveau rapport de force politique
Les municipales ont rebattu les cartes au Pays de Sommières. Certains des 18 maires ont été battus. C'est le cas de Pierre Martinez à Sommières au profit de Stephane Porret, allié du maire de Montpezat, qui compte six délégués communautaires dans sa majorité sur les 35 du conseil. La maire de Congénies, alliée de Pierre Martinez, a perdu face à son premier adjoint Loïc Lephay. Si l’horizon semblait s’ouvrir pour Jean-Michel Andriuzzi, le résultat de Calvisson pourrait contrarier ses plans. Véronique Martin, ex-vice-présidente de Pierre Martinez, a été élue. Et si elle aussi n’entend pas présider l’intercommunalité, ses sept délégués communautaires pourraient peser dans le choix du prochain exécutif.
Avec son bâton de pèlerin, Jean-Michel Andriuzzi est parti tôt en campagne. Après avoir rédigé une lettre, il rencontre les maires. Son premier défi : gommer l’image d’un opposant trop clivant. « Je suis père de trois enfants et grand-père de trois petits-enfants », écrit-il, tout en rappelant son parcours professionnel et politique : « maire de Montpezat, élu au sein de l’intercommunalité depuis 18 ans. Mon parcours professionnel, en tant que chef de projet en ingénierie dans l’industrie chimique sur des sites Seveso, m’a conduit à gérer des projets complexes avec exigence, rigueur et sens des responsabilités. »
Duel à suspense ?
À l’approche de l’élection de la présidence, un autre candidat vient de se faire connaître : Marc Larroque, maire de Salinelles depuis 2014 et conseiller départemental du canton de Calvisson depuis 2021 mais aussi vice-président sortant aux affaires scolaires du Pays de Sommières. « J’ai décidé de me présenter après la défaite de Pierre Martinez à Sommières. Je ne souhaite pas que l’on vive le même mandat que nous avons vécu précédemment… » Réfutant le statut d’héritier de Pierre Martinez, Marc Larroque entend proposer : « une autre forme de diriger, de gérer, différente de ce que nous avons connu jusqu’à présent. Avec Bernard Chluda, délégué à la petite enfance et maire d’Aujargues, nous avons fait du bon boulot. »
Reste à savoir, dans cette intercommunalité, qui ralliera à lui le plus de voix. Et surtout, pour quel projet politique ?
*Les 18 communes du pays de Sommieres : Aspères, Aujargues, Calvisson, Cannes-et-Clairan, Combas, Congénies, Crespian, Fontanès, Junas, Lecques, Montmirat, Montpezat, Parignargues, Saint-Clément, Salinelles, Sommières, Souvignargues et Villevieille.