Publié il y a 48 min - Mise à jour le 16.08.2026 - Coralie Mollaret - 5 min  - vu 63 fois

FAIT DU JOUR Carole Delga, Vincent Bouget, Fabrice Verdier, Nathalie Nury… Que lisent vos élus pendant l’été ?

Le maire de Nîmes s'est plongé dans le livre de Bartabas, Les cogne-trottoirs.

Le maire de Nîmes s'est plongé dans le livre de Bartabas, Les cogne-trottoirs.

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Des saltimbanques aux espions russes, en passant par l’histoire de la Palestine et la révolution en Syrie… En cette période estivale, Objectif Gard a demandé à quelques élus gardois de partager leurs lectures. Des choix littéraires qui en disent long sur leurs lecteurs.

Après des mois de travail « particulièrement intenses », la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est plongée dans « Le chant de l’ourse », de Jean Darot (Éditions Perles Rares). Un recueil de nouvelles que l’élue originaire du Comminges apprécie autant pour son écriture « très poétique, presque musicale » que pour ses thématiques. Son choix est également militant : « Jean Darot soutient la librairie indépendante de Decazeville, qui se bat pour continuer à exister. Faire vivre les librairies indépendantes, c’est faire vivre la curiosité, le débat, la tolérance… Ça participe au bonheur ainsi qu’à l’économie locale. » Une fois le recueil terminé, Carole Delga s’est tournée vers un tout autre registre avec « Quatre jours sans ma mère » (Éditions Philippe Rey), le premier roman de Ramsès Kéfi. Un soir, Amani, 67 ans, femme de ménage à la retraite, quitte sans explication son paisible quartier HLM. Sur la cuisinière, une casserole de pâtes piquantes et un mot : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. » Suspense garanti... 

Avec Vincent Bouget, maire de Nîmes, bienvenue dans le monde des spectacles de rue. Ces saltimbanques mis en lumière par Bartabas dans son premier roman, « Les Cogne-trottoirs » (Éditions Gallimard). « Il me l’a offert après notre rencontre à la feria de Pentecôte. Un roman d’apprentissage très poétique pour rendre hommage à des gens de peu et des artistes », décrit Vincent Bouget. Le cavalier, artiste et auteur raconte l’histoire d’une jeune fille, renommée Cascabelle. Muette après un drame, l’adolescente s’enfuit de chez son oncle avec son âne. D’une rencontre à l’autre, elle échoue à Paris, dans une troupe de saltimbanques, les Baladins du Temple.Un choix de lecture qui, entre poésie, monde populaire et artistes de rue, résonne particulièrement chez Vincent Bouget. 

Meurtre, complot et espion russe… Le président du Pays d’Uzès, Fabrice Verdier, lit actuellement le roman d’espionnage Mission Langley de l’auteur américain David McCloskey. « C’est un thriller d’espionnage autour d’une taupe de la CIA. J’avais apprécié les deux premiers livres de l’auteur pour sa description du travail des espions russes et américains. Je le recommande ! », commente le lecteur gardois. David McCloskey a travaillé pendant six ans pour la CIA, le service de renseignement extérieur américain, en tant qu’analyste dans plusieurs antennes au Moyen-Orient. Il est également spécialiste de la politique étrangère de la Russie. Il y a dix ans, l’Américain quitte la CIA pour travailler comme consultant pour le cabinet-conseil McKinsey. À la lecture de ce thriller, Fabrice Verdier a sans doute trouvé une source d’inspiration pour ses prochaines aventures gardoises.

La maire de Roquemaure, Nathalie Nury, a posé sur sa table de chevet le livre de Marie Vareille, La dernière allumette : « C’est ma belle-fille qui me l’a prêté, elle m’a dit que ça me plairait… Dès que je peux, je m’y plonge dedans. Ça n’est pas toujours facile avec le rythme assez soutenu de la mairie », commente l’édile, également élue départementale du canton de Roquemaure. Ce roman dramatique raconte l’histoire d’Abigaëlle, recluse dans un couvent en Bourgogne après un traumatisme d’enfance. Le livre aborde ainsi les violences conjugales et leurs conséquences sur les enfants. « Ce n’est pas un livre drôle… Mais j’aime la manière dont c’est écrit. Cette histoire permet aussi de s’éloigner de notre quotidien et de garder l’esprit ouvert sur les problématiques de la société. »

Éclectique, Nicolas Cadène, élu à la ville de Nîmes délégué à l’enseignement supérieur, s’est récemment passionné pour deux bouquins. D’abord, « L’homme qui lisait des livres » (Éditions Julliard) de Rachid Benzine : « Un court roman qui se déroule à Gaza et raconte, à travers un vieux libraire et sa rencontre avec un photographe français, l’histoire de la Palestine depuis 1948 », relate le lecteur nîmois. Ce livre est, selon lui, « très sensible sur la mémoire, la transmission et le pouvoir des livres face à la guerre ». Dans un autre registre, Nicolas Cadène a dévoré « Alors c’est bien » (Folio), de Clémentine Mélois : « Un récit drôle et émouvant sur les derniers jours de son père, qui mêle, avec beaucoup de justesse, humour, tendresse et réflexion sur la mort. » Deux ouvrages aux univers très différents, mais qui ont en commun de questionner sur ce que les livres peuvent nous apprendre de l’histoire comme de l’intime.

Ambiance littéraires variées chez Nicolas Koukas ! L’élu communiste de la ville d’Arles va d’abord ressortir un livre acheté l’an dernier : La vie clandestine (Gallimard) de Monica Sabolo. Un roman qui retrace d’abord la propre histoire de Monica Sabolo, élevée dans un milieu bourgeois, à l’ombre d’un père aux activités occultes, disparu sans un mot d’explication. La vie clandestine, c’est aussi celle des membres du groupe terroriste d’extrême gauche Action directe, qui a sévit en France entre 1976 et 1986. « C’est une réflexion sur l’engagement, la violence politique, les convictions et la façon dont on construit son rapport à la la politique. Ce sujet reste d’actualité… », décrit Nicolas Koukas. En parallèle, l’Arlésien prévoit de dévorer quelques mangas… Une parenthèse plus légère mais sans doute nécessaire. 

Relecture de l’Eldorado de Laurent Gaudé pour Carole Bergeri, conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (coédition Actes Sud et Barzakh). Ce roman est une plongée dans la tragédie des migrants en Méditerranée, à travers un double récit. D’abord celui du commandant Salvatore Piracci qui sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux de migrants clandestins. Puis, l'histoire de deux frères soudanais, Soleiman et Jamal, en route vers la Libye désireux de tenter la traversée pour l'Europe« C’est un roman engagé construit comme un mythe moderne. Il mêle à la fois beauté et dureté et, bien qu'ayant été écrit en 2006, il aborde des thèmes d'actualité  comme l'exil, l'immigration et les choix que l'on fait », commente l’édile. 

La conseillère régionale PS, Katy Guyot, s’immerge dans la révolution syrienne avec « Tant que fleuriront les citronniers » (édité par Nathan) de Zoulfa Katouh. Un roman acheté « par hasard » à l’aéroport de Marseille. « L’histoire bien que romancé écrit la révolution syrienne et la situation des habitants, notamment des femmes. C’est ce qui m’a attiré, j’aime les romans qui s’inscrivent dans un temps de l’histoire », témoigne l’élue. Romancière canadienne aux origines syriennes, Zoulfa Katouh publie ici son premier livre, traduit dans dans plus de vingt-cinq langues. 

Réflexion et théologie pour l’élu régional PS, Régis Bayle… Ce boulimique de lecture, qui a déjà lu quatre livres, a d’abord redécouvert « Au plaisir de Dieu » de Jean d’Ormesson : « Ce n'est pas récent. C’est la chronique d’une famille de la vieille noblesse française confrontée aux mutations du XXe siècle. » Le Gardois a aussi profité de sa retraite de cinq jours à l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, pour lire « La liberté intérieure » du père Jacques Philippe : « Ce livre m'a été conseillé par l’un des chanoines. C’est une réflexion métaphysique sur la notion de liberté, en relation avec les trois grandes vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité. » Deuxième ouvrage : « Trois jours et trois nuits » : « Le récit littéraire de 14 écrivains qui ont effectué la même expérience que moi dans cette abbaye, comme Sylvain Tesson, Frédéric Beigbeder, Boualem Sansal… » Enfin, je ne pouvais pas ne pas lire le livre de Carole Delga : « Quand Vichy jugeait Léon Blum. » Régis Bayle le reconnaît : « cet été, la spiritualité chrétienne l’a emportée sur le socialisme ! »

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